Les cahiers de vacances
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| Les cahiers de vacances N°25 | Dimanche 22 juillet 2012 | |
| HISTOIRE DES BAINS DE MER A CAROLLES 2/2 | ||||||
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![]() Hôtel de la plage, collection CPA LPM 1900 | ||||||
| Marius DUJARDIN 1954 H.E.C., Directeur. Honoraire du Crédit Lyonnais. La grande publication entreprise par le Touring?Club de France pour faire connaître les Sites et Monuments de France ne consacre que quelques brèves lignes aux plages de l'Avranchin L'insuffisance de la plage de Granville a fait naître dans les environs de petites stations balnéaires modestes, mais très fréquentées pendant la belle saison... Saint?Pair, à.3 kilomètres, est une jolie plage entre deux ruisseaux, le Thar et la Saigue . Jullouville, 3 km.. plus loin, et Carolles, 4 km. au-delà, ont pris une assez grande importance encore que les communications ne soient pas très faciles.
Mais quoique encore peu connue, la station balnéaire de Carolles ne cessait de croître ; de nombreuses villas furent construites tant autour du bourg que dans toute la partie nord de la commune, notamment à la plage, sur la falaise du Pignon?Butor, et de part et d'autre de la route de Carolles à Granville ; des commerçants ouvrirent quelques boutiques.
La maison de mercerie Michel Poittevin, 16, rue de la .Constitution, à Avranches. non seulement ouvrit une succursale à Carolles, mais encore fit imprimer chez Letréguilly, un Almanach du Baigneur sur là Plage de Carolles, dont la troisième édition parut en 1896. C'était un opuscule de 20 pages, dont deux blanches pour les annotations personnelles ; on y trouvait un court aperçu historique et descriptif. de Carolles, des renseignements pratiques sur l'horaire des marées, celui de la poste et des services de voitures, l'horaire des bateaux de Chausey et de jersey, des conseils aux Baigneurs pour les bains et pour la pêche, et même, sous la signature A. L. , un poème chantant Carolles
![]() Arrivée à la plage, collection CPA LPM 1950 En 1901, un emplacement fut concédé sur la plage même pour y installer un débit de boissons, qui prit le nom de Chalet Bleu . La même année, un arrêté municipal considérant que certains propriétaires de cabines se servent de leur cabine comme lieu d'habitation pendant la saison des bains et font beaucoup de tort aux maisons destinées à la location et payant les impôts mobiliers, la patente, etc... assujettit â un triple droit de stage les cabines reconnues servir d'habitation même pendant peu de jours. (10).
![]() Le chalet Bleu, CPA collection LPM 1900
Les premières années du vingtième siècle furent témoins d'une accélération des constructions nouvelles, notamment en bordure de la mer sur l'ancienne mielle devenue Carolles?Plage, sur le plateau de la Croix-Paquerey, et sur les hauteurs de la Mazurie, où des villas entourées de jardins créèrent peu â peu des quartiers nouveaux.
Cet essor fut encore accentué par l'ouverture, le 29 août 1908, de la ligne de chemin de fer à voie étroite de Granville à Avranches par le littoral, construite par la Société de Tramways Electriques et de Chemins de Fer à laquelle se substitua, en 1910, la Société des Chemins de Fer de la Manche . Entre les gares de Jullouville et de Carolles-Bourg fut créée, à l'orée de la vallée du Crapeu, une halte dénommée Carolles-Plage pour desservir la plage de Carolles ; la configuration du relief obligea à placer cette halte au flanc du Pignon de la Névouerie, sur le territoire de la commune de Bouillon ; entre cette halte et la plage s'édifièrent dans les années qui suivirent des hôtels, puis des villas, et ce fut le germe d'une. nouvelle agglomération qui n'a cessé de s'accroître depuis lors.
En 1914, quelques mois avant le début de la grande guerre, l'abbé BERTOT, curé de Carolles, publiait un Petit Guide de Carolles, dans lequel il constatait la prospérité de cette localité : Aujourd'hui, Carolles est une jolie bourgade, riante et pittoresque autant que ville et campagne qui soit au monde. Elle possède gare, poste, télégraphe et téléphone (25), épiciers, bouchers, boulangers, hôtels très confortables, et tout ce qui peut satisfaire les exigences des nombreux touristes qui ne cessent d'y affluer chaque été pour y trouver, avec une température modérée; un peu de repos dans la tranquillité. Cette petite station balnéaire mérite à tous les titres sa réputation. Les villas qui couvrent ses coteaux et ses vallons sont situées dans un décor merveilleux. La vue de la mer, les vallées ombreuses, les ruisseaux, les rochers, les sentiers couverts d'ombrages, les points de vue variés, tout contribue à faire de ce charmant petit coin un très agréable séjour au bord de la mer. Aussi Carolles est il de plus en plus le rendez-vous d'une société distinguée et choisie qui préfère à la vie élégante et luxueuse la simplicité d'une campagne charmante. (14).,
Pendant la guerre de 1914-18, au cours de laquelle seize Carollais sont morts pour la France, la localité servit de refuge, comme pendant la guerre de 1870-71, à des familles fuyant les risques de bombardement, et les constructions de maisons continuèrent, quoique à un rythme ralenti : alors que de 1910 à 1915, 25 nouvelles maisons avaient été construites, 13 le furent de 1915 à 1920 ; après une période troublée par les difficultés monétaires, le développement de la station reprit si activement que de 1920 à 1940 le nombre des maisons passa de 345 à 482 (26), justifiant ainsi la prédiction du Docteur Ad. OLIVIER, qui écrivait, en 1922, dans son opuscule sur Carolles, Granville, Avranches et le Mont-Saint?Michel
« Carolles est un joli bourg qui prend chaque année de l'extension... Tous les ans on y construit de nouvelles villas. La plage est superbe et absolument sûre pour les enfants. La côte est bordée de splendides falaises, l'arrière ?pays est merveilleux et se prête à de nombreuses promenades. Aussi le nombre des familles qui viennent y séjourner augmente t’il d rapidement. Que serait ? ce si le pays était plus connu ! » (27).
En 1926, un arrêté préfectoral du 24 Mars autorisa la perception d'une taxe de stationnement sur les automobiles stationnant sur le terrain communal de la plage, taxe qui subsiste encore de nos jours.
En Novembre 1928, une tempête causa de graves dégâts au mur de protection ou digue limitant le terrain communal où sont édifiées les cabines.
En 1932, un poste de secours fut créé à la plage et tenu par les Hospitaliers?Sauveteurs Bretons.
![]() Grand hôtel casino, collection CPA LPM 1900 ,, Le 12 Septembre 1934, un tragique accident, dont la cause resta inexpliquée, endeuilla la plage de Carolles : vers 18 heures, alors que de nombreux baigneurs étaient encore dans l'eau, une lame de fond d'une très grande force renversa et entraîna vers le large toutes les personnes se trouvant dans la mer ; si la plupart d'entre elles purent se sauver ou être secourues en temps, on eut cependant à déplorer deux victimes, deux jeunes femmes en villégiature, dont les cadavres, repêchés en mer par le canot de sauvetage, ne purent être ranimés malgré les longs efforts des médecins et des secouristes (28).
Malgré ce pénible accident qui est demeuré unique dans l'histoire des bains de mer à Carolles, la vogue de la plage ne cessa de s'accroître.
La guerre de 1939 provoqua un afflux de population exceptionnel ; non seulement beaucoup de familles d'estivants, notamment les propriétaires de villas, s'installèrent à demeure dans la localité et y passèrent l'hiver 1939?40, mais encore, en exécution du plan de repliement des populations présumées menacées par les risques de guerre, la Manche étant un a département d'accueil , Carolles reçut un important contingent de a réfugiés évacués de la région de Boulogne?sur?Mer.
Puis vinrent les tristes jours de l'occupation allemande ; le littoral ayant été déclaré zône interdite à quiconque n'y était point domicilié, les a baigneurs ne purent venir qu'en usant de mille ruses leur nombre fut très restreint. Un arrêté municipal de Juillet 1941 pris sur l'ordre de la Kreiskommandantur d'Avranches interdit l'accès des plages entre 22 heures et 5 heures et réglementa les bains ; des autorisations spéciales furent exigées pour la pêche, ?etc... Les troupes allemandes occupèrent le Pignon Butor où furent effectués d'importants travaux militaires. Des mines furent placées en divers endroit Les Allemands enlevèrent nombre de cabines de bains qu'ils utilisaient pour les petits postes installés, çà et là sur les routes Et, en 1943, les bains de mer étaient pratiquement impossibles.
La libération de Carolles par les troupes américaines du Général PATTON eut lieu le 31 Juillet 1944, mais ce n'est qu'en 1945 que l'état des voies de communication permit à quelques estivants de revenir ; encore l'existence de champs minés, la destruction presque totale des cabines de bains et la précarité des possibilités d'approvisionnement réduisirent-elles cette année là la reprise des bains de mer à une tentative partielle.
Par contre, dès 1946, l'afflux des baigneurs fut considérable, d'autant plus que beaucoup de stations de bains de mer avaient été complètement dévastées par la guerre, tandis que Carolles avait eu la grande chance de voir ses dommages de guerre limités à des bris de clôtures, à l'enlèvement des cabines et au pillage de quelques villas.
Nous voici arrivés à l'époque contemporaine ; si les constructions de nouvelles villas sont ralenties par les hauts prix, elles n'en continuent pas moins, à Carolles même et surtout dans la zone de dunes comprise entre Edenville et Jullouville. Les baigneurs viennent nombreux, et une nouvelle catégorie, celle des campeurs , constitue depuis cinq ans un appoint de plus en plus important.
Plusieurs Colonies de Vacances , notamment celle de la Commune du Pecq installée dans l'ancien a Hôtel du Casino contribuent pendant les mois d'été à renforcer l'animation de la plage où plusieurs professeurs de culture physique installent des attractions pour les jeunes gens et les enfants.
Tous ceux qui, pendant l'été 1953, sont venus à Carolles ont pu constater la prospérité de ses bains de mer : la vogue dont jouit cette station. balnéaire semble devoir s'accroître encore dans les années prochaines quand se réaliseront les projets de réaménagement de la plage et les autres améliorations envisagées par la Municipalité.
Au cours du rapide exposé que nous venons de faire; nous nous sommes essentiellement attaché aux bains de mer ; objets de notre étude, mais il importe de rappeler que, concurremment avec l'afflux des baigneur. 9, Carolles a bénéficié depuis quelque 90 ans de l'attrait exercé par ses sites pittoresques sur les artistes peintres et sculpteurs ; nombre d'entre eux y ont fait des séjours prolongés ou même y ont établi leur résidence, et' leurs oeuvres ont largement contribué à faire connaître et apprécier cette région de l'Avranchin.
Nous nous bornerons aujourd'hui à citer les noms des plus connus de ces artistes, en vous invitant à vous reporter pour le détail aux articles publiés dans la Revue de notre Société, notamment en 1882, en 1886 et en 1.939 (29).
C'est le sculpteur jules BLANCHARD dont les élégantes figures ornent à Paris l'Hôtel de Ville et le Grand Palais qui fut le premier artiste à s'installer à Carolles en faisant construire en 1863, sur la Hogue de la Fossé, la villa aujourd'hui dénommée La Hocque, où résident maintenant ses petits-enfants et arrière-petits-enfants.
![]() Arrivée à la plage, collection CPA LPM 1950 Parmi les nombreux artistes qui suivirent son exemple, citons les peintres Edmond DEBON, dont l'atelier était au Hamelet, en la maison nommée La Petite Normande ; Emile DARDOIZE et son gendre Ernest SIMON dont le fils l'éminent maître Jacques SIMON continue de nos jours la tradition artistique familiale dans son atelier de la Bellengerie au Hamel Geslin ; Constantin LEROUX, dont les pastels champêtres sont recherchés ;. BAUDOUX qui ,avait son atelier au Clos d'Aval , à la Mazurie ; ? Pierre BERTHELIER, ancien acteur et caricaturiste devenu peintre, dont l'atelier était situé près de la Hogue du Baisier ;
Albert DEPRÉ, installé à la Villa Bellevue , sur le Pignon Butor ; René DURELLE, aquarelliste spécialisé dans la peinture des fleurs, etc...
Parmi les sculpteurs, Etienne LEROUX (auteur de la Jeanne d'Arc. de Compiègne) et son fils Eugène, avaient leur atelier dans la Villa du Lude , au Hamel?Geslin.
Parmi les architectes, Victor PETITGRAND (à qui l'on doit la flèche du Mont Saint?Michel).
Il faut mentionner spécialement le fait que de 1880 à 1887 il y eut à ?Carolles une colonie de peintres suédois : Pierre EKSTROM, Édouard ROSENBERG, Georg ARSENIUS, Johann TIREN, Julia BECK, Robert HEGERSTROM, Hulda SCHENSON, Hulda RIGBERG, Allan OSTERLIND, dont beaucoup sont !devenus célèbres ; leur présence avait apporté à Carolles des reflets de la vie nordique, et une jeune artiste d'Avranches, Marguerite BEAUMONT, écrivait en 1886
« Bien souvent, dans la paix du village endormi, des choeurs magnifiques, vieux lieds chantés sous la fenêtre. de quelque dame suédoise ; alors cette fenêtre s'éclaire un instant, puis rentre dans l'ombre tandis que, quelquefois, une fleur tombe aux pieds des chanteurs faisant comprendre qu'on est éveillée et qu'on écoute derrière les rideaux. Pour les Suédois, la sérénade n'est pas comme pour les méridionaux l'interprète de l'amour, mais simplement une marque .d'estime, un hommage rendu entre compatriotes. »(29).
Carolles a aussi été choisi comme villégiature par des littérateurs : LITTRÉ, qui était excellent nageur, aimait à s'y baigner ; les chefs de l'école naturiste, Maurice LEBLOND, Eugène MONTFORT et Saint Georges de BOUHELIER . s'y sont rencontrés (30).
En conclusion de cette étude sur la station balnéaire de Carolles, il est intéressant de souligner l'importance des conséquences, quant à la vie de cette Commune, de la vogue 'des bains de mer.
On sait que Carolles est l'une des quatorze, communes du canton de Sartilly ; si nous comparons les résultats des recensements effectués depuis le début du XIXe siècle, nous constatons que de 1806 à 1946 ce Canton a perdu 33% de sa population ; mais tandis que cette perte atteint .48 % dans les onze communes proprement rurales, il y a au contraire une légère augmentation du nombre des habitants à Sartilly, chef-lieu commerçant, et dans les deux communes de Carolles et de Saint-Jean?le?Thomas, ces deux dernières devenues localités de bains de mer.
En particulier, à Carolles, l'examen détaillé des chiffres des divers recensements (31) confrontés avec les statistiques de l'état ?civil (32) nous montre que, de 1792 à 1876 la population de Carolles était tombée de 637 à 397 habitants, soit une diminution de 240 unités, due pour 138 à l'excédent des décès sur les naissances et pour 102 à une émigration des habitants vers les bourgs et les villes, ce qui prouve que pendant les trois premiers quarts du XIXe siècle, Carolles a subi, comme les communes voisines, le phénomène de désertion vers les bourgs et les villes. Mais à partir de 1876, qui, comme nous l'avons vu tout à l'heure, marque le début de la vogue de Carolles comme centre balnéaire et artistique, la tendance change de sens, et on constate un accroissement presque constant de la population qui atteint en 1946, 714 habitants, soit un gain de 317 unités en 70 ans. Et comme pendant cette période il y a encore eu un excédent des décès sur les naissances s'élevant à 188 unités, c'est que le développement de la station balnéaire a eu pour conséquence l'afflux de 505 horsains venus se fixer dans la localité.
Ces mouvements de population ont été accompagnés d'un profond bouleversement de la structure économique de la commune. Au milieu du XIXe siècle, Carolles était un humble village de pêcheurs ? cultivateurs, à l'écart des grands chemins : Un boulanger de Sartilly venait deux fois par semaine, un boucher de Champeaux apportait de la viande tous !es vendredi ; une pauvre épicerie, tenue par la garde ? champêtre ; une auberge au milieu de quelques chaumières, tel était l'aspect du village où l'on ne voyait guère que femmes, enfants et vieillards, à peu près tous les hommes étant partis à la grande pêche à Terre?Neuve, sur les bateaux armés à Granville. (14).
Maintenant, la localité compte 448 maisons (dont 179 habitées seulement pendant l'été) (10), deux boulangers, trois bouchers, cinq épiciers, cinq ou six hôtels ou pensions, des artisans de tous métiers : maçons, couvreurs, plombiers, électriciens, menuisiers, plâtriers, mécaniciens, peintres, etc. Granville n'arme plus pour la grande pêche et les Carollais ne s'embarquent plus pour Terre?Neuve ; si un . certain nombre d'habitants, surtout dans les écarts du Hamelet, de la Lande et de la Chevallerie, continuent à vivre d'agriculture et d'élevage, les activités de la plupart sont concentrées dans l'exploitation de la saison estivale : la satisfaction des besoins et des désirs du baigneur est l'industrie essentielle du pays.
![]() Grand hôtel casino, collection CPA LPM Il en résulte un rythme de vie économique très inégal, cette industrie étant intense pendant seulement deux à trois mois d'été, et la localité vivant au ralenti pendant le reste de l'année. Il en résulte aussi une certaine cherté du coût de la vie, l'appareil économique nécessaire en été pour faire face aux besoins d'un nombre d'estivants évalué (approximativement) à trois ou quatre mille, étant disproportionné avec celui utile pour les sept cents habitants permanents, et subsistant néanmoins presque tel quel pendant toute l'année.
Ces conditions particulières de vie sont d'ailleurs communes toutes les stations balnéaires d'importance similaire, chez lesquelles les besoins exceptionnels de la saison estivale sont satisfaits par les organismes locaux au prix d'un gonflement momentané de leur activité, au fur et à mesure que s'accroît la prospérité de la localité.
Cette prospérité que traduit l'afflux des baigneurs a d'ailleurs des conséquences d'un autre ordre : on peut philosopher longuement sur les sentiments que peut inspirer aux habitants des localités balnéaires, et plus spécialement aux éléments jeunes de ces populations, le spectacle, renouvelé chaque année, des citadins en vacances qui, pendant toute la durée de leur séjour, vivent dans l'oisiveté et semblent n'avoir d'autres préoccupations que les distractions et la bonne chère ; ces estivants ne risquent ?ils pas de donner ainsi, à ceux qui ne les voient que sous cet aspect de leur existence, une fausse et dangereuse conception de la vie dans les villes ?
Sans nous attarder à ces considérations qui dépassent le cadre de cette causerie, revenons à Carolles, et constatons que ce qui était au milieu du siècle dernier un obscur village avranchin est maintenant une station balnéaire appréciée dont le renom s'étend à travers le monde. Un ami de New?York m'a envoyé un fascicule en langue anglaise diffusé aux Etats?Unis par le Commissariat Général au Tourisme du Gouvernement Français pour inciter les Américains à visiter les plages de France dont il énumère les noms en consacrant à chacune d'elles une ligne de texte ; Carolles y figure en caractères de même grandeur que Cabourg et Houlgate, et y est décrite comme Petite ville sur le bord de la falaise, avec des maisons en bordure de la digue?promenade , offrant aux touristes 7 hôtels avec 200 chambres, 3 tennis, un casino (33). Ce dernier détail est peut?être une anticipation, car s'il a existé â Carolles un Hôtel du Casino (maintenant colonie de vacances), il n'y a jamais eu de casino sur notre plage qui est essentiellement une plage de famille.
NOTES
(24) Almanach du Baigneur sur la Plage de CAROLLES, 1896. (25) Le service postal a été assuré jusqu'en 1896 par le Bureau des P.T.T. à SARTILLY, qui continua jusqu'en 1902 à assurer la distribution du courrier bien qu'une recette auxiliaire ait été ouverte à CAROLLES en 1896 et un bureau de télégraphe en 1898. En 1902 fut ouvert un Bureau de Poste de plein exercice ; le téléphone fonctionna à partir de 1911. (Annuaire de la Manche). (26) Statistiques fiscales (Archives de la Mairie de CAROLLES). (27) Dr Ad. OLIVIER: Carolles, Granville, Avranches et le mont Saint?Michel, 1922. (28) Ouest?Eclair du 13 septembre 1934. (29) Revue de l'Avranchin , 1882 (p. 135), 1886 (p.113). 1931 (p. 722), (30) Jacques SIMON: Carolles (Manche), 1951, p. 99. (31) Dénombrements de la Population Française: en 1793, Archives Nationales ; en 1806, Archives du Ministère de la Guerre, à Vincennes ; de 1820 à 1861, Almanach de la Manche; de 1866 à 1936, Statistique Générale de la France (Bibliothèque de la) ; 1946, Liste Nominative, aux Archivés de la Mairie de CAROLLES. (32) Registres de l'État ?Civil,, à la Mairie de CAROLLES. (33) Coasts of France: Commissariat Général au Tourisme, 1950.
![]() Carolles épicerie centrale, collection CPA LPM 1900 ![]() Hôtel des falaises, collection CPA LPM | ||||||











