Les colonies francaises

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LES ETATS PROTEGES

 

1912 - 1956

Protectorat du MAROC

 

 

 

1881 - 1956

Protectorat de TUNISIE

 


 EDITION MANCHOT 2012 LES COLONIES FRANCAISES    N°18 LEP 01
 

 

 

 

 

 

     
   Le Protectorat français du Maroc  
 

 

 

Le Protectorat français du Maroc était le régime politique en place au Maroc après la signature du traité du protectorat à Fes le 30 mars 1912 entre Moulay Hafid et Regnault ; Il perdura jusqu'en 1956, lorsque l'Espagne et la France reconnurent l'indépendance du Maroc.

 

La pression coloniale

 

Lors de la conquête de l'Algérie, la France obtient du Maroc une promesse de neutralité (1832). Mais en 1839, le sultan Abd el-Rahman soutient l'action du sultan algérien Abd el-Kader, le conflit algérien s'étend dans les provinces marocaines. L'armée marocaine est défaite par les troupes françaises du maréchal Bugeaud à l'Isly le 17 août 1844. Le traité de Tanger, du 10 septembre 1844, met hors la loi le sultan Abd el-Kader et définit la frontière entre les deux pays.

 

Le Royaume-Uni cherche à accroître sa puissance économique et signe, en 1856, un traité commercial très à son avantage. L'Espagne pousse son désir de reconquête. Répondant aux succès des colonisations accomplies par la France, elle prend possession des îles Jaafarines, îlots méditerranéens, en mai 1848. Elle déclenche et gagne la guerre de Tétouan en 1859-1860]. Cette défaite impose au Maroc de lourdes pertes humaines ainsi qu'une importante indemnité de guerre, ce qui aggrave une situation économique déjà mal-en-point.

 

La France quant à elle, désireuse de constituer en Afrique du Nord un territoire homogène signe, en 1863, une convention franco-marocaine. Les avantages accordés à la France et le Royaume-Uni sont élargis à tous les pays européens lors de la conférence de Madrid (1880)

 

Le sultan Moulay Hassan à la tête du pays durant cette période (1873 - 1894) tente de le moderniser et joue sur les rivalités européennes pour conserver son indépendance. Mais à son décès, et encore plus à la mort du grand-vizir régent Ahmed Ben Moussa dit Ba Ahmad en 1900, les manœuvres coloniales reprennent de plus belle sur le Maroc. la France en particulier occupe et intègre les terres marocaines orientales à ses départements d'Algérie entre 1902 et 1904.

 

En effet, depuis qu'elle occupe et colonise l'Algérie, la France se préoccupe de la sécurité des confins algéro-marocains et lorgne sur le sultanat voisin, l'un des derniers pays indépendants d'Afrique. Ses commerçants et entrepreneurs s'y montrent très actifs, notamment à Casablanca, un port de création récente.

 

C'est ainsi que Lalla Maghnia et le Sahara central touchant la frontière du Mali, le Touat, Tidikelt, la Saoura, Béchar, Jorf Torba, Abbadia, Métarfa, Hassi Regel, N'khaila, El Hamira, Kenadsa et Timimoun, passent sous contrôle français.

 

La politique menée par Abd al-Aziz conduit le pays à une crise économique et financière.


 
 

Crise de Tanger

 

En 1904, un accord conclu entre les partenaires de l'Entente cordiale, la France et le Royaume-Uni, laisse à la France le Maroc comme zone d'influence, le Royaume-Uni se concentrant sur l'Égypte; le nord du Maroc est concédé à l'Espagne. Grâce à cet accord, la France a toute liberté d'agir au Maroc; en échange, elle concède à la Grande-Bretagne le droit d'instaurer sa tutelle sur l'Égypte où la France conservait de fortes positions économiques et financières, dont la présidence de la Compagnie du canal de Suez. Un accord similaire avait été conclu avec l'Italie en 1902, qui accordait une totale liberté d'action aux Italiens en Libye en échange de leur désintéressement du Maroc. L'empereur Guillaume II et le  chancelier Bülow protestent contre les ambitions de la France au Maroc. Conformément à sa nouvelle doctrine de Weltpolitik, l'Allemagne veut avoir sa part des conquêtes coloniales.

 

Le 31 mars 1905, en vue de prévenir la mainmise de la France sur le Maroc, Guillaume II débarque théâtralement à Tanger, traverse la ville à cheval, à la tête d'un imposant cortège, va à la rencontre du sultan Abd al-Aziz pour l'assurer de son appui et lui faire part de son désaccord face aux droits concédés à la France sur le Maroc. Il est prêt à entrer en guerre si la France ne renonce pas à ses ambitions marocaines. Le sultan Abd el Aziz impressionné par ce discours décide de refuser toutes les réformes préconisées par l'ambassadeur Eugène Regnault .

 

La France hésite, mais ne s'estimant pas prête pour la guerre, accepte la demande de réconciliation de l'Allemagne. Ce « coup de Tanger » entraîne une poussée de germanophobie en France et la démission du ministre français des Affaires étrangères, Théophile Delcassé. 


Conférence d'Algésiras

 

Du 7 janvier au 6 avril 1906, à la suite de l'affaire de Tanger, se tient à Algésiras, au sud de l'Espagne, une conférence internationale sur le Maroc afin d'apaiser les tensions entre les différentes puissances qui se disputent le pays. Elle rassemble douze pays européens et les Etats-Unis. Cette conférence confirme l'indépendance de l'Empire chérifien, mais rappelle le droit d'accès de toutes les entreprises occidentales au marché marocain, et reconnait à l'Allemagne un droit de regard sur les affaires marocaines.

 

 

 

CASABLANCA - VILLE INDIGENE DES HOBOUS - DESSIN HENRI NOIZEUX

 

 

NOMADE GUETEUR : fusil et bâton -

 
 

Toutefois, au grand dam de Guillaume II, la France et l'Espagne se voient confier la police des ports marocains et un Français est chargé de présider la Banque d'État du Maroc. La police franco-espagnole, supervisée par un commissaire suisse, est crée officiellement pour assurer l'ordre dans l'ensemble des ports marocains ouverts au commerce extérieur. En 1909, l'Espagne étend sa zone d'influence à tout le Rif, afin de contrôler ses mines de cuivre. Les troupes du général Diaz-Ordonez se heurtent néanmoins à une vive résistance des tribus.

 

Incident d'Agadir (1911)

 

.En juillet 1911, l'Allemagne provoque un incident militaire et diplomatique avec la France, le Coup d'Agadir (ou crise d'Agadir), en envoyant une canonnière (navire léger armé de canons) de la marine de guerre allemande dans la baie d'Agadir. Aux termes d'âpres négociations, l'Allemagne renonce à être présente au Maroc en échange de territoires en Afrique équatoriale. Un traité franco-allemand est signé le 4 novembre 1911, laissant les mains libres à la France au Maroc. Tout est désormais en place pour que la France puisse installer son protectorat sur le Maroc.

 

 

Les protectorats français et espagnol (1912 - 1956)

 

Protectorat français du Maroc, Protectorat espagnol du Maroc et Traité de Fès.Depuis 1902, la pénétration économique et militaire européenne s’est intensifiée au point que le sultan Moulay Abd al-Hafid, frère de Moulay Abd al-Aziz, est contraint de signer en 1912 le traité de protectorat qu’est la Convention de Fès.

 

Le traité institue, à partir du 30 mars 1912 le régime du protectorat français. En octobre de la même année, le sous-protectorat espagnol est mis en place sur le nord du Maroc. En zone française le pouvoir exécutif est incarné par le résident général, représentant de la France, qui dispose d'une assez large liberté de manoeuvre. Le sultan et son makhzen sont maintenus comme éléments symboliques de l'Empire chérifien, l'autorité réelle étant exercée par le résident et ses fonctionnaires et officiers (contrôleurs civils et militaires).

 

Suite au départ de Lyautey en 1925, la résidence devient néanmoins sensible aux pressions exercées par les puissants lobbys coloniaux, représentés par les patrons de la grande industrie et les chambres d'agriculture. Le Maroc connait en effet une expansion économique importante, illustrée par le développement fulgurant de Casablanca et de plusieurs infrastructures (routes, voies ferrées, barrages, usines, urbanisation) en règle générale. Par conséquent, se forme un puissant milieu capitaliste européen qui dispose de groupes de pression parfaitement organisés, aussi bien à Rabat qu'à Paris. Un tel essor économique accroît évidemment le fossé des inégalités, et à l'exception d'une poignée de dignitaires liés à la résidence, le peuple marocain subit le sort dramatique d'oppression et d'exploitation partagé par tous les autres peuples colonisés. Une politique de colonisation de peuplement inspirée par l'exemple de l'Algérie française se met également en place, encouragée par les résidents successifs. A la veille de l'indépendance en 1956, la population européenne du protectorat s'élève ainsi à 400000 personnes. C'est de cette époque que datent les grandes entreprises-clés de l'économie marocaine, tels que le groupe ONA et l'Office chérifien des phosphates et de manière plus globale d'importantes données sociales et politiques du Maroc contemporain

 

 

La zone espagnole dispose d'une organisation assez semblable à la zone française, avec un résident général nommé par Madrid. Le sultan est représenté par le khalifa, lequel réside à Tétouan, capitale du protectorat hispanique. Ce territoire ne connaît pas de développement économique comparable à la zone française, mais joue un rôle décisif dans l'avenir de l'Espagne. C'est en effet à partir de Tétouan qu'éclate le coup d'Etat (pronunciamento) du général Franco, commandant des troupes coloniales (Légion espagnole des tercios et unités regulares) contre la République espagnole le 17 juillet 1936. Cet événement marque le début de la guerre civile espagnole.

 

La ville de Tanger quant à elle constitue une zone internationale au statut particulier défini en 1923. Ce petit territoire est régi par une commission de huit puissances étrangères dont les Etats-Unis. Le mendoub, haut fonctionnaire du makhzen, est le délégué du sultan, mais la réalité du pouvoir appartient aux membres de la commission internationale. 

 

La Première Guerre mondiale

 

En 1915, Hubert Lyautey reçoit l’ordre de Paris de retirer les troupes de l’intérieur pour les envoyer en France. Cette évacuation semble prématurée dans la mesure où la pacification se heurte encore à des mouvements rebelles soutenus par les Allemands. Le chef Mouha ou Hammou Zayani à la tête des Zayans parvient ainsi à anéantir toute une colonne de l'armée française dans la poche de Khénifra en novembre 1914 (bataille d'Elhri). Plus au sud, le cheikh Ahmed al-Hiba fils de Ma El Aïnin galvanise la résistance des tribus et parvient à tenir toute la zone du Souss et de l'Anti-Atlas malgré les offensives des forces coloniales. L'Allemagne leur fournit du matériel par l'intermédiaire de la zone espagnole (l'Espagne étant neutre durant le conflit).

 

République du Rif

 

En 1921, la tribu amazighe (berbère) des Aït Ouriaghel de la région d'Alhoceima, sous la conduite d'Abdelkrim al-Khattabi, se soulève contre les Espagnols. Le général Sylvestre dispose alors d'une puissante armée forte de 18 000 soldats espagnols pour contrer la tribu. En juin la presque totalité de cette armée trouve la mort[réf. nécessaire] dans la bataille d'Anoual. Cette défaite pousse le général à se suicider.

 

En février 1922, Abdelkrim al-Khattabi proclame la République confédérée des Tribus du Rif. Les Rifains espéraient alors rallier les tribus de la zone sous protectorat français, contre l'occupation française.

 

 
 

La Guerre du Rif

 

Les tribus du Rif se révoltent contre l'Espagne. La resistance armée, bien que très inférieure en nombre, met en déroute le corps expéditionnaire espagnol commandé par le général Sylvestre lors de la bataille d'Anoual.

 

Les troupes d'Abdelkrim menacent dès lors directement Fes, coeur intellectuel et commerçant du royaume du Maroc alors sous domination française. Face à la menace, la puissance coloniale française envoie le maréchal Pétain mener l'offensive militaire sur le Rif, en remplacement du résident Lyautey, jugé trop attentiste, qui est rappelé à Paris en 1925. S'ensuit une repression sur les populations rifaines sans distinction civils ou combattants, où bombardements terrestres et aériens, usage de gaz et supériorité numérique obligent les troupes d'Abdelkrim à se rendre en mai 1926. Abd el-Krim est exilé dans un premier temps à La Réunion jusqu'en 1948 et puis en Égypte jusqu'au son décès. Cette réddition marque la fin de la resistance armée à l'occupation. Mais la résistance politique née des jeunes Marocains citadins éduqués ne fait que prendre son ampleur dès ce moment. Elle ne s'arretera plus jusqu'à la proclamation de l'indépendance le 2 mars 1956.

 

La Seconde Guerre mondiale

 

.La promulgation en mai 1930 du "dahir berbère" va ,à partir le la cité de Salé, provoquer la réaction pacifique de la jeunesse nationaliste sur tout le royaume, avec la récitation du "latif" dans les mosquées et la signature de telegrammes de protestation contre ledit dahir le 28 août 1930, avant de passer à une coordination nationale de la protestation par le création d'un Comité d'Action Marocain dès 1934. Interdit en 1937, tous ses initiateurs sont pourchassés, emprisonnés ou exilés. Parmi eux il faut citer Allal El Fassi (exilé au Gabon), El Ouazzani (placé sous résidence surveillée), Balafrej, qui sont les fondateurs historiques du mouvement pour l'indépendance. L'affaire du dahir berbère aura tout de même déclenché une vaste mobilisation médiatique dans le monde musulman, grâce notamment à l'action de l'émir druze libanais Chekib Arslan, fervent militant de la cause arabe et ami personnel de leaders nationalistes marocains.

 

La Seconde Guerre mondiale se declenche en Europe alors que l'opposition nationaliste au Maroc est décimée par la repression. Il est à noter que ses dirigeants n'ont jamais appelé à pactiser avec les forces de l'Axe contre l'occupant français. Mieux ils ont attendu, et profité du débarquement américain de 1942 pour reprendre leur mouvement public de revendication.

 

 

 

TANGER:  femme ramenant l´eau

du puits dans amphore

 

 

MAURESQUE

 
 

La défaite de la France et l'administration coloniale française aux ordres du régime pro-hitlérien et collaborationniste de Vichy oblige le sultan Mohammed Ben Youssef (Mohamed V), souverain chérifien depuis 1927, à refuser d'appliquer les mesures antisémites aux Marocains de confession juive. Cette attitude lui vaudra la reconnaissance du général De Gaulle à la libération de la France en 1945, reconnaissance symbolisée par la dignité de Compagnon de la Libération conférée au sultan marocain.

 

En novembre 1942 a lieu le débarquement américain sur les côtes marocaines, à Port-Lyautey (Kénitra), Fédala (Mohammedia), Casablanca et Safi. Il s'agit de l'opération Torch, supervisée par les généraux Eisenhower et Patton. Les forces fidèles à l'Etat français sont rapidement mises en déroutes, et le Protectorat du Maroc quitte le camp de l'Axe pour celui des Alliés. Il s'ensuit en janvier 1943 la conférence de Casablanca, qui rassemble le président américain Franklin Roosevelt et le Premier ministre britannique Winston Churchill, ainsi que le chef de la France libre, le général De Gaulle, et son rival en AFN (Afrique Française du Nord) le général Henri Giraud. Cette conférence, malgré l'absence remarquée de Staline, marque un tournant dans le déroulement de la guerre. Les dirigeants alliés annoncent en effet la poursuite du conflit jusqu'à capitulation inconditionnelle de l'Allemagne nazie, de l'Italie fasciste et du Japon impérial, ainsi qu'une aide matérielle occidentale importante à l'URSS et l'ouverture d'un front en Europe avec le débarquement projeté en Sicile (opération Husky). Localement la conférence a également un impact déterminant. Le sultan Mohammed Ben Youssef est en effet invité à Anfa par Roosevelt et Churchill, et reçu avec tous les honneurs dus à un chef d'Etat à part entière. La portée d'un tel événement n'est sûrement pas étrangère à la déclaration d'indépendance du 11 janvier 1944 formulée par le parti de l'Istiqlal

 

 
 

Le souverain chérifien, à la suite de la victoire alliée en Afrique, donne son appui à la « France libre », et soutient l'organisation et le recrutement des forces françaises en Afrique. Le Maroc paie un lourd tribut à la guerre européenne : 25.000 hommes sont morts pour libérer la France. Quant à ceux, peu nombreux qui demeurent encore en vie en 2010, le France ne leur verse même pas de quoi subsister dignement. Au retour des soldats au pays, ils sont acclamés par une foule dense. Il s'ensuit des ferments de révolte nationaliste dans le pays. L'invasion de la France par les Allemands en 1940 puis, en 1942, le débarquement anglo-américain sur les côtes du Maroc, avaient atteint l'autorité de la métropole et jeté le discrédit sur le résident Charles Noguès, qui avait autorisé l'installation d'une délégation de la Commission allemande d'armistice à Casablanca. En 1943, le parti de l'Istiqlal (indépendance) est fondé par des nationalistes marocains. Mohamed Bel Hassan El Ouazzani, alors en exil intérieur au sud marocain, rival d'Allal el Fassi depuis 1934, fonde son propre parti,le modeste PDI (Parti Democratique pour l'Indépendance). L'Istiqlal et, dans la mesure de ses moyens le PDI, vont s'organiser à travers de nombreuses régions jusqu'à l'obtention de l'indépendance. Dans la zone espagnole s'active le Parti de la Réforme nationale d'Abdelkhalek Torrès, en liaison avec les mouvements panarabistes du Machrek.

 

 

 

Homme de TANGER


 
 

De l'idée d'indépendance à l'indépendance réelle

 

Emeutes de Casablanca (21 juillet 1955)

 

28 août 1930 : signature à Salé du manifeste contre le Dahir Berbère promulgué en mai 1930 et première prise de conscience politique des nationalistes.

 

1934 : création de l'Action Marocaine.

 

18 novembre 1934 : Célébration à Salé de la première fête du trône.

 

1937 : scission de l'Action Marocaine : Mohamed Hassan El Ouazzani fonde le mouvement populaire qui deviendra après la Seconde Guerre mondiale en 1946, le Parti démocratique de l'indépendance

 

(PDI) tandis qu'Allal El Fassi crée le Parti national , qui se transformera en Parti de l'Istiqlal (PI) en décembre 1943.

 

11 janvier 1944 : signature du Manifeste de l'indépendance par 67 leaders nationalistes toutes tendances confondues, les manifestations de soutien sont sévèrement réprimées et de nombreux leaders emprisonnés.

 

 

1947 : le sultan Mohammed Ben Youssef prononce le discours de Tanger, réclamant l'indépendance du pays et son intégrité territoriale. Ce discours provoque le limogeage de Labonne considéré comme trop tolérant envers les nationalistes.

 

20 août 1953 : exil du sultan Mohammed Ben Youssef et de la famille royale en Corse puis à Madagascar (Antsirabé). Un nouveau sultan âgé de 70 ans, Mohammed ben Arafa est élu par les Oulémas avec l'appui du Pacha de Marrakech, Thami El Glaoui. Cette décision a engendré des émeutes populaires à Casablanca durement réprimées. L'Espagne de Franco, non prévenue de cette manœuvre, refuse de reconnaître sa légitimité.

 

1953 : Le général Guillaume, pour sa première visite officielle à Agadir échappe à de peu à un accueil aux coktails molotov préparé par le PDI.

 

20 août 1953 : Déclenchement de la révolution du Roi et du peuple.

 

Manifestations fréquentes où l'on remarque la présence en grand nombre de femmes aux cris de « yahya el malik Mohammed al khamis !! »

 

Mai 1954 : Le gouvernement Français est de plus en plus mal à l'aise face à la pression internationale exercée par les états arabes via les Nations Unies: le général Guillaume tenu pour responsable de cette situation est remplacé par un civil, Francis Lacoste.

 

 
 

23 août 1955 : Rencontre franco-marocaine à Aix-les Bains au cours de laquelle il est décidé de déposer Ibn Arafa

 

La France, empêtrée dans la guerre d'Algérie, décide d'aborder la question marocaine. Edgar Faure, Président du Conseil, négocie avec Mohammed Ben Arafa : des pré-pourparlers de négociation sont menés à Aix-les-Bains (Savoie) entre le 22 et le 26 août entre, côté marocain : Si El Hadj El Mokri, Grand Vizir, Si Kolti, délégué du Grand Vizir aux PTT, Si Thami El Mosbi, délégué du Grand Vizir aux Finances, Si Berrada, Vizir adjoint au Grand Vizir pour les affaires économiques, Si Abderrahaman El Hajoui, Directeur adjoint au protocole et S.E. Hadj Fatemi Ben Slimane, ancien pacha de Fez, et côté français : Edgar Faure, président du Conseil, Antoine Pinay, Ministre des Affaires étrangères, Robert Schumann, Garde des Sceaux, Pierre July, Ministre des Affaires marocaines et tunisiennes et le Général Koenig, Ministre de la Défense nationale. Le sultan Moulay Ben Arafa démissionne le 1° octobre 1955.

 

6 novembre 1955 : Le gouvernement français reconnaît le principe de l'indépendance du Maroc.

 

16 novembre 1955: Retour triomphal de Mohammed Ben Youssef, futur roi Mohammed V, à Rabat-Salé

 

 

Type Marocain

 
 

 

18 novembre 1955 : Sidi Mohammed Ben Youssef célèbre la fête du trône à la Tour Hassan de Rabat

 

15 février 1956 : Visite de SM Mohammed V en France. Ouverture des négociations franco-marocaines sur l’indépendance du Maroc et l’abrogation du traité de Fès de 1912 établissant le protectorat français sur le Maroc. Le parti de l'istiklal représenté par Bouabid, Lyazidi, et Ben Barka ainsi que le PDI (Parti pour la Démocratie et l'Indépendance) représenté par Abdelhadi Boutaleb et Ahmed Cherkaoui participent à ces négociations.

 

7 mars 1956 : Mohammed V annonce au peuple Marocain l’indépendance du Maroc. Le sultan Sidi Mohammed ben Youssef prend le titre de roi Mohammed V, son fils Hassan II lui succéda en 1961, puis son petit fils, en 1999, Mohammed VI.

 

7 avril 1956 : Un accord est signé à Madrid entre Mohammed V et le général Franco mettant fin à la souveraineté espagnole sur le nord du pays. Le 20 octobre, la zone de Tanger, qui était soumise à un statut international particulier, est elle aussi réintégrée au Maroc.