{"type":"Le petit manchot","collection":"Journal du manchot","reference":{"nom":"LPM 1351 du 01-06-2012"},"ref":"le-petit-manchot-lpm-1351-du-01-06-2012"}
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| Sixième année Vendredi 01 juin 2012 | Numéro 1351 | |
| GRANVILLE CC05.03 du pays Granvillais |
| Seconde Guerre mondiale à Granville |
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![]() Casernes Polotsk et Solférino, collection CPA LPM 1900
Ville de garnison et cité côtière fermant la Baie du Mont-Saint-Michel, Granville a toujours été convoitée lors des conflits armés. Le 17 juin 1940, les Allemands entrèrent dans Granville. Le 21 septembre 1941, un article parut dans Le Granvillais signé du nom de « Camille », où l’auteur alertait les lecteurs sur les dangers et le manque de fondement des prochaines lois sur le statut des Juifs du Régime de Vichy. Malgré cette marque de résistance, huit Granvillais juifs furent déportés vers Auschwitz : Léon Bobulesco et ses deux fils Armand et Rodolphe, Simon Goldenberg, sa femme Minka et leurs enfants Henri et Ruben, Smil Weesler. Trois communistes subirent le même sort : Léon Lamort, René Loncle et Charles Passot
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| L’ensemble de la population subit les contraintes de l’Occupation. Dès le début, les Allemands construisirent des fortifications sur la pointe du Roc et interdirent l’accès au port. Le 20 mai 1942, un nouveau conseil municipal fut installé par le préfet. Le 1er avril 1943, la totalité de la Haute-Ville dut être évacuée, des barrières et des barrages antichars en empêchèrent l’accès
L’hôtel Normandy fut transformé en kommandantur et en antenne de la Gestapo.
Un nom marque cette période : Maurice Marland. Né le 12 février 1888 à Falaise, professeur d’anglais, de français et d’instruction civique, il dirigea un réseau de résistance. Notable de la ville, en 1939, il organisa l’accueil des réfugiés belges et l’évacuation des soldats britanniques. Plus tard, avec Jules Leprince, ils mirent en place des évasions vers Jersey. Tout au long de l’occupation, ses relations lui permirent de monter un réseau clandestin de renseignements sur les installations portuaires et ferroviaires et sur le dispositif ennemi dans les îles Anglo-Normandes. Arrêté puis relâché en 1941 et 1943, il continua malgré tout son action jusqu’au 22 juillet 1944 où il fut arrêté et abattu en forêt de Lucerne à la demande de collaborateurs. Le 23 juillet 1994, son fils Serge Marland déposa une plainte pour Crime contre l'humanité, l’enquête conclut à l’assassinat par des soldats allemands. Aujourd’hui, le lycée hôtelier de la commune porte son nom. | ![]()
La une du journal Le Granvillais du 21 septembre 1940 sur laquelle figure l’article signé « Camille » dénonçant les lois racistes du gouvernement de Vichy.
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Le 6 juin 1944, le « Plan Vert » de sabotage des lignes ferroviaires fut mis en œuvre avec la coupure de la ligne Paris - Granville. Libérée sans combats le 31 juillet 1944, elle fut réoccupée quelques heures le 9 mars 1945 par des soldats débarqués de Jersey. Le 9 mars 1945, alors que la France était libérée et que les troupes alliées, à huit cent kilomètres de là, avaient commencé à franchir le Rhin, des troupes allemandes basées à Jersey encore occupée lancèrent un raid commando audacieux contre Granville. Bien que repéré par le radar de Coutainville, les Allemands à bord d’embarcations légères réussirent à débarquer de nuit dans le port de Granville. Ils dynamitèrent des installations portuaires et coulèrent quatre cargos. Quinze soldats américains, huit britanniques et six français furent tués, soixante-dix prisonniers allemands furent libérés et cinq Américains et quatre Britanniques furent capturés avant que le commando allemand prennent la fuite.
Patrouille allemande (Coll. J.C Levesque) | ||
| HISTOIRES INSOLITES EN MANCHE |
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| Exorcisme à Vasteville 1800 |
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![]() Vasteville ,église vers 1910 collection CPA LPM 1900
Par Les Goubelins ⋅ lundi 30 mars 2009 in René Letenneur "Magie, sorcellerie et fantastique en Normandie" Ocep 1979 p.310 (source Jean Fleury Litterature orale de la Basse-Normandie) Un cas d’exorcisme au XIXeme siècle dans une petite église de la Hague. Si on trouve quelques cas de possession, ils sont quand même plus fréquents les deux siècles précédents.
Vers 1800, on procédait, dans l’église de Vasteville (M) à l’exorcisme d’une jeune possédée ; selon le rite, le prêtre commanda au Diable de se retirer, celui-ci refusa, "n’acceptant d’obéir qu’à un homme à la vie irréprochable". On appela un autre prêtre qui, bizarrement se récusa. Un vieux curé se décida et dit la formule. "Je ne t’obéirai pas, dit le Diable, tu n’es pas irréprochable". On fit venir d’autres ecclésiastiques, en vain. On pensa soudain à un tout jeune prêtre, resté sans emploi à cause de son humble origine ; on réussit à le décider et timidement, il vint prononcer les mots rituels. On vit la jeune possédée s’agiter, comme en proie à de vives souffrances, et le démon confessa, par sa bouche, qu’il était forcé d’obéir. Il jeta à terre la jeune fille et s’enfuit avec un grand cri ; en s’échappant, il s’agrippa au linteau de la porte et "... on montra longtemps l’empreinte des cinq doigts diaboliques sur le granit enfumé qui bordait une porte maintenant condamnée..." |
| NOTRE DUCHE 5 |
| La Normandie des Plantagenêts 1135-1204 |
| . La mort inopinée du duc-roi en 1135 ramène le démon des querelles de succession car l’héritière désignée est une femme, Mathilde, la fille d’Henri Ier. Le royaume anglo-normand éclate. Mathilde, mariée au comte d'Anjou Geoffroi V d’Anjou dit Plantagenêt, ne parvient pas à dominer le duché de Normandie tandis que son cousin, Étienne de Blois, lui souffle la couronne d’Angleterre. Les barons normands profitent du conflit entre ces deux prétendants pour reprendre leur indépendance. L’anarchie dure jusqu’en 1144.
À cette date, Geoffroi V d’Anjou réussit à s’imposer comme duc de Normandie. En 1150, il cède son duché à son fils Henri, beaucoup plus populaire, car il descend par sa mère Mathilde de Henri Ier Beauclerc. En 1151, en plus du duché, le fils de Geoffroi et de Mathilde hérite des comtés de Touraine, du Maine et d’Anjou.
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| Son ascension ne s’arrête pas là : un an plus tard, le nouveau duc épouse l’héritière du duché d'Aquitaine, Aliénor. Il a ainsi la main sur le sud-ouest français. Ensuite, l’infatigable duc Henri débarque en Angleterre et pousse le roi Étienne de Blois à un accord : ce dernier l’adopte et en fait l’héritier de la couronne. Henri II le remplace effectivement à sa mort en 1154. Il n’a alors que 21 ans.
Le roi de France Louis VII (1137-1180) qui voyait avec plaisir se déliter le royaume anglo-normand après la mort d’Henri Ier se rend compte qu’un ennemi gigantesque s’élève en face de lui. Non seulement, l’unité anglo-normande est refaite comme au temps d’Henri Ier mais cette fois, les possessions continentales ne se limitent pas à la Normandie. Elles vont jusqu’aux Pyrénées ! En 1156, le Plantagenêt rend hommage au roi de France pour ses fiefs continentaux. Ce geste n’a rien de contraignant pour Henri II. Il sait qu’il reste le seul maître de ses États. Louis VII de France est en effet incapable de bousculer l’extraordinaire puissance de celui que les contemporains qualifient de " plus grand monarque d’Occident ".
Nuançons tout de même la puissance d’Henri II. À territoire immense, problèmes et théâtres d’opérations nombreux. Au sud, offensive contre le comte de Toulouse, à l’ouest, installation d’un des fils d’Henri II, Geoffroy, comme duc de Bretagne ; au nord, combats contre les Écossais et les Irlandais ; à l’intérieur, querelles avec l’Église anglaise recherchant une certaine indépendance vis-à-vis du roi.
Dans cet ensemble, la Normandie joue le rôle de pivot du vaste empire Plantagenêt. C’est le lieu de passage principal pour le roi traversant la Manche, la liaison entre les deux parties de son Empire. La Normandie, c’est enfin l’enjeu du combat entre les Plantagenêts et le roi de France. Louis VII ne peut se résoudre à voir son domaine royal encerclé, les voies de la Seine et de la Loire contrôlées par son ennemi. Le roi de France exploite alors toutes les possibilités qui pourraient affaiblir Henri II. Louis VII de France, puis son fils Philippe Auguste (1180-1223), attisent notamment la rivalité entre Henri II et ses fils. Cette rivalité se transforme en révolte en 1173 mais le duc-roi parvient finalement à contraindre à la paix sa descendance.
En 1189, une nouvelle fronde des fils d’Henri II a raison du vieux roi. Deux jours avant sa mort, il cède ses couronnes à son fils aîné Richard, allié de Philippe Auguste. Mais leur ennemi commun mort, cette alliance n’a plus de raison d’être. | ![]()
Le roi de France Louis VII
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Henri II | |










