{"type":"Le petit manchot","collection":"Journal du manchot","reference":{"nom":"LPM 1360 du 14-06-2012"},"ref":"le-petit-manchot-lpm-1360-du-14-06-2012"}
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| Sixième année Jeudi 14 juin 2012 | Numéro 1360 | |
| LA MEURDRAQUIERE CC 07.08 d'Entre plage et bocage | ||
| L’église Saint-Martin | ||
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![]() Clocher d'une église de France : La Meurdraquière Source : Renault, « Annuaire du département de la Manche » 1854 Revue monumentale et historique de l’arrondissement de Coutances
L’église est en grande partie du XIV° siècle, peut-être même de la fin du XIII°. Toutes les fenêtres sont à ogives, longues et étroites.
La nef et le chœur sont voutés en bois.
Le mur occidental est percé d’une belle fenêtre, placée entre deux contreforts qui vont en s’amoindrissant. Elle est à trois baies, divisées par des meneaux, et encadrées dans une plus grande ogive. Le centre de l’arcade présente plusieurs compartiments en forme de quatre feuilles ou de rosaces. . | ||
| On remarque dans les murs du chœur et de la nef des portes cintrées qui, aujour-d’hui, sont bouchées.
Le mur absidal est droit, et se termine en forme de fronton triangulaire. Il est percé d’une fenêtre à ogive et à trois baies, sans orne-ments.
La tour, placée entre chœur et nef, est carrée dans sa partie inférieure, ensuite à pans coupés, et se termine par un petit toit pointu, couvert en ardoises. Sa voûte est en pierre, et ses arcades sont à ogive. La plus grande partie de cette tour est du XIV° siècle.
L’autel est décoré d’un rétable d’assez mauvais goût, derrière lequel est placée la sacristie, qu’on accède par deux portes l’une à droite et l’autre à gauche de l’autel. Sur la cloche, j’ai relevé avec peine l’inscription suivante :
EN 1781, J’AI ETE BENITE PAR MESSIRE LOUIS BAPTISTE MANCEUL, CURE DE CE LIEU, ET NOMME LOUISE PAR ET LOUIS CLAUDE ELISABETH D’HALWIN MARQUIS DE PIENNES, SEIGNEUR ET PATRON DE LA MEURDRAQUIERE, REGNEVILLE ET AUTRES LIEUX, ANCIEN MOUSQUETAIRE DE LA GARDE DU ROI, ET ANCIEN GOUVERNEUR DE PONTORSON
Devant le mur occidental de l’église, est placée une pierre tumulaire sur laquelle on lit :
CI-GIT – LE CORPS DE – M° JULLIEN CAMBERNON - - CURE DE CE LIEU – NATIF DE TOURNEVILLE – DECEDE LE . JOUR …16.. F. D. P. LYYY. P. A.
L’église est sous le vocable de Saint-Martin. Elle était taxée à 120 livres de décimes et dépendait de l’archidiaconé du Val de Vire et du doyenné de Gavray. Le patronage était laique, et la présentation de la cure appartenait au seigneur. Il paraît que dans un temps elle avait un autre patron que Saint-Martin ; car on voit dans Richard-Turstin-Halduc donner, dans le XI° siècle, à l’abbaye de Lessay, une portion de l’église de Sainte-Marie de la Meurdraquière. Peut-être aussi y avait-il alors deux églises; mais je pense que l’église se partageait plutôt en deux parties ; car, dans le XIII° siècle, on voit que Raoul de Beauchamps avait le patronage d’une partie de l’église, et Robert Murdrac celui de l’autre partie ; le curé avait toutes les dîmes et environ vingt six acres de terres aumônées. Ecclesia de la Murdraquiere patronus Rad. De Bello-Campo pro med. Robertus Murdac patronus de allera med. Rector percipit totum et est ibi terra elemosine circa XXVI acras.
| ![]() Clocher d'une église de France ![]() Intérieur de l'église Saint-Martin, CPA 1900 | |
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| LA COIFFURE DE L'ANTIQUITE A NOS JOURS |
| EGYPTE |
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| Dîneurs et dîners d'autrefois | ||
| La science de gueule 2/4 | ||
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Par Victor Du Bled (1910)
Étonnez-vous après cela si le docteur Hecquet, lorsqu'il entrait dans un hôtel, allait serrer la main aux cuisiniers, parce que, disait-il, c'étaient eux qui lui donnaient ses clients. En sens contraire, Monthier, cuisinier des Petits-appartements sous Louis XV, se piquait d'être un médecin hygiéniste, un officier de santé, de même que le pharmacien devrait être appelé un cuisinier de maladie. Et Carême rétablissait l'équilibre en disant aux admirateurs de ses talents : « Mon art est de flatter l'appétit ; votre devoir est de le régler. » Une belle maxime que n'avait pas assez méditée ce prélat romain qui rendit l'âme entre deux services à la table de Talleyrand, regrettant de ne pouvoir vivre jusqu'au dessert.
Le dîner n'est pas seulement un besoin primordial de l'humanité, il est aussi un plaisir de l'esprit, une école de tolérance, un foyer perpétuel d'idéal, un stimulant pour l'inventeur et l'artiste, et, par instants, une confession. N'est-ce pas Ninon de Lenclos qui se montrait ivre dès la soupe, ivre de ses saillies, du vin que buvait son voisin ? Oui, vraiment, le dîner est la terre d'élection de la causerie, n'en déplaise à ce forcené bavard qui grondait des convives trop éloquents : « Un peu de silence ! On n'entend pas ce qu'on mange! »
Dans le camp des festoyeurs célèbres du XVIIe siècle, j'aperçois la reine de Navarre, Bois-Robert, Bautru, les Vendôme au Temple, Chapelle, les succès de Mazarin et le marquis de Béchamel, Reynard, Dufresny, Nicolas Bourdon, le gros président du Lorens, connu surtout par l'épitaphe qu'il composa pour sa Xanthippe : Ci-gît ma femme : Ah ! qu'elle est bien Pour son repos et pour le mien ! Habert de Montmor, doyen des maîtres des requêtes, qui réunit chaque semaine une assemblée de gens de lettres dont il était le Mécène. La reine Marguerite de Navarre n'ignore point ce grand moyen de succès : on dîne à merveille chez elle, bien qu'elle fasse plus d'état de la nourriture de l'esprit que de celle du corps, des poulets en papier que des poulets en fricassée ; et elle accueille avec autant de distinction les lettrés bourgeois que les grands seigneurs, pourvu qu'ils présentent leurs quartiers de noblesse intellectuelle et paient leur écot en bons mots. Son dîner est une symphonie où chacun fait sa partie selon ses moyens, non point une anarchie brillante où les fines réflexions, les piquantes anecdotes sont perdues pour tous, sauf pour le voisin. Le principe de la conversation générale à table ne pouvait revendiquer un exemple plus illustre.
La marquise de Sablé est la reine des gourmets et la personne de Paris qui entend le mieux la confection des potages. M. de Pisani dira qu'elle a beau faire, qu'elle ne chassera pas le diable de chez elle, qu'il s'était retranché dans sa cuisine. Une autre précieuse lui écrit qu'elle quitterait volontiers tous les mets et les ragoûts du plus magnifique repas, pour une écuelle, non pas de lentilles, mais de son potage, « rien n'étant si délicieux, ajoute-t-elle, que d'en manger en vous écoutant parler. » Mme de Sablé transporte l'esprit aristocratique et précieux dans la cuisine : La Rochefoucauld, un de ses meilleurs élèves, lui demande sans cesse des leçons et des recettes. D'après elle, manger est chose infiniment délicate, et une redoutable épreuve pour les amoureux ; c'est assez de la moindre grimace pour tout gâter : il convient d'abandonner aux bourgeois les gros repas faits pour le corps, de prendre quelque nourriture pour se soutenir seulement et se divertir ; peu de plats, mais exquis.
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