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 Sixième année  Mardi 24 juillet 2012 Numéro 1388
   

 SAINT-GERMAIN-SUR-AY       

 CC 10.11 du canton de Lessay

 

 Travail du sel blanc dans le havre

 de Saint Germain sur Ay


Marée montante dans le Havre de Saint Germain sur Ay, Photo JB  7H30

 

WIKIPEDIA CC-BY-SA 3.0

Mémoires et observations sur la fabrique de sel blanc dans le salines du havre de Lessay, élection de Coutances en basse Normandie, pour faire connaître l’injustice la nouvelle régie qu’on s’efforce d’établir pour la perception du quart de bouillon ordonné par l’art 11 du titre X de l’ordonnance de 1680, A Coutances, 1754, Fauvel, publié dans Bulletin de la société des antiquaires de Normandie, T. 51, 1948-1951, p.361

 

Histoire du document

 

C’est grâce au travail d’un historien de la société des antiquaires de Normandie, qu’il est aujourd’hui possible de consulter le factum des sauniers protestants de saint-germain-sur-ay. Il en consigne par écrit une copie. L’originale brule durant les bombardements de juin 1944, tandis que la copie est sauvée in-extremis des décombres par son propriétaire. Cette copie comporte plusieurs lacunes. La partie mentionnant le détail des exigences des plaignants a disparu, tandis que le reste du document a conservé la majeure partie de sa matière, malgré quelques lignes effacées par la boue. Ainsi, le document nous livre en détail les différentes étapes du façonnage du sel blanc dans le havre de saint-germain-sur-ay.

 

L’économie du sel autour de saint-germain

 

Le sel blanc reste plus difficile à obtenir que le sel gris. Autour du seul havre de saint-germain, la production nécessite l’intervention de 2375 personnes. 300 personnes restaient durant toute la saison qui s’étendait de mai à septembre. 75 employés, appelés les « boidrots » interviennent à la fin de la production pour tirer du sablon le sel blanc. Ces ouvriers qualifiés étaient employés en fonction des besoins sur la côté des havres. 2000 personnes composées d’individus extérieurs à la paroisse étaient chargés d’apporter des voitures de tangues en début de production. Ils étaient employés en fin de production à la coupe, au fagotage puis au transport du bois pour alimenter les fournaises sous les marmites en plomb.


Marée montante dans le Havre de Saint Germain sur Ay, Photo JB 8H00

 

Les différentes étapes du façonnage du sel blanc et son coût

 

L’amendement des salines

 

Les sauniers rapportent des charrettes de tangues sur les salines. Cette opération permet d’enrichir les terres, et de niveler son niveau en rebouchant les cavités creusées par la mer. Avant les grandes marées, les sauniers retournent leurs parcelles de terre à l’aide de charrues tractées par des bœufs ou des chevaux. Le coût pour le saunier s’élève à deux ruches de sel

 

Le hersage

 

Afin d’uniformiser la pénétration de l’eau de mer après chaque marnage, les salines doivent être hersées. Au milieu de la saison, durant la période de morte eau, les salines s’échauffent et sèchent. Les salines sont de nouveau hersées. Le coût pour chaque journée de hersage s’élève à 45 sols

.

Le « havelage »

 

Lorsque le sablon s’est bien chargé de sel. Le saunier fait intervenir sur ses terres le « havet » ou « haveau ». Il s’agit d’une planche longue de six pieds renforcée par une bande de fer. Deux manches permettent d’en diriger la direction, tandis qu’un cheval en tracte la masse. C’est le poids de l’homme qui permet de ratisser la saline. L’opération permet de rassembler le sablon en petit tas qui vont se dessécher au soleil. Le coût s’élève à 40 sols, et peut monter à deux livres en cas d’intempéries.

 

Le filtrage des sablons par les « boidrots »

 

Une fois sécher le sablon est levé à l’aide de deux tombereaux tirés par quatre bœufs. Le sablon est alors entreposé dans un lieu réservé. Le coût de cette opération s’élève à 45 sols par jour, plus 54 sols pour l’aide de trois chargeurs. Une fois fait, deux « boidrots » par salines interviennent. Ils mettent en place un assemblage temporaire visant recueillir l’eau salée des sablons. Pour cela, ils creusent des fosses rondes en masse d’argiles dont le fonds est composé de planches juxtaposées recouvertes de glud de froment pour affiner le filtrage. Le sablon est renversé dans ses fosses. L’eau se filtre aux gouttes à gouttes au travers du plancher. Elle est alors dirigée par de petits canaux dans des tonneaux. L’eau salée est obtenue ainsi. Le coût de cette opération s'élève à 72 sols.

 

L’évaporation de l’eau salée sur les fournaises

 

Une fois l’eau salée obtenue. Les « boidrots » entreposent quatre marmites en plomb dans lesquelles ils déversent l’eau salée. Sous ces marmites, les « boidrots » entretiennent quatre fournaises jour et nuit. L’eau bouillonne puis s’évapore pour ne laisser que le sel blanc. Les « boidrots » doivent être trois pour cette opération, et coûtent au saunier 36 sols par jour. De plus, pour entretenir la fournaise, le saunier dépense un cent de fagot par jour, soit neuf livres. Une fois formé le sel est retiré des marmites, puis il est entreposé contre les feux et au soleil où il a va prendre sa couleur et sa consistance.


L’entreprise du sel blanc à saint-germain restera active jusqu’en 1789. La révolution met un terme à la gabelle. La concurrence a alors raison de cette production locale. Le sel gris de Noirmoutier détrône le sel blanc du Cotentin bien trop couteux en hommes. En effet, le sel blanc est bien plus difficile à façonner que le sel gris. Le sel gris se façonne juste en levant les écluses on laisse entrer dans le marais la quantité d’eau de mer, elle s’évapore au soleil et le sel se forme.

 

 Marée montante dans le Havre de Saint Germain sur Ay, Photo JB 8H30

     
 Préjugés et superstitions en Normandie
 
 DU GOBLIN OU CHEVAL BAYARD


Archives annuelles de la Normandie :
historiques, monumentales, littéraires et artistiques
Première année
Caen : Mancel, 1824.- XVI-296 p. NORM 5581

 

LE Goblin ou Gobelin, dont le nom se retrouve aussi en Angleterre, est un génie malicieux, espiègle et dégourdi ; toujours prêt à faire quelques niches, toujours en activité de service, assez bon diable d’ailleurs, point trop exigeant, jouissant au surplus d’une grande puissance dont il a le bon esprit de ne pas abuser, ce qui n’est pas commun, comme on sait, surtout parmi les diables.


La protection du Goblin n’est pas du tout à dédaigner. Pour être bien avec lui, il suffit de ne point parler mal sur son compte : c’est un point sur lequel il est fort chatouilleux. Il aime beaucoup les enfants et les chevaux. Cette affection est loin d’être stérile, comme tant d’autres : il donne aux uns de la bouillie, aux autres du foin ; il étrille ceux-ci, il berce ceux-là. Il fait bien, à la vérité, quelque espièglerie en passant, mais il les aime tendrement, les caresse beaucoup, et les fouette à l’avenant : car qui aime bien, châtie bien. Au reste, cela n’arrive que lorsqu’il est mécontent. Quand le Goblin a pris quelqu’un en affection, enfant ou cheval, il n’est sorte de bons procédés qu’il n’emploie ; ses attentions sont sans borne, comme ses bons soins sont sans terme. Tout cela n’empêche pas qu’il ne se livre aussi à quelques malices, de peur d’en perdre l’habitude ; car

    Naturam expellas furcá, tamen usque recurrat ;

Il se plaît quelquefois à lutiner ses protégés ; tantôt il chatouille, il pince les enfants ; tantôt il ébouriffe les crins des chevaux. Et des crins entremêlés annoncent infailliblement sa  présence et sa protection. Il aime assez les métamorphoses ; et quoique le sort des chevaux ne soit guère plus heureux dans les campagnes qu’il ne l’est à Paris, le Goblin se change souvent en cheval. Il est vrai de dire pourtant que sa métamorphose est de courte durée. Ce temps, qu’il sait mettre à profit, lui suffit pour jouer quelques tours assez plaisants.

Il n’est pas vrai de dire, comme l’a fait Labbe (1), que le nom de Gobelin vient du bruit que cet esprit est censé faire en remuant les gobelets. Ce nom est très-ancien. Orderic Vital (2), qui écrivait dans le XIIe. siècle, parle à propos des miracles de saint Taurin, évêque d’Evreux, d’un démon que le saint chassa du temple de Diane, et qui, du temps d’Orderic Vital, continuait d’exister à Evreux, où il prenait toutes sortes de formes, sans pourtant blesser personne. Le peuple l’appelle encore le Goblin, dit le grave historien de St.-Evroul. Ce que Cassien (3) rapporte du Gobelin a beaucoup de rapport avec l’opinion qu’en conservent nos paysans, ce qui prouve bien l’antiquité très-reculée de toutes ces rêveries, si redoutables pour eux. Cassien représente le Goblin comme un esprit immonde à la vérité, mais à cela près, jovial et plaisant, qui n’est pas nuisible, et qui se plaît à rire aux dépens des passants qui lui tombent sous la main.

Le Goblin a beaucoup de rapports avec le Nissen des paysans de la Norwège. Le Nissen, suivant ces bonnes gens, a soin des bestiaux, et surtout du cheval, qu’il affectionne particulièrement. Il les tue quand on les néglige. Ces paysans croient aussi à des génies qui substituent leurs petits monstres aux enfants qu’ils enlèvent. C’est là probablement l’origine des enfants qu’on croit changés en nourrice.


Dans le département de l’Orne, les paysans ont vu, « de leurs propres yeux vu, ce qui s’appelle vu, » (4) plus d’un de leurs camarades bien attrapés par le Goblin. Vers le soir, le villageois croyait bonnement enfourcher son cheval ; point du tout : il était fort étonné de n’académiser qu’un Goblin. C’est en vain qu’il voulait quitter sa monture ; il n’en était pas quitte à si bon marché : les caracols, les soubresauts, les pirouettes, les pétarades n’étaient pas épargnés. Le Goblin danse la gavotte aussi bien, sans doute, que le faisaient les chevaux de Franconi au théâtre de la Cité. A droite, à gauche, en avant, en arrière, le malheureux était berné presque autant que le sobre et courageux écuyer du héros de la Mancha. Pour terminer la parade joyeuse, et, sans doute, aussi pour rafraîchir le patient, le cheval soi-disant jetait lestement son cavalier au beau milieu de quelque mare, ou bien dans quelque fossé plein d’une ample provision d’eau.

Le Goblin est sujet aussi à se changer en petit garnement ; et, pour être bien avec lui, il faut l’appeler le bon garçon ; ce nom le flatte beaucoup ; et pour si peu de civilité, on ne désoblige pas volontiers. D’ailleurs, rien de si complaisant et de si poli que le villageois quand il a peur. Le Goblin hante principalement les vieux donjons et les châteaux abandonnés ; il veille sur les trésors. Quand on veut le faire déguerpir, comme il aime beaucoup la symétrie, il suffit de déplacer ce qu’il a mis en ordre. On peut aussi jeter ça et là de la graine de lin dans l’appartement qu’on veut lui faire quitter : sa vivacité naturelle ne lui permet pas de la ramasser ; il finit par s’impatienter, et il va chercher fortune ailleurs. On ne dit pas si on le ferait décamper en usant du remède qui fut employé à Naples contre le pauvre Belphégor, et qui eut un si favorable succès quand Mathéo lui dit pour lui faire prendre la fuite :

    .  .  .  C’est Madame Honesta
    Qui vous réclame, et va par tout le monde
    Cherchant l’époux que le ciel lui donna.

Les traditions n’en disent rien ; mais il est présumable qu’à cet avertissement, le Goblin, d’ailleurs médiocrement patient, fuirait encore plus vite.


NOTES.

(1) Etymologies, Ire. part., p. 262, au mot Gobes.
(2) Hist. ecclés., liv. 5, p. 556, règne de Guillaume-le-Conquérant, an 1080.
(3) Collat. 7, ch. 32.
(4) Molière.

 

 OISEAUX EN BAIE DU MONT SAINT MICHEL
     
 Bernache nonnette

 

 

La bernache nonnette, oie de petite taille, est immédiatement identifiable: cou et poitrine noirs, petite tête très blanche, dessus gris barré contrastant avec un dessous très pâle. On peut lui trouver quelques similitudes avec la bernache du canada mais cette dernière a un cou plus long. En outre, elle possède une poitrine pâle ou brune, en aucun cas, noire. La bernache nonnette a un petit bec triangulaire noir, des pattes noires et un croupion blanc. En vol, les ailes paraissent larges.

 

En  été, la bernache nonnette fréquente les falaises et les éboulis des îles arctiques. En hiver, elle habite les prés inondés et les marais côtiers, les rives basses des baies maritimes et les vasières à marée basse.

 

 Comportements : Trois groupes principaux venant respectivement du Groenland, du Spitzberg et de la Nouvelle Zemble commencent leur migration à la fin août ou au début du mois de septembre. Ne se mélangeant jamais, ils atteignent  les rivages de l'Ecosse, de l'Irlande, la côte ouest de la Grande-Bretagne et le littoral de l'Allemagne et des Pays-Bas en ce qui concerne le dernier groupe. En France, l'espèce est très rare en temps normal, quelques dizaines d'individus qu'on trouve principalement en baie de Somme ou du Mont St-Michel. Cependant, lors d'hivers très rigoureux, la France a accueilli jusqu'à 8 000 bernaches nonnettes.  Son aire de répartition est alors plus vaste et affecte toutes les petites baies et les estuaires abrités.

 

Vol : Vole en troupes compactes.

 

Galerie : © Pierrick Legobien

 

Nidification : La saison de nidification commence peu après le retour dans l'Arctique. Lors de la parade, les couples gambadent le cou tendu en battant des ailes et en criant avec force. Chaque oiseau choisit son partenaire pour la saison et ces liens peuvent quelquefois perdurer toute la vie. Les bernaches nonnettes se réunissent pour nicher en colonies. Le nid, construit  principalement de végétaux et tapissé de duvet, est situé sur la corniche d'une falaise, sur un îlot non éloigné du littoral ou à même la toundra dégagée. Le site est parfois partagé avec des guillemots. La femelle y dépose 3 à 5 oeufs qu'elle couve seule pendant une période variant de 24 à 25 jours alors que le mâle monte une garde vigilante à proximité. Les jeunes sont actifs dès l'éclosion et savent voler vers 40 ou 45 jours. Le groupe familial reste uni pendant la migration et l'hivernage.

 

   
   
     
 

Scarificateur-râteau

 

Scarificateur-electrique


 

Scarificateur-rouleau


 

SCARIFICATEUR

 

Le scarificateur est une sorte de râteau dont les dents, plaques d'acier en forme de croissant, sont assemblé parallèlement. Il permet d'aérer et de débarrasser le gazon des mousses après un traitement au sulfate de fer.

 

 

Un sol devient compact à cause des pluies, des arrosages et du piétinement fréquent, pour y remédier il faut le décompacter en passant deux fois par an, au printemps et à l'automne, (novembre et mars) un scarificateur à moteur ou à mains.

 

Le scarificateur est un instrument manuel ou motorisé, agricole, équipé de dents ou de couteaux métalliques. Il sert essentiellement à aérer le sol, c’est-à-dire à lacérer la couche de végétaux qui apparaît à la longue sur certaines pelouses et qui devient une barrière à l'entrée de l'eau et des éléments nutritifs dans le sol. Cette couche provient de la prolifération de mousses (sur les sols humides, à l'ombre, trop compactés) et de l'accumulation des déchets de tontes qui se produit lorsque l'on ne ramasse par l'herbe.

 

Aménagement du sol

 

Pour les petites surfaces à traiter, il suffit d’utiliser un scarificateur-râteau, en le passant dans un sens puis dans le sens perpendiculaire.

   

Pour les grandes surfaces, il faut utiliser un scarificateur motorisé ce qui évite une grande fatigue et permet un gain de temps.

 

L’aération consiste à faire des trous dans la pelouse à l’aide d’un appareil qui permet une meilleure pénétration de l’air, de l’eau et des engrais.

 

Pour réaliser l'aération des petites surfaces, on utilise un aérateur manuel, des chaussures à clous appelées aussi patins aérateurs, ou une fourche bêche que l’on enfonce dans le sol.

 

Contrairement à certaines idées reçues, le scarificateur ne permet pas d'aérer le terrain car ses couteaux ne pénètrent pas suffisamment profondément dans le sol.

 

Ne jamais scarifier une pelouse humide