A voir aussi

 Sixième année  Mardi 21 Août 2012 Numéro 1408
   

 RAUVILLE LA PLACE        

 CC39.11 de la vallée de l'Ouve

     
 CHAPELLE SAINT-CLAIR

Saint-Sauveur-le-Vicomte 
Lessay

Deux villes et cantons en Cotentin, Manche.

Pages réalisées par Jean-Marie Lecler

Correspondant de "La Presse de la Manche"

 

Rauville-la-Place

Chapelle Saint-Clair

 

Une première chapelle construite en 1619 aurait été dédiée à Saint-Clair prêtre d'origine anglaise qui débarqua à Nacqueville  vécut dans le Cotentin et connut le martyr dans la vallée de l'Epte à Saint-Clair, à la fin du IXème siècle.

 

A proximité se tenait le 18 juillet, le jour Saint-Clair une assemblée ou louerie de domestiques et de bateliers, "la plus importante du pays".

 

Tombée en ruine faute d'entretien, puis frappée d'alignement, ses vestiges furent mis en adjudication par la commune en 1885. Mais devant la protestation des habitants du village et le voeu de reconstruire la chapelle de leurs deniers sans participation de la commune et de rétablir l'assemblée, la municipalité repoussa une proposition d'achat et accepta le projet de reconstruction à condition que l'édifice serait propriété communale.

 

La nouvelle chapelle fut construite en 1889. Ce millésime est gravé au dessus du portail dans un blason portant en chef la palme du marthyr avec une croix, et en pointe l'inscription "Saint-Clair priez pour nous".

 

A l'intérieur sont conservées deux belles statues en pierre polychromée: Ste Marguerite (XVème siècle) et Ste Barbe (XVIème)

 

Dans l'enclos, les pélerins et malades se lavent les yeux à l'eau de la fontaine Saint-Clair.

 

@Le blog de Michel

 

 

Rauville La Place chapelle Saint-Clair

 

 

Blason portant en chef la palme

du marthyr avec une croix

 

 

Fontaine Saint-Clair.

   

 La Revue illustrée du Calvados (1911-1914)

  Petite chronique féminine de CAVELLIER, Gabrielle 

 
 Les petits héroïsmes féminins (Mars 1913)

Supposez qu'il est minuit, que je sors du théâtre, que je viens d'entendre la pièce en vogue, signée d'un tout-à-fait illustre dramaturge académicien où il est question de femmes véritablement extraordinaires, des « héroïnes », comme disait déjà de son temps M. Georges Ohnet, et que, rentrée chez moi, le coude sur ma table, le menton entre mes mains, je bous de colère contenue...

 

Ah, c'est qu'aussi c'est bête, à la fin ! Est-ce parce qu'il y a plus d'incompréhension entre le genre masculin et le genre féminin qu'entre un habitué de Marigny et un habitant de la Lune que, grâce aux faiseurs de pièces et de romans, on ne conçoit plus de milieu entre la détraquée par en haut et la détraquée par en bas, la gourgandine ou l'éclaireuse, tous articles de bazar dramatique commodes pour amener l'enchaînement de la comédie à recettes, mais où la femme française ne tient plus la place d'un fifrelin ?

 

Aux conceptions grandiloquentes des pontifes de la psychologie féminine moderne, il faut maintenant des sublimités. Ah, là, là, quelle superfétation, pauvres gens d'esprit, et comme vous seriez étonnés si, quittant les apogées, vous regardiez tout bonnement autour de vous, vos mères, vos femmes, vos filles, humbles personnages qui ne prétendent en rien à rivaliser les toquées de Mme Marcelle Tynaire, les folles de Mme de Noailles, les transcendantes de M. Bataille, ni les walkyries de M. Donnay, mais qui, sans autre mobile que le doux et admirable instinct féminin, accomplissent d'un bout à l'autre de leur vie des exploits dont la répétition est à elle seule un prodige.

 

Pas besoin d'aller pour cela nous agenouiller devant les prix Montyon. L'héroïsme féminin est assis à chaque foyer. Il y brûle comme une veilleuse, mieux : comme une petite lampe sucrée alimentée à des sources que l'homme ignore, et qui s'appellent, suivant le cas, dévouement, résignation, abnégation.

 

 

Leonnec



Vous croyez m'étonner avec vos doctoresses et vos madames Lucrèce... Moi, j'ai vu mieux que ça. J'ai vu une épouse qui, délaissée par soit mari volage, a attendu vingt ans qu'il lui revienne et l'a consolé d'un baiser d'être devenu vieux. J'ai vu une maman rester trente et un jours et trente et une nuits sans se déshabiller ni dormir auprès de sa fille malade de la typhoïde. J'en ai vu une autre, nouvelle mariée de treize mois, tomber d'épuisement pour avoir voulu, malgré sa faiblesse, alaiter son bébé glouton. J'ai vu une mère de famille ruinée dîner tous les soirs, pendant un an de pain sec trempé dans du vin ronge, sous prétexte qu'elle n'avait pas faim, afin que le mari et les quatre petiots se satisfassent. J'ai vu,...

Mais à quoi bon continuer ? O vous, hommes maîtres de tant de choses et qui ne supportez pas une colique ou une rage de dents sans mettre votre humeur et la maison à l'envers, considérez donc un instant le courage silencieux de l'éternelle souffrante, son labeur ingrat, sa vie tissée d'obéissance et d'arrachement. Pensez seulement à la maternité, et puis dernandez-vous jusqu'à quel point vous êtes cruels envers la Femme tout court en la déformant à la mesure de vos marionnettes du théâtre et du roman.

   
 LES ILES CHAUSEY
 
 La Grande Ile 2
 

 Jacques Doris. Coutances, 1929

 

     Une maison basse, couverte d'ardoises, avec un jardin entouré de pierres sèches. Quelques pins maritimes. Elle est la demeure du curé des îles, M. l'abbé Mauduit, homme hospitalier s'il en fut : ancien missionnaire en Afrique, il accueille aimablement tous les visiteurs. En 1920, ne donna-t-il pas abri à un ministre de la guerre, M. André Lefévre, venu prendre quelque repos à la chasse des oiseaux de mer à travers les îles.

 

 

     La ville de Granville est propriétaire de ce logis, qu'elle a aménagé avec goût, comme la jolie classe moderne, située à côté ; celle-ci a pour instituteur, officiel, s'il vous plaît, le propre curé de Chausey, qui y fait la classe à une douzaine de bambins et perçoit de l'Etat une légitime rétribution.

 

     Toute l'année il réside dans l'île (il a même été, à un moment donné, six mois sans mettre le pied sur le continent) exerçant son ministère près des 80 habitants, pêcheurs, signaleurs, gens de culture, etc... et servant même de médecin. Sa popularité est grande, comme le fut celle de ses prédécesseurs MM. Hébert et Launey.

 

Le Presbytére Collection CPA LPM

 

Vue générale sur le phare Collection CPA LPM 


Vue aérienne sur la chapelle Collection CPA LPM 

 

     On quitte maintenant ce terrain de l'Etat, acquis par une expropriation pour une contenance de 7 hectares et pour une somme de 72.000 francs, de la famille Hédouin, qui possédait les îles entières. Une longue clôture le limite.


     Le visiteur entre alors sur un vaste espace gazonné qui abrite les principales maisons des pêcheurs, à côté, la villa des Korrigans, à M. Durand, yachtman, l'un des administrateurs de l'île.

     A gauche, deux poteaux munis d'un disque singulier, prennent le fil qui sort d'une cabine brune, située sur le bord de la grève : là se trouve le cable sous-marin venant de Cancale au sémaphore, on peut l'utiliser pour les télégrammes.

 

     Des sentiers gravissent le tertre qui porte avec une croix la chapelle des îles, dédiée à saint Louis : construite au milieu du siècle dernier, simple, éclairée par des vitraux ornés de l'étoile de la mer, elle a bien le cachet d'une église maritime. Pendant la saison les étrangers y voisinent avec les pêcheurs ; de beaux chants s'y font entendre.

 

     Du portail, on a sous les yeux un vaste panorama, moins étendu cependant que des glacis du fort à cause des grands arbres situés au Nord-Ouest.

 

Le village des Blainvillais Collection CPA LPM

 

Le village des Blainvillais Collection CPA LPM


     Tout auprès, en effet, commencent les terrains enclos de pierres sèches, contenant champs cultivés et prairies d'une herbe excellente. Ormes et trembles ont poussé au XIXe siècle, alors qu'au XVIIIe on ne voyait pas un seul arbre.

 

     A gauche, une large voie bien ombragée mène aux deux fontaines d'eau potable permanente qui alimentent toute l'île. Les géologues disent que les sources de ces rocs de granit viendraient du continent.

 

     D'anciennes dépendances ont été aménagées : l'une renferme le bureau de tabac, tenu par Mme Moulin, la doyenne des habitants des îles. A côté, un orfèvre parisien, habitué de Chausey, a établi son home. Puis vient l'ancienne résidence des propriétaires des îles avec un long balcon.

 

     Derrière s'étend le jardin qui mériterait une description à part, pour l'abondance et la variété des fleurs, les espèces végétales des pays chauds y croissant aisément à cause du voisinage d'une branche du Gulf-Stream, myrtes, camélias, lauriers-roses (jadis un grenadier et un olivier), un aloès, qui chose unique en ces climats, a donné un stipe fleuri de 4 mètres de haut, et enfin ce figuier, rappelant en petit celui de Roscoff, qui couvrait 80 mètres carrés à un moment.

 

     La ferme compte un beau troupeau de vaches normandes que l'on voit s'aventurer à mer basse vers d'autres îles, sans jamais être surprises par le flot.

 

Les vaches de Chausey et la fontaine Collection CPA LPM


   
   
     
 

Sécateurs

 

 

Un sécateur est un outil de jardinier pour les opérations de taille. C'est une sorte de ciseau robuste qui sert à couper de petites branches.

 

Il fut inventé par Bertrand de Moleville, ancien ministre de Louis XVI, exilé par la Révolution. Lors du retour des Bourbons, il revint en France en 1815 avec son invention.

 

Les sécateurs sont formés de deux poignées mobiles reliées entre elles par un axe et prolongées l'une par une lame et l'autre par une contre-lame.

   

Il existe deux groupes de sécateurs : les sécateurs manuels et les sécateurs à assistance.

     

Sécateurs à enclume

Sécateurs à crémaillère.

 

Sécateur ergonomique

 

Sécateur ergonomique à poignée tournante



Sécateur pour jardiniers amateurs

 

Il existe des sécateurs plus particulièrement destinés aux jardiniers amateurs. Ce sont les sécateurs à enclume et les sécateurs à crémaillère.

 

Il ressemble beaucoup au sécateur à lame tirante sauf qu'au lieu d'avoir une contre-lame aiguë, il a une enclume plate sur laquelle vient s'appuyer la lame au moment de la coupe. L'inconvénient de ce sécateur est que la partie du rameau coupé qui reste sur l'arbre est écrasée, ce qui engendre une mauvaise cicatrisation et par conséquent des maladies cryptogamiques.

 

Sécateur ergonomique

 

Ce type de sécateur a été créé en France en collaboration par des ergonomistes et la Mutualité sociale agricole pour les professionnels de la taille. Il a pour particularité de former des angles au niveau des poignées. La lame et la contre-lame sont plus inclinées vers le bas que sur un sécateur non ergonomique.

 

L'inclinaison de la tête de coupe compense la cassure verticale du poignet. Un autre angle est formé entre les poignées et l'ensemble lame/contre-lame (inclinaison latérale qui compense l'inclinaison latérale du poignet), ce qui fait que l'ensemble de coupe est orienté vers la droite ou la gauche selon que le sécateur est pour droitier ou gaucher, alors que sur un sécateur non ergonomique la lame est dans le strict prolongement des poignées. Lors d'un usage intensif, ces sécateurs ont l'avantage de réduire, voire d'éviter, les troubles musculo-squelettiques (tendinites au poignet et au coude, déchirures ligamentaires, syndrome du canal carpien) du fait que le poignet et le bras du tailleur restent droits.

 

Pour que ces sécateurs soient vraiment ergonomiques, le tailleur doit choisir selon la morphologie de sa main celui qui sera le mieux adapté. Pour cela, il convient de mesurer la longueur de la main, du bout du majeur jusqu'à la pliure du poignet, et la largeur de la paume de la main. Ces deux mesures permettent de déterminer la taille des poignées adéquates (large, moyenne ou petite).


Il ne reste plus qu'à choisir ensuite la tête de coupe, c'est-à-dire les lames, en fonction de la force physique du tailleur et du type de taille réalisée (jeunes vignes, vignes âgées, arbres jeunes ou plus âgés). Il existe trois capacités de coupe de 15 à 30 mm de diamètre. Dans le coffret du sécateur, le tailleur trouvera trois ressorts de force différente, qu'il adaptera selon son choix.

 

Les sécateurs ergonomiques à lame tirante sont proposés pour droitier ou pour gaucher. La poignée supérieure peut être tournante : au moment de la coupe, la poignée tourne sur la paume de la main (elle reste donc bien dans le creux de la main) au lieu de glisser, ce qui réduit les frictions et échauffements de la main

 

Sécateur de force ou ébrancheur

 

C'est un sécateur plus lourd qui se tient à deux mains, une poignée dans chaque main. Les poignées plus ou moins longues ou réglables selon les modèles permettent de couper des branches de diamètre plus important sans utiliser de scie et en hauteur sans avoir besoin d'échelle