08 Caribert
  LES ROIS DE FRANCE                                                 8
   
  CARIBERT 561-567
     
 
 
     
 

Aîné des fils de Clotaire Ier, il eut en partage le royaume de Paris, et commença à régner en 561. Ce prince, ami de la paix et des lettres, montra beaucoup de zèle pour l’observation de la justice, obtint de l’ascendant sur les grands de sa cour par son éloquence, et s’attira le respect des monarques voisins, par les instructions qu’il donnait à ses ambassadeurs. « Un roi de ce caractère, dit avec raison le père Daniel, était en ce temps-là une chose plus rare qu’un roi guerrier, les vertus militaires ayant beaucoup moins d’opposition avec quelque barbarie qui restait encore dans l’esprit des Français, que toutes les qualités et toutes les vertus civiles et politiques. »

 

L’esprit pacifique de Caribert étonnera peu, si l’on réfléchit qu’il avait quarante ans lorsqu’il commença à régner, et qu’il était l’aîné des enfants de Clotaire Ier, prince ambitieux et cruel, qui prouva par le supplice effroyable de Chramne, le plus aîné de ses fils, qu’il ne pardonnerait pas dans ses héritiers les défauts qu’il avait lui-même.

 

Le royaume de Paris, que possédait Caribert, était avantageusement situé pour un prince ami de la paix, puisqu’il se trouvait défendu de toute attaque subite par les royaumes de ses frères ; et cependant l’esprit guerrier remportait si hautement dans le caractère des Français, que l’histoire a pris soin de remarquer que la puissance des maires du palais, qui absorbe bientôt la puissance royale, parce qu’ils devinrent chefs de l’armée, commença sous ce prince. Les Francs, fidèles à leurs coutumes, se faisaient un chef militaire quand le roi qui les gouvernait ne montrait pas d’ardeur pour les combats.

 

Caribert ne mit pas la continence au nombre de ses vertus, Aussitôt après la mort de son père, il chassa Ingoberge, la femme qu’il lui avait donnée, épousa les deux filles d’un ouvrier en laine, Méroflède et Mercouèse ; et, plus tard, la fille d’un gardeur de troupeaux nommée Theudelichilde. Il est le premier roi de France exclu par son évêque de la communion des fidèles ; et sa conduite scandaleuse l’aurait sans doute jeté dans des embarras plus grands que la guerre, si la mort ne l’avait enlevé en 567, après un règne de sept ans. Comme il ne laissa que des filles, son royaume fut partagé entre ses frères.

 
     
 
 
     
   

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