47)Les Dragons à pieds 1805-1813

 

 

 

 

 

 

 

 

LES COSTUMES MILITAIRES

DU PETIT MANCHOT N° 47

 

 HEBDOMADAIRE         N° 47 du 08-10-2010

                           Parution tous les vendredi

 

 


LES UNIFORMES DU 1er EMPIRE

63eme série dessin de Begnini & Feist

Les Dragons à pieds 1805-1813


 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   
 
 

 

Sous le Consulat et l’Empire, l’armée sera réorganisée de façon beaucoup plus précise par ce génial organisateur qu’était Napoléon. Sentant la nécessité de disposer de troupes montées susceptibles de combattre à pied, l’Empereur créa 2 divisions de dragons à pied en 1803 au camp de Boulogne. Il n’en resta qu’une pour la campagne d’Allemagne en 1805 : la division Baraguay d’Hilliers (7 200 hommes organisés en bataillons provisoires issus de régiments de dragons montés à l’origine). Napoléon compte les transformer en cavalerie avec les prises Autrichiennes. De fait, il sera fort déçu par ces soldats qui ne sont "ni de bons cavaliers ni de bons fantassins". Et pour cause : ils portent des bottes trop hautes pour bien supporter les marches infernales que leur impose le Petit Caporal et trop courtes pour bien se tenir à cheval. Baraguay d’Hillier leur faisant même faire des guêtres ! Cela lui vaudra la ire de l’Empereur qui lui reprocha de les entraîner comme des fantassins. De fat, peu habitués à marcher (surtout aux cadences infernales imposées par le Tondu) ils souffrent beaucoup dès les premiers jours et n’étant pas rompus aux tactiques d’infanterie ils subiront quelques “ surprises ” désagréables qui nuiront à la réputation de leur général d’ailleurs. Honnêtement, c’est aussi le manque de chevaux qui a amené la création de cette unité. D’autre part, leur fusil est trop court pour être efficace en tant qu’arme d’infanterie. Dès le 23/10/1805, Berthier annonçait à Baraguay d’Hillier : “ L’Empereur a fait connaître que son intention est de monter tous les dragons à pied ”.


Cependant, un autre essai eu lieu en à partir du 12/09/1806 avec deux régiments formés d’hommes tirés des dépôts de dragons mais encadrés par des officiers de la Garde et par ailleurs rattachés à la Garde (le 1° au Grenadiers, le 2° aux chasseurs). Ils seront remontés avec les chevaux pris aux Saxons et aux Prussiens en octobre et novembre de la même année et rejoindront leurs régiments d’origine.


Pour être exhaustif il faut citer la création d’une unité de dragons à pied en 1805 en Italie par Masséna mais elle sera dissoute en janvier 1806 après la fin de la campagne en Allemagne. Il ne faut pas confondre ces corps avec les régiments provisoires de dragons que l’on retrouvera en Espagne mais qui ne sont que des cavaliers démontés en attente de remonte.

 

Napoléon tenait à disposer de troupes aptes à accompagner la cavalerie légère en avant garde, arrière garde ou flanc garde et capable de démonter pour tenir des positions en attendant les renforts. Je le cite : ” Une division de 2 000 dragons qui se porte rapidement sur un point avec 1 500 chevaus de cavalerie légère peut mettre pied à terre pour y défendre un pont, la tête d’un défilé, une hauteur et attendre l’arrivée de l’infanterie. De quel avantage cette arme n’est-elle pas dans une retraite ! ”. Pour lui, les dragons doivent être toujours rompus au combat à pied.

 

Les dragons combattent comme cavalerie dite moyenne ou de ligne (au même titre que les lanciers apparus en 1811 par transformation de régiments de ... dragons !) par opposition avec la légère (chasseurs à cheval et hussards, parfois lanciers et chevau-légers lanciers) et la lourde cuirassiers et carabiniers. Ils participèrent à toutes les campagnes de l’Empire mais la majorité des régiments servira et se couvrira de gloire en Espagne où les Espagnols les appelleront “ cabeza de oro ” (“ casque d’or ” à cause de leurs casques en laiton) puis "cabalero de oro" (“ cavaliers d’or ”, à cause de la sainte terreur qu’ils inspiraient dans leurs charges). En 1814, leur retour en France sera considéré comme providentiel et capable de retourner la situation. Mais napoléon n’oublia pas leurs capacités à se battre à pied puisqu’outre le fait qu’il interdisait de verser des officiers d’un type de cavalerie dans un autre.


Ils finiront leur épopée glorieuse en Belgique entre le 15 et le 21 juin 1815. 12 régiments de dragons franchiront la frontière : 2 au IV° corps, 8 formant le corps de cavalerie d’Exelmans et 2 endivisionné avec les carabiniers dans la division l’Héritier du III° corps de cavalerie de Kellermann. Ils ne seront donc que deux à se ruer sur les carrés Anglais en ce fatal 18 juin 1815.

 

Extrait de "PETITE ETUDE HISTORIQUE SUR LES DRAGONS"

(Christophe Gouneau)

 

 

 

 

   
   

 

 

   
   

 

 

   
   

 

 

   
   

 

 

   
   

 

 

   
   

 

 

   
   

 

 

   
   
     

Premier empire