Agriculture
  LA MANCHE EN 1880
   
  AGRICULTURE, PRODUCTIONS
         
   
         
 

ADOLPHE JOANNE

GEOGRAPHIE DU DEPARTEMENT DE LA MANCHE

PARU EN 1880

 

AGRICULTURE, PRODUCTIONS

 

On compte dans le département 92859 chevaux, 1174 mulets, 2402 ânes, 270175 animaux de l’espèce bovine, 277264 moutons, généralement très-petits (881022 kilogrammes de laine en 1876), 116614 porcs et 1029 chèvres. 40287 ruches ont donné, en 1876, 171219 kilogrammes de miel. Les chevaux et les bœufs, très-estimés, sont de race indigène ou de race croisée; les vaches cotentines sont les meilleures connues pour la production du lait. Une grande partie du beurre vendu sous le nom de beurre d’Isigny (Calvados) vient des arrondissements de Saint-Lô et de Valognes.

 

Les habitants du département vivent principalement des produits de l'agriculture. Le sol, granitique et schisteux en grande partie, est naturellement peu fertile; mais les petits propriétaires qui se sont partagé le territoire ont réussi à l'améliorer par des amendements; d'ailleurs, le climat humide, la température égale aident à la croissance des plantes, et la Manche se trouve maintenant au nombre des premiers départements agricoles de la France.

 

Les céréales (blé, orge, avoine, sarrasin ou blé noir) sont cultivées surtout dans la partie orientale du département. Les légumes se récoltent principalement dans l'ouest : Montmartin, Hauteville, Annoville, Lingréville, sont remarquables par la fertilité de leur sol, couvert de cultures maraîchères et qui se vend de 10,000 à 15,000 francs l'hectare. Les habitants exportent leurs produits à Jersey, Guernesey, à Condé-sur-Noireau, à Bayeux et au Havre. ( Les pommes de terre viennent partout en abondance ; la culture du colza, des plantes fourragères de toutes sortes, de la betterave, de la carotte, du topinambour, donne de bons produits. ) Remilly a d'importantes oseraies.

 

Les régions de l'est, à sol de calcaire ou d'alluvions, sont riches en hesiux pâturages. Quelques parties de la contrée ressemblent à un immense verger, grâce à leurs plantations de pommiers : le département de la Manche est celui où Ton fabrique le plus de cidre, environ 1,500,000 hectolitres. Les arbres fruitiers abondent dans Tarrondissement d'Avranches. Le poirier est cultivé surtout dans les cantons de Barenton et du Teilleul. On trouve aussi dans le département le prunier, le cerisier et le figuier. Avranches se distingue par ses établissements d'horticulture.

 

En 1876, les habitants ont récolté 1,458,476 hectolitres de froment, 85,595 de méteil, 52,256 de seigle, 1,014,662 d'orge, 427,561 de sarrasin, 484,565 d'avoine, 685,854 de pommes de terre, 72,401 de légumes secs, 565,572 de betteraves, 15,995 de graines de colza (59,580 kilogrammes d'huile), 8,758 quintaux de chanvre et 22,150 de lin (86,088 kilogrammes d'huile).

 

La Grande-Ile de Chausey, la seule du groupe qui soit habitée, offre de belles prairies, des champs de luzerne, des figuiers énormes, des myrtes, groupés autour du village. Ailleurs les plateaux des îlots que la mer n'atteint pas sont couverts d'un maigre gazon, au-dessus duquel les ajoncs, les roses pimprenelles, les genêts, les bruyères roses et le chardon roulant ou panicaut maritime étalent leurs touffes de fleurs multicolores.

 

A l’exceplion de celles de Lande-Pourrie (commune de Ger), de Gavray et deBncquebec, le département a peu de forêts (354 hectares seulement appartiennent à l'Etat) ; mais les haies qui entourent les champs fournissent de beaux arbres, convertis en bois de construction, principalement pour la marine. Les essences dominantes sont le chêne, l'orme et le hêtre ; viennent ensuite le tremble, le peuplier, le noyer et le châtaignier (dans le sud).

 

Le département ofl're encore une assez grande étendue de terres incultes : dunes, marais, grèves, miellés et landes. Mais on a entrepris de conquérir sur la mer une portion de la baie des Veys (polders de Brévands) et de la baie du Mont-Saint-Michel ; ici des travaux considérables ont été déjà exécutés pour rendre les sables propres à la culture. Des digues ont été commencées entre la pointe avancée de la chapelle Sainte-Anne et celle de Rochetorin. Dans l'anse de Céaux, 100 hectares de lais de mer ont été transformés en terres cultivables produisant de là luzerne, du trèfle, des racines et du blé : c'est ce qu'on appelle le Polder-Saint-Michel. — Il existe une ferme-école à Martinvast.

 
         
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 Une ferme début 1900 CPA colllection LPM 1900

 
         
   

La manche en 1880