Alexandre Millerand
  PRESIDENTS DE LA REPUBLIQUE
   
 

12 -Alexandre Millerand  1920-1924

         
 

Alexandre Millerand, né à Paris le 10 février 1859 et mort à Versailles le 7 avril 1943, est un homme d'État français d'abord de tendance socialiste puis qui évolue à droite au fur et à mesure de son parcours ministériel. Il est surtout connu pour avoir été le premier socialiste (quoique indépendant) à entrer dans un gouvernement français.

 

Né à Paris en 1859, il est le fils de Jean-François Millerand, négociant en drap installé dans le quartier du Sentier, originaire de la Haute-Saône (Roche-sur-Vanon devenu Roche-et-Raucourt), et de Mélanie Caen (née en 1835).

Licencié en droit, il s'inscrit au barreau de Paris en 1881 et devient un avocat d'affaires important. Il entame parallèlement une carrière de journaliste - il collabore notamment au journal de Clemenceau, La Justice - et une carrière d'homme politique.

Il épouse le 26 octobre 1898 à la mairie du 9e arrondissement de Paris, Jeanne Levayer, fille d'un marchand de bois de la Sarthe. Ils auront quatre enfants :

 

 

- Jean, né en 1899 et mort en 1972, industriel (marié à Andrée Lebert, fille d'Albert Lebert, banquier) ;
- Alice, née en 1902 et morte en 1980, resta célibataire ;
- Jacques, né en 1904 et mort en 1979, avocat, puis magistrat (marié à Miquette Lazard, fille de Christian Lazard, associé de la banque Lazard) ;
- Marthe, née en 1909 et morte en 1975 (mariée à Jean-Paul Alfassa, docteur en droit, petit-fils d'Eugène d'Eichthal).

 

Socialiste

 

Élu député de la Seine en 1885, il siège à l'extrême gauche. Il est réélu sans interruption jusqu'en 1919. Il fait signer les « décrets Millerand » qui règlementent et réduisent le temps de travail tout en

 

Alexandre Millerand

12éme président de la République

Parti politique

Sans étiquette durant sa présidence
(auparavant : socialiste indépendant et PRS ;
après : LRN)

Élu le

23 septembre 1920

Fin du mandat

11 juin 1924

République

III e République

Constitution

Lois constitutionnelles

de 1875

Prédécesseur

Georges Clemenceau

Successeur

Georges Leygues

Naissance

10 février 1859

Paris (10e)

Décès

7 avril 1943 (à 84 ans)

Versailles, Seine-et-Oise

Nature du décès

Maladie de Parkinson

 
 

garantissant un temps de repos hebdomadaire. Il préconise en 1892 la nationalisation de toutes les mines.

 

Son entrée au gouvernement de Défense républicaine de Pierre Waldeck-Rousseau en 1899, en pleine affaire Dreyfus, aux côtés du général Galliffet, suscite la désapprobation de très nombreux socialistes, dont Jules Guesde et Rosa Luxemburg. Jaurès, ainsi que le radical-socialiste Clemenceau, le soutiennent toutefois.

 

Droite

 

Il devient patriote à partir de 1914, et créa la Fédération des gauches puis la Ligue républicaine nationale, sa carrière politique culmine en 1920, d'abord avec sa nomination comme président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, puis par son élection à la présidence de la République le 23 septembre, après la démission de Paul Deschanel dont il assura d'abord l'intérim à la tête du Gouvernement (du 21 au 23 septembre 1920).

 

Mandats parlementaires

 

- 1885 - 1919 : député de la Seine
- 1925 - 1927 : sénateur de la Seine
- 1927 - 1943 : sénateur de l'Orne

 

Fonctions ministérielles

 

- Ministre du Commerce, de l'Industrie et des Postes et Télégraphes dans le gouvernement Pierre Waldeck-Rousseau du 22 juin  1899 au 7 juin 1902
- Ministre des Travaux publics et des Postes et Télégraphes dans le gouvernement Aristide Briand du 24 juillet 1909 au 3 novembre 1910
- Ministre de la Guerre dans le gouvernement Raymond Poincaré du 14 janvier 1912 au 12 janvier 1913
- Ministre de la Guerre dans le gouvernement René Viviani du 26 août 1914 au 29 octobre 1915
- Président du Conseil, gouvernement Alexandre Millerand du 20 janvier 1920 au 18 février 1920
- Président du Conseil, gouvernement Alexandre Millerand du 18 février 1920 au 24 septembre 1920

 

Président de la République

Alexandre Millerand, qui était le président du Conseil de Paul Deschanel, lui succède le 23 septembre 1920 en obtenant de l'Assemblée nationale (le Sénat et la Chambre des députés réunis) 695 suffrages sur 892 voix. Le président de la République connaît des relations difficiles avec les présidents du Conseil en raison de son intention d'appliquer la Constitution à la lettre et qui de fait donne une importance réelle au chef de l'État. Il se heurte au refus du président du Conseil, Raymond Poincaré, de soumettre une réforme de la Constitution en 1923. Mais c'est avec le président du Conseil Aristide Briand que les relations sont les plus difficiles car Briand voulait tendre la main à l'Allemagne alors qu'Alexandre Millerand était pour une politique de fermeté, au sujet des réparations notamment.

Alexandre Millerand s'engage dans la politique intérieure notamment dans son discours d'Évreux en 1923, dans lequel il témoigne son attachement à la majorité sortante. Le Cartel des gauches, qui gagne les élections législatives de1924, le lui reproche et demande sa démission. Dans un premier temps, Alexandre Millerand refuse car rien ne l'y oblige. Par provocation, il charge même un député de droite, ministre des Finances du gouvernement Poincaré, Frédéric François-Marsal, de former le nouveau gouvernement. La Chambre des députés lui refuse sa confiance.

La droite nationaliste propose à Millerand de faire un coup d'État mais il s'y refuse

 
         
 

Il présente alors sa démission dans une lettre aux deux Chambres avec ces mots simples : « Monsieur le Président [du Sénat], j'ai l'honneur de vous présenter ma démission de Président de la République ».

 

Dix mois plus tard, Alexandre Millerand est élu sénateur de la Seine puis de l'Orne jusqu'en avril 1943.

Le 10 juillet 1940, il ne prend pas part au vote entraînant l'investiture du maréchal Pétain à la présidence du Conseil, étant affaibli et âgé de 81 ans à cette date.

Il décède à son domicile, rue Mansart à Versailles, le 7 avril 1943.

 

Décorations

 

- Grand-croix de la Légion d'honneur en 1920 en tant que président de la République.
- Grand-Maître de la Légion d'honneur de 1920 à 1924

 
 
         
 

Jeanne Millerand

 

Jeanne Millerand, née Jeanne Victoire Julienne Marie Levayer le 7 avril 1864 au Mans (Sarthe) et morte le 23 octobre 1950 à Versailles, est l'épouse d'Alexandre Millerand, douzième président de la République française du 23 septembre 1920 au 11 juin 1924

 

Jeanne Levayer épouse après quinze ans de vie commune Alexandre Millerand. Le couple a une relation quasi fusionelle.

 
         
 

Jeanne Millerrand a une certaine classe et se plaît à être l'intendante du palais de l'Élysée. Après une réception, la reine de Roumanie Marie de Saxe-Cobourg-Gotha confie au chef du protocole : « Mais c'est une reine que vous avez là ! »

 

La première dame n'en est pas moins une femme discrète fuyant les mondanités, qui préfère élever ses quatre enfants aux soirées du palais. Elle autorise ainsi les musiques nouvellement en vogue, mais proscrit le tango et le shimmy.

 

Apparence

 

Jeanne Millerrand ne suit pas l'airnovateur du temps, qui voit fleurir en France des couturiers de renom international comme Gabrielle Chanel ou Jeanne Lanvin. Elle préfère le style d'antan, c'est-à-dire la robe longue à corset, les ombrelles et les lourds chapeaux fleuris.

 

Sa préférence va au velours pesant et aux soies bruissantes alors que Cécile Sorel, Valentine Hugo, Mistinguett, Nathalie Paley et Ida Rubinstein imposent la mode des tricots, des jerseys, des robes chemises aux manches brèves.

 
 

Jeanne Millerand

 
         
   

 

 

 

 

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