CC 08.04 Hérenguerville Manoir 2
  HERENGUERVILLE
   CC 08.04 du canton de MONTMARTIN SUR MER
   
  LE MANOIR  -2/2
         
 

Nouveau manoir d'époque Restauration, construit par le capitaine Lefebvre

 
     
 

Un cénacle d'alchimistes

 

Pendant qu’ils furent privés de leurs fiefs coutançais, les Grosparmy sont devenus barons de Flers. Or leur nom est associé à la plus grande affaire d’Alchimie après celle de Nico-las Flamel : le Cénacle de Flers. Ils ont notamment rédigé deux manuscrits fondamentaux. L’un d’eux se trouve à la bibliothèque de Rennes. Pierre de Mascarel, marquis de Bois-Geffroy, en héritera au XVIIe siècle. Il est un ancêtre direct des actuels propriétaires du vieux manoir, qui se rattachent par plusieurs souches aux Grosparmy.

 

Sur une fenêtre de la façade orientale du vieux manoir, la sculpture d’une tête d’alchimiste vient d’être mise à jour.

 
         
 

Berceau du protestantisme bas-normand

 

Un siècle plus tard, un mariage fait entrer la seigneurie d’Hérenguerville dans la famille Le Cointe, qui détient déjà plusieurs fiefs voisins à Quettreville et Annoville. Dans les archives de Calvin, la première lettre écrite par un pasteur en mission dans la région de Coutances est datée d’Hérenguerville (20 juin 1561) ; année qui vit Montgomery lancer, de Ducey, sa sédition protestante, avec l’aide de quelques gentilshommes locaux. Cela fait déjà quelques années que Jacques Le Cointe, seigneur d’Hé-renguerville, est calviniste. Sa fille Ursine et son gendre Julien Davy du Perron ne cesseront de fuir la répression.

 

Pourtant Ursine sera la mère du plus brillant opposant aux thèses de la Réforme : le cardinal du Perron, célèbre poète proche de Ronsard et à qui le roi Henri IV attribuera sa conversion. Du Perron a passé une partie de son enfance au Manoir d’Hérenguerville

 

Au temps des comtes de Berenger

 

En avril 1627, Judith d’Hérenguerville apporte en mariage le Manoir à son époux Marc-Antoine de Berenger, d’une puissante famille protestante de la région d’Argentan. Elle sera la dernière à résider au Manoir, ses enfants lui préférant celui de Montaigu (également à Hérenguerville) qui venait aussi de son côté.

 

Leur petit-fils Jacques-Jean de Berenger abjurera l’hérésie en 1691 et fera un mariage très catholique, devant le chanoine Blouet de Camilly, à Coutances, fils spirituel de saint Jean Eudes.

 

En 1712, il laisse le Manoir en " fermage et louage " à Jacques Mesnil de la Hamolinière. Le bail décrit le Manoir "en total état de ruines", à restaurer "avant la Saint-Jean", son colombier (pour six douzaines de pigeons), son portail, son pressoir, les bois d’ajoncs qui l’entourent, le verger de pommiers…

 

Ayant émigré en 1792, les Berenger, châte-lains de Trelly, par mariage (toujours dans leur descendance), voient le Manoir vendu comme Bien National, en Pluviose, An II (1794), à leur fermier Guillaume de la Lande.

 

Manoir et dépendances...

 

Un capitaine en retraite de l’Armée napoléo-nienne, Jean-François Lefebvre, héros de Ma-rengo et de la Grande Armée, rachète le Ma-noir en 1814. Il édifie une nouvelle maison, élégante, et abandonne l’ancien manoir à un usage de dépendances agricoles. Il n'aura qu'un fils, Théophile, époux d'Anastasie Va-det.

 

Le 15 mai 1915, à la mort de son petit-fils Ga-briel Lefebvre, le partage des biens de ce der-nier sera fait entre ses deux filles, Gabrielle et Yvette. Gabrielle reçut la maison du capitaine Lefebvre et Yvette, épouse de Marcel Vadet hérita du Vieux Manoir, de l'étang, de l'an-cienne Avenue et des prés attenants. Mme Vadet en est restée propriétaire jusqu'en 1989.

 

En 1963, après avoir été inhabité pendant plus de deux siècles, le Vieux Manoir fut alors louée par Mme Vadet à un ménage d'agricul-teur, Michel et Thérèse Burnel qui y habitè-rent en famille, jusqu'à leur retraite.

 

C'est alors que, le 30 juin 1989, Yvette Lefe-bvre choisit de vendre le Vieux Manoir à son petit-neveu Jean-Marie Quesnel pour lui per-mettre de s'installer. Mais ce dernier sera victime d'un accident mortel en septembre 1992.

 

En août 1995, le Vieux Manoir fut alors revendu par ses héritiers, sa jeune veuve d'origine irlandaise, ses parents et frères, à Jean-Luc Lebel, de Roncey, lequel le revendra à la famille Dumas de Mascarel, en octobre 2000.

 

Sculpture d’une tête d’alchimiste© BDM

 


Portrait du Cardinal du Perron

© Coll. Dumas de Mascarel

 

 

Jacques Blouet de Camilly, premier supérieur général des Eudistes. © BDM. Coll. part

 
         
 

De son côté, Gabrielle Lefebvre transmit le manoir Restauration, édifié par le capitaine de la Grande Armée, à son fils Théophile Ques-nel, personnalité du monde agricole français et qui fut maire d'Hérenguerville comme son grand-père.

 

Plusieurs liens généalogiques rattachent Ber-trand Dumas de Mascarel et son épouse Ca-therine de Rivière aux Grosparmy d'Héren-guerville. Depuis l'an 2000, ils entreprennent d’importants travaux de restauration pour re-donner au Vieux Manoir son aspect d’origine, notamment avec des couvertures en chaume, sa ceinture de douves en eau et la protection du milieu naturel de l'étang et des prés.

 
         
   

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