CC 14.06 Digulleville G. de Digulleville
  DIGULLEVILLE
 

CC 14.06 DE LA HAGUE

   
  GUILLAUME DE DIGULEVILLE
         
 

Sa vie – (1295 - vers 1380) 

René Herval – Dictionnaire des lettres françaises

Moyen–Àge – Fayard – 1964


Fils d'un certain Thomas de Digulleville, il est né à Digulleville vers 1295. Il se dit « de noble et franc lignage ». Mais on n'a aucune trace dans l'histoire locale de cette seigneurie. Sa vie, de sa naissance jusqu'à sa mort, est presque inconnue.

 

Il se fait moine cistercien à 21 ans, vers 1315, et il entra à l'abbaye royale de Châalis, dans la forêt d' Ermenonville, l'une des plus importantes et des plus riches de France, dotée d'une des plus magnifiques bibliothèques de l'époque. Il en devint  le prieur et il y mourra fort âgé, après 1380.

 
       
 

Son époque

 

La Guerre de Cent Ans débute en 1329 et la Peste Noire date de 1348 : la vie et l'oeuvre de Guillaume de Digulleville s'inscrit donc dans un moment très sombre de l'histoire de France et d'Europe.

 

La pensée des hommes est profondément influencée par la religion, et la question de l'au-delà en particulier est une source inépuisable d'écrits.

 

Peu de temps avant lui, deux romans avaient  marqué les esprits

 

Le Roman de la Rose, de Guillaume de Lorris, paru en 1237. Il s'agit d'une allégorie de l'amour courtois, où les vertus et les faiblesses, mais aussi les forces sociales s'opposant à l'amour sont décrites sous des formes humaines (Vilenie, Convoitise, Envie, Tristesse, etc.),


La Divine Comédie, de Dante Alighieri, parue entre 1307 et 1320, décrit la descente aux Enfers du poète, son passage par le Purgatoire, et enfin son accession au Paradis.

 

Il ne semble pas que Guillaume ait eu connaissance de la Divine Comédie, même si la structure de son oeuvre pourrait le laisser penser. Par contre, Guillaume connaissait fort bien le Roman de la Rose qu'il appelait le roman de la luxure.

 

Son œuvre

 

Guillaume de Digulleville s'est rendu célèbre par Les Pèlerinages, 3 longs poèmes de plus de 30 000 vers, ainsi qu'un long poème allégorique, le Roman de la Fleur de lys.

 

Il est un des écrivains majeurs du Moyen – Âge, et son œuvre fut traduite dans de nombreuses langues. Après un long oubli, Guillaume de Digulleville a été redécouvert ces dernières années et son étude intéresse de plus en plus de monde.

 

Le Pélerinage de la Vie Humaine


L'œuvre, de 13 540 vers, décrit comment, après la lecture du Roman de la Rose, Guillaume, dans une vision, fait un pèlerinage spirituel vers Jérusalem. C'est d'ailleurs un anti-Roman de la Rose, qu'il appelait le roman de la Luxure.

 

Pèlerinage de la Vie Humaine


Pèlerinage de l'Âme

 

Pèlerinage de l'Âme

 
         
 

L’histoire de l'œuvre est curieuse : il dut l'écrire deux fois, l'original ayant été volé. Mais c’est la première rédaction, de 1330-31, reniée pour son imperfection, et non la seconde, de 1335, qui s’est largement diffusée

 

"Sur son chemin, Guillaume rencontrera divers personnages, parmi lesquels, et dès le départ, une femme vêtue d'une longue robe et couronnée : Grâce de Dieu. Elle l'assistera tout au long du pèlerinage, en lui remettant des armes qui lui permettront de triompher des difficultés ...

 

Cette femme, à la fois idéale et irréelle, mystique et envoûtante, est issue de l'amour courtois

 
         
 

Pélerinage de la Vie Humaine

 
         
 

Le pèlerinage de l'Âme

 

Le Pèlerinage de l'Âme, 11 160 vers, écrit entre 1355-58, est sans doute l'œuvre maîtresse de Guillaume de Digulleville. C'est aussi l'ouvrage qui présente le plus d'analogies avec la Divine Comédie. 

 

Il décrit un voyage au cours duquel le pèlerin est amené à descendre aux Enfers, avant d’aller au Purgatoire et de parvenir enfin au Paradis.

 

Séparée du corps, l'âme du Pèlerin comparaît devant le Tribunal Suprême, puis visite toutes les places sur terre où il a pêché, le cimetière où pourrit son corps,  puis parcourt, pendant mille ans, l'Enfer, le Purgatoire pour atteindre enfin le Ciel.

 

Chaque étape présente des scènes horrifiantes ou édifiantes, destinées à corriger l'âme pécheresse mais repentante

 

 


 

Le pèlerinage de l'Âme Pélerin reposant

 
         
 

Le Roman de la Fleur de Lys


Écrit avant les Pèlerinages, en 1338, c'est une œuvre différente où Guillaume de Digulleville s'inscrit dans son temps. Au début de la Guerre de Cent Ans, il explique les origines et le symbolisme du blason de France, avec ses fleurs de lys. Et il apporte très clairement son soutien à la dynastie des Valois contre les prétentions anglaises.

 

Le Roman de la Fleur de Lys est une œuvre rare. On connaît 75 manuscrits des Pèlerinages, ornés souvent de miniatures.

 

Mais seulement deux exemplaires du Roman de la Fleur de Lys sont connus dans le monde.

 
     
 

Le pèlerinage de l'Âme Pèlerin et son ange gardien

 
         
   

Communes de la manche