CC 26.10 Saint-Hilaire Foire Saint-Martin

SAINT-HILAIRE-DU-HARCOUET
  CC 26.10 SAINT-HILAIRE-DU-HARCOUET
   
  FOIRE SAINT-MARTIN
         
 

Foire Saint-Martin CPA collection LPM 1900

 
 
 
 

ASSOCIATION des FOIRES MILLENAIRES de le MANCHE.

FOIRE ST MARTIN DES ORIGINES

 

Quand le folklore s’en mêle, le fumet des galettes-saucisses se prêtant tout à fait à l’image que l’on se fait de la cohue médiévale, la Saint Martin se pare donc de cette aura de foire « immémoriale » comme la Sainte Croix de Lessay et tant d’autres. A y regarder de plus près, on se rend compte qu’en 1263 – Saint Hilaire, rappelons-le, ayant été fondé par une charte officielle de 1083 – il n’y avait ici qu’une seule foire, la Saint Aubin fêtée qui plus est, le 1er mars. Depuis 1180 le lépreux de la Richardière recevaient d’ailleurs 4 sols sur la dime de cette foire qui devait donc être assez peu importance.

Or, il faut attendre 1323 ; et un procès entre le seigneur du lieu et les moines du Prieuré pour voir apparaitre pour la première fois officiellement le terme de « Saint martin d’hiver », foire qui était sans doute de fondation récente. Il n’est d’ailleurs pas innocent de constater que cette période correspond à celle de relative stabilité qui précéda la guerre de Cent ans, d ‘une France en formation encore prospère, celle des grandes foires d’Ile-de-France, celle des cathédrales.

 

C’est Victor Castebois, l’historien du Mortanais et de Martigny dont il est originaire qui, le premier a soulevé le lièvre d’une grande foire qui se serait d’abord tenue à la croix de la Laicherie qui se trouve à l’intersection du chemin montois ( ou route du Pointon à Isigny, c’est en fait l’ancienne route de Brunefaut) et du chemin de Saint-Hilaire à Cuves, important doyenné tout au long du Moyen Age puisque c’est là qu’on y tint les synodes diocésains quand la peste sévit à Avranches au XVIIe. Il releva l’altération avec le temps de « lècherie » en « laicherie » faisant confondre la « laiche » plante des bas-fonds humides avec « lècheries » beuveries coutumières des grandes assemblées patronales. A noter encore que Saint- Martin est le patron de Martigny et que Saint Hilaire était le disciple de l’évêque de Tours. « Hilaire aurait donc volé sa foire à son maitre » notait avec humour l’historien du XIXe « désormais ils sont malgré tout meilleurs amis du monde au Paradis, comme leurs fidèles des deux paroisses le sont pour se rendre ensemble à la fameuse foire ».

Ce « transfert » de la Saint-Martin, logique dans sa paroisse de Martigny, à Saint Hilaire ville alors en plein développement, est fort probable car il y eut de nombreux précédents. A Saint James, qui « capta » les foires de Saint Benoit et peut être de la Croix avranchin, et à Pontorson, celle de Boucey. Il s’agissait de paroisses « neuves », boostées par le pouvoir ducal ou royal (après 1204), parce qu’elles étaient des postes frontières importants. Comme nos modernes « villes nouvelles » elles bénéficiaient de toutes sortes d’aides et exemptions pour y attirer les bourgeois, et il n’est pas étonnant qu’elles aient vite pris le pas sur leurs voisines de plus ancienne origine.


Saint-Hilaire bénéficia assurément de cette dynamique, se situant de surcroit au carrefour de plusieurs routes, certes mauvaises, mais très fréquentées. En 1750 on y nota, sans doute à cause de ces mouvements et de l’importance de ses foires et marchés, un fort accroissement de population que n’explique pas le nombre très réduit cependant (32) d’artisans.

 

Autre indice de ‘importance des mercuriales, l’imposition des titulaires de la coutume qui étaient les plus fortes (90 livres), de l’élection de Mortain, à comparer avec les 30 de Brécey ou les 12 d’Isigny. La Révolution accentua le développement des foires dans la mesure ou cette décennie avait grandement perturbé l’ordonnancement des campagnes : incessants mouvements de troupes dans l’Ouest, dégâts de toutes sortes, insécurité générale. Tout était à réorganiser, les préfets de l’Empire s’y attelèrent au moment où le Bocage « verdit », le labour cédant la place à l’herbe, et ou la province se couvrit littéralement de foires et de mercuriales. Un âge d’or qui se situe entre 1800 et 1860 et culmine après la guerre de 1870 et l’époque de la fermière normande en coiffe « triomphale ». C’est la période ou l’urbanisation de la ville à dépasser le périmètre médiéval pour s’étendre vers l’Est. Sur le canton i y a 10 foires locales, celles d’automne dominant du fait de la plus grande quantité de produits destinés à la vente : volailles, lait, beurre, laine, cire, filasse. Mais en 1855 la Saint Denis de Romagny, selon les préfets est encore en tête avec la Saint Anne de Buais, devant Saint-Hilaire, et Isigny qui talonne pas loin derrière. On remarquera que hormis Romagny, les autres ont quasi disparu. La guerre de 14 et sa terrible saignée pour toute une génération de ruraux sonna le déclin de cette guirlande annuelle de mercuriales sans fin : les marchés se maintinrent tant bien que mal, de même que les « grosses » foires, écrémant les petites tombant peu à peu en désuétude.

Saint-Hilaire continua « d’aspirer » autour, d’autant que la ville poursuivit son train soutenu de renforcement démographique : 1600 habitants en 1789… 4000 en 1856. En 1871, Hyppolite Sauvage pouvait alors affirmer « nulle localité de la contrée ne peut lui disputer le premier rang désormais ».


Curieusement, en 1898, les conseillers municipaux lui reprochant d’être trop vieille et trop tardive, tentèrent de substituer à la Saint Martin une foire de juin de deux jours sans patronage céleste, sous le soleil et les fleurs printanières. Mais la protestation fut prompte, énergique et générale, et on se contenta d’un gros marché de la mi-juin. Est-ce en souvenir de ces projets ensoleillés que quand il fait beau en novembre ont taxe la période de « l’été de la Saint Martin

 
     
 

Foire Saint-Martin CPA collection LPM 1900

 
 
 
 
 
     
   

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