Chasse-marée de Douarnenez
  QUELQUES VOILES                                                   5/10
  CHASSE-MAREE DE DOUARNENEZ
         
 

Le terme chasse-marée désigne initialement un métier. Il évoquait les mareyeurs qui acheminaient les produits de la pêche vers leurs lieux de consommation. On retrouve déjà ce nom dès 1350 dans une ordonnance rendue par Jean II « en faveur des Chasses-marées contre les pourvoyeurs des maisons du Roi, de la Reine et des princes qui arrêtaient ces forains, qui prenaient le poisson destiné à Paris »

 

Au début du XVIIIe siècle, chasse-marée désigne, sur la côte Atlantique de la Bretagne, une grande chaloupe de pêche gréée en lougre.

 

Ce bateau était très rapide. Ainsi, il permettait de transporter très rapidement la sardine depuis son lieu de pêche jusqu'aux cités portuaires entre Nantes et Bordeaux. Pour faciliter la conservation le poisson était légèrement salé.

 

L'apparition, puis la généralisation des conserveries a fait petit à petit décliner cette activité, à la fin du XIXe siècle.

 

A partir du milieu du XVIIIe, les bateaux de ce type commencent à grandir et à se livrer toute l'année au transport. Grâce à leurs qualités de marche, ils détrônent bientôt pour le cabotage la plupart des unités à voiles carrées de type plus ancien et de formes plus lourdes. Une partie des marins pêcheurs du Morbihan qui armaient les premières chaloupes se spécialisent désormais dans ce métier.

 

Dessin de H. Kérisit.

le chasse-marée , Douarnenez

 

   

Caractéristiques :

Longueur : 15 à 25 mètres

Longueur coque: 18 mètres

Largeur : coque large

Tirant d’eau : 2,50 mètres

Déplacement : 71,60 tonnes

Jauge:  entre 10 et 12  tonneaux

Surface de voilure :  260 M2 environ

Equipage : 3 marins.

 
   

Transport : transporter très rapidement la sardine depuis son lieu de pêche jusqu'aux cités portuaires entre Nantes et Bordeaux.

 
   

Gréement : Lougre trois mâts gréant misaine, grand voile et tapecul au tiers

 
 
         
 

Vers 1870, il existe sur toute la côte atlantique des centaines de "chasse-marée" de 10 à 18 m de long (les plus grands ont un tapecul et un hunier). Ils gardent en gros leurs formes d'origine (cul rond, étrave arrondie) et sont connus exclusivement sous le nom de "chasse-marée" bien que les plus grands ne pratiquent plus ce métier et vont jusqu'en Baltique et parfois aux Antilles.

 

Qu'appelait-on Lougre ?

 

On appelle en Manche, lougre un bateau à trois mâts gréant misaine, grand voile et tapecul au tiers, s'y ajoutent un hunier et un foc. La plupart de ces bâtiments longs de 15 à 25 m sont légers (souvent construits en clins) et survoilés. Il s'agit surtout de bateaux, de transport rapide (contrebande), de course, ou de guerre, même si les lougres caboteurs apparaissent à la fin du siècle

 

L'apogée des Lougres

 

Vers le début du XIXe, une fusion se produit entre le type des lougres de cabotage de la Manche et celui des gros "chasse-marée" à cul rond d'Atlantique. Un caboteur à voiles au tiers presque standard, au même titre que les bricks, goélettes, etc, apparaît sur toutes les côtes de France, de Bayonne à Boulogne; certains de ces caboteurs sont parfois appelés bisquine (de cabotage) en Normandie mais en fait il s'agit du même type de bateau, qui presque partout est désormais qualifié de lougre.  C'est semble-t-il l'administration maritime qui a imposé ce terme.

 

Le lougre caboteur du XIXe qui peut aller de 14 à 23 m, se caractérise par son arrière à voûte, et peut-être un grand mât plus vertical. En Bretagne sud, la terminologie est encore un peu hésitante dans la deuxième partie du XIXe siècle puisque l'Amiral Paris parle encore d'un "chasse-marée" à arrière carré du Pouliguen. Par la suite, les choses deviennent plus claires et on ne parle plus que de lougre pour désigner les gros caboteurs à voile au tiers, y compris en Bretagne Sud.

 
     
 

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Quelques voiles