Codos et Rossi
  CONQUÊTE DE L’AIR
   
  CODOS & ROSSI
   
         
 
 
 

 

     
 
 
 

Paul Codos 1896-1960

Maurice Rossi 1901-1966

 

Codos et Rossi d'apres
http://fandavion.free.fr/

Illustration CPA collection LPM 1900

 

DEUX GRANDS NOMS ET UNE CARRIÈRE

 

Pilotes de grands raids et aviateurs complets, Paul Codos et Maurice Rossi furent les premiers à franchir l'Atlantique Nord dans les deux sens.

 

Fils d'un exploitant forestier, Maurice Rossi naquit le 24 avril 1901 à Laverdure (Algérie). S'étant engagé dans l'artillerie en 1918, il passa dans l'aviation et fut breveté pilote à Istres l'année suivante.

 

Affecté à Oran, puis en Syrie, et enfin, en 1924, à l'Entrepôt spécial d'aviation n° 1 de Villacoublay, le sergent-pilote convoyeur Rossi résolut d'être pilote de raids. Ambitieux, volontaire, il mit tout en oeuvre pour y parvenir, travaillant ferme pour devenir « pilote complet ». Il sut, à l'occasion, exploiter habilement l'influence de ses amis pour se faire ouvrir certaines portes.

 

 
         
 

Breveté mécanicien avion, l'adjudant Rossi sortit de l'anonymat avec un vol sans escale de 1 750 km effectué le 20 avril 1927, sur un monomoteur Potez 25, avec le capitaine Dévé, professeur de navigation à l'école d'élèves-officiers de Versailles.

 

Pilote de raids

 

Rossi s'entraîna au vol de nuit et au vol aux instruments, fit un stage de pilotage sans visibilité. Plus tard, il s'initia au morse et apprit à faire le point.

 

Il se lia avec Joseph Le Brix, avec lequel il tenta en 1929 de joindre Paris à Saigon en quatre étapes avec le Potez 34 F-AJHU. En pleine nuit, l'équipage dut sauter en parachute au-dessus de la jungle birmane. Blessé, Rossi fut fait chevalier de la Légion d'honneur.

 

Le Brix conseilla à Lucien Bossoutrot, chef pilote chez Blériot, de s'adjoindre Rossi comme second pilote navigateur de l'avion de raids Blériot 110 F-ALCC. Agréé par le constructeur, il fut mis en congé des forces aériennes.

 

Entre novembre 1930 et mars 1932, Bossoutrot et Rossi tentèrent à huit reprises de battre le record du monde de distance en ligne droite en circuit fermé, et se l'adjugèrent deux fois : en 1931, en parcourant, du 26 février au ler mars, 8 822 km en 75 heures 23 minutes à Oran; l'année suivante, du 23 au 26 mars, en franchissant une distance de 10 601 km en 76 heures 34 minutes, toujours à Oran.

 

De mauvaises conditions atmosphériques ou des incidents mécaniques interrompirent les autres tentatives après plusieurs dizaines d'heures de vol (67, 27, 56, 57, 61 et 44 heures). C'est en 1933 seulement que fut enfin levée l'interdiction ministérielle de toute tentative contre le record en ligne droite, intervenue en 1931 après la chute de deux Dewoitine D-33 « Trait d'union ».

 
 

 

 
 

Le 10 février, Bossoutrot et Rossi s'envolèrent d'Istres pour Buenos Aires, mais durent se poser à Casablanca à la suite d'une fuite d'eau au niveau du circuit de refroidissement. La carrière du Blériot 110, baptisé Joseph Le Brix en hommage au navigateur disparu sur l'un des D-33, parut alors irrémédiablement compromise : Blériot ne pouvait plus assumer le financement de nouveaux raids.

De plus, Bossoutrot allait être occupé durant plusieurs mois à la mise au point de l'hydravion transatlantique quadrimoteur Blériot 5190 Santos-Dumont. A la suite d'une campagne de presse en faveur du Joseph Le Brix, le ministre de l'Air Pierre Cot consentit à avancer les fonds nécessaires à la remise en état de vol de l'appareil, ces fonds devant être toutefois retenus sur la prime de 1 million de francs promise à l'équipage français qui serait au 31 décembre 1933 détenteur du record du monde de distance en ligne droite. En outre, un pilote de grande valeur, recommandé par Costes fut choisi :

 
 
         
 

Paul Codos.

 

Né à Iviers (Aisne) le 1 er mai 1896, et ouvrier typographe de son état, ce dernier s'engagea le 8 septembre 1914 dans l'artillerie de campagne. En 1917, à sa septième demande, il fut versé dans l'aviation; breveté pilote le 20 juin 1918, il fut désigné comme moniteur à l'école de pilotage de Miramas.

 

De 1920 à 1924, il appartint à trois entreprises de transport aérien à l'existence éphémère dont, en 19211922, les Aérotransports du Midi (lignes Ernoul). Il y fit la connaissance de Dieudonné Costes, avec qui il se retrouva à Air Union, où il entra le 25 septembre 1924.

 

Affecté aux lignes Paris-Londres et Paris-Marseille, il devint ultérieurement chef pilote adjoint, puis, en 1938, inspecteur général d'Air France. Outre une expérience de treize ans de pilote de ligne, Codos présentait des « références » de pilote de records :

 

 
 
 
         
 

—   sur le Breguet 19 TR n° 3 Point d'interrogation, il avait battu, avec Costes, le record de distance en circuit fermé (8 029,440 km) à Istres du 15 au 17 décembre 1929, et cinq records internationaux de vitesse, de durée et de distance en circuit fermé avec charge de 500 kg et 1 000 kg ( janvier et février 1930, à Istres);

—   sur le Breguet 330 n° 01 F-AKEZ, il avait, en compagnie d'Henri Robida, couvert la distance Paris-Hanoi en sept jours ( janvier 1932).

 
 
     

 Blériot 110

 
 

Rossi devenait le chef de bord du nouvel équipage. Il secondait Codos pour le pilotage et assurait- la navigation et les liaisons par TSF.

 

Les conditions atmosphériques du moment incitèrent Rossi et Codos à prendre leur départ de New York en direction de l'Europe. Démonté, le Joseph Le Brix fut embarqué à bord du Champlain puis amené par chaland jusqu'à Floyd Bennet Field.

 
 
     
 

Le 5 août 1933 à l'aube, Codos arrachait les 9 500 kg du Blériot 110 par un léger vent de trois quarts arrière. L'avion vola presque constamment dans les nuages.

 

Il aborda la terre française à Cherbourg, survola Le Bourget à basse altitude, après 33 heures 40 minutes de vol, se fit contrôler à Munich et à l'île de Rhodes. Voulant éviter le risque d'un atterrissage en campagne en pleine nuit dans une région inconnue, l'équipage se posa à Rayak (Syrie), après avoir parcouru 9 104,700 km. Le record de Gayford et Nicholetts était battu de plus de 550 km. Rossi fut nommé lieutenant et officier de la Légion d'honneur.

 

En septembre 1933, le Blériot 110 était parmi les cinq appareils de la mission chargée, sous l'autorité de Pierre Cot, de présenter en U.R.S.S. l'aviation commerciale française. Muni de carénages de roues et d'ailerons compensés, le monoplan s'envola du Bourget le 27 mai 1934 à 5 heures pour San Francisco, soit un vol de près de 10 000 km.

 

L'envol fut particulièrement délicat : la Morée fut « sautée », la ligne de force évitée, mais l'appareil frôla au passage la cime d'arbres bordant l'extrémité du terrain. Commencée par beau temps, la traversée de l'océan se termina dans la crasse. La côte ouest des États-Unis ne put être atteinte : des vibrations de plus en plus violentes forcèrent Codos à atterrir à Floyd Bennet Field.

 

Ces vibrations provenaient de l'hélice, dont l'une des pales avait été endommagée par les arbres au départ du Bourget. Paris et New York avaient été reliés en 38 heures et 28 minutes (contre 37 heures 18 minutes pour Costes et Bellonte). Le Joseph Le Brix, qui totalisait un millier d'heures de vol, était l'unique avion au monde à avoir franchi l'Atlantique Nord dans les deux sens. Avant même son arrivée, le général Denain fit annoncer par radio à Rossi qu'il était promu capitaine et à Codos qu'il était fait commandeur de la Légion d'honneur.

 

Sachant que leur machine avait une autonomie de 12 000 km, Rossi et Codos quittèrent Istres le 16 janvier 1935 à 6 h 36 avec pour but Santiago du Chili. Dès le départ, la température de l'huile dépassa la normale sans affecter alors le fonctionnement du moteur. Pourtant, à l'aube du lendemain, une fuite d'huile dont l'importance faisait craindre le pire, fut découverte. Rossi lança un SOS. Faisant demi-tour, son fuselage couvert d'huile, l'avion fit route vers les îles du Cap Vert, distantes de 800 km.

 

Il atteignit Praia à 13 h 20. En trente heures de vol, 6 000 kilomètres avaient été parcourus. C'est l'usure de la pompe récupératrice d'huile qui était cause de l'échec. L'avion regagna Buc le 15 mars. Ce fut son dernier « raid ». En dépit d'un palmarès demeuré sans égal dans le monde, il était promis à la démolition...

 

 
 
 
     
 

Dernières performances

 

La retraite forcée du Blériot 110 entraîna la séparation des deux coéquipiers. Chacun d'entre eux devait se signaler par de nouveaux exploits dans les années qui suivirent. Rossi ajouta à son palmarès personnel :

 

 

— le record de vitesse sur 5 000 km, le 24 avril 1937 à Istres, sur le Caudron 640 « Typhon » F-AODR baptisé Louis Blériot, à 311,840 km/h;

— une participation à la course Istres-Damas-Paris sur le même appareil (mais avec abandon sur ennuis mécaniques, le 20 août 1937);

CODOS et ROSSI

— onze records de vitesse sans et avec charge su 1 000 km, 2 000 km et 5 000 km sur l'Amiot 370 prototype en compagnie d'André Vigroux, les 8 février 8 juin 1938;

—   sur le même avion, avec le radio Esmond, le recor de vitesse sur 10 000 km (Istres, 15 août 1939: 317,62 km/h).

     

De son côté, Paul Codos :

 

 

—   se classa cinquième à 294 km/h dans Istres-Damas Paris, avec Maurice Arnoux sur le Breguet « Fulgur F-APDY Raoul Ribière;

—   relia Paris à Santiago du Chili en 58 h 42 mn sur 1 Farman 2.231 n° 01 F-APUZ Chef pilote Laure, Guerrero, avec Reine, Gimié et Vauthier (21 novembre 1937);

—   effectua en octobre 1939 une reconnaissance au dessus de l'Atlantique Sud sur le Farman F-2.234-0 F-AQJM Camille Flammarion avec Guillaumet, Corne Néri et Cavaillès;

—   assura des liaisons France-Djibouti, de 1940 à 1942 sur le Latécoère 522-01 F-ARAP et l'Amiot 370-0 F-AREU Anne-Marie.

     
 
 

Paul Codos est décédé le 30 janvier 1960, et Maurice Rossi le 29 août 1966

 
         
 
AVION AMIOT 370 - APPAREIL DU COMMANDANT ROSSI
 
     
   

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