De 1970 à 2000
 

Grand trait de l’évolution de l’agriculture

en manche de 1789 à 2000                    - 6/6

     
 

Saint-Pair CPA collection LPM 1900

 
     
 

1970-2000 : le développement

 

1970 est l’année dans la Manche où les surfaces en herbe attei-gnent leur maximum dans l’histoire : 456 100 ha. A l’inverse, les surfaces labourables sont à leur minimum en 1972 : 71 800 ha. C’est la suprématie totale de l’élevage bovin, notamment à vocation laitière.

 

Les années 1970 voient, en dépit de la crise pétrolière de 1974, le département moderniser son agriculture. Le nombre de tracteurs dépasse les 30 000 à la fin de la décennie. De 4 000 en 1970, les machines à traire dépassent les 12 000 en 1980.

 

En matière de mécanisation, la progression est importante : des herses nouvelles permettent de travailler le sol plus en profondeur, les faucheuses rotatives apparaissent. De même, les pulvérisateurs permettent l’épandage des produits phyto-sanitaires. Les épandeurs de fumier font aussi leur apparition. En outre, la mise en commun du matériel d’exploitation se développe. Ainsi, les CUMA passent de 66 à 122. De même, les exploitations, pour être plus performantes, se regroupent. Les GAEC (Groupement Agricole d’Exploitation en Commun) passent de 27 en 1972 à 220 en 1980. C’est un bouleversement des méthodes de travail.

 

Les exploitants essaient aussi de se diversifier. On assiste notamment à un développement du tourisme vert. Le nombre de gîtes ruraux passe ainsi de 74 en 1972 à 602 en 1981.

 

Les années 80 seront marquées par la mise en place des quotas laitiers, en 1984. Face aux excédents en produits laitiers, la communauté européenne décide de limiter la production en instaurant une référence de production à chaque producteur.

 

Celle-ci correspond à sa production de l’année 1983 moins 2 %. Le dépassement de cette référence de production est sanctionnée par des pénalités.

 

C’est un véritable électro-choc dans le monde paysan qui a toujours vu dans la production laitière un revenu régulier et qui, dans de nombreux cas, s’est endetté pour constituer son troupeau et acquérir du matériel et des bâtiments.

 

Le nombre de vaches laitières déclinera par la suite (il atteint un record de 432 000 en1984), mais la Manche conservera sa première place au niveau national.

 

Les années 90 s’illustrent par la réforme de la Politique Agricole Commune avec la revalorisation des aides aux productions animales et la mise en place d’un volet agrienvironnemental d’accompagnement. Dans la Manche, cette aide a concerné en particulier les agriculteurs des zones des marais du Cotentin. Cette période est marquée par une diversification agricole : augmentation de la production porcine, ovine et équine et une diminution des effectifs des vaches laitières de 19 % tandis que ceux des vaches allaitantes progressent de près de 30 000 têtes.

 

La dernière décennie du siècle est aussi marquée par une restructuration importante de l’agriculture professionnelle de la Manche en raison de la disparition de 40 % de ses exploitations. Sur les 19 280 exploitations, 5 400 unités de plus de 35 ha mettent en valeur 80 % de la surface agricole utile.

 
     
 

Blainville-Sur-Mer construction d'une pécherie CPA collection LPM 1900

 
     
 

L’exploitation moyenne a grossi de 16 ha durant cette période, passant de 26 à 42 ha.

 

Corollaire à l’augmentation de la productivité et de la taille des exploitations, la période 88-97 en particulier marque un changement important du paysage départemental. La prairie naturelle perd un quart de sa surface, les céréales progressent de 26 % (56 % pour le blé).

 

Le maïs fourrager, et c’est bien là le fait marquant, progresse de plus de 30 000 ha et recouvre en 2000 près d’un hectare sur cinq.

 

La fin du siècle est également marquée profondément par la maladie de la vache folle qui, dans la Manche, touche plusieurs troupeaux.

 

En matière sociale, cette décennie est également celle des pré- retraites pour les agriculteurs âgés de 55 à 59 ans ayant exercé leur activité à titre principal pendant les 15 dernières années. Ces derniers peuvent conserver une parcelle de subsistance d’une superficie égale au 5 ème de la surface minimale d’instal-lation. L’objectif est de libérer des terres pour favoriser l’instal-lation de jeunes agriculteurs.

 

En France et dans le monde, les années 90 auront défrayé la chronique avec les manipulations génétiques (clônage de la brebis Dolly) et les cultures d’aliments génétiquement modifiés . A mesure où les enjeux de qualité alimentaire deviennent planétaires, les consommateurs réagissent. En témoigne l’accroissement des produits de l’agriculture biologique et l’augmentation des producteurs. La Manche aussi se lance dans ce secteur, même si elle accuse un certain retard dans ce domaine.

 
     
 

Valognes jour de marché Place Vicq-d'Azur CPA collection LPM 1900

 
     
   

Agriculture en manche de 1789 à 2000