Gambetta & Spuller 1870
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GAMBETTA & SPULIER 1870

         
 

7 octobre 1870 - Gambetta quitte Paris en ballon

 

Suite à la prise de Paris par les Prussiens au mois de septembre, le gouvernement de défense national décide d'envoyer son ministre de l'intérieur, Léon Gambetta, à Tours afin d'organiser la résistance.

 

Pour ce faire, le fondateur de la IIIe république est obligé d'employer la voie des airs et quitte la capitale en ballon. Opposé à la capitulation, Gambetta s’envole en ballon de la butte Montmartre avec son assistant Spuller devant une foule ébahie et enthousiaste.

 

Le ballon est l'unique moyen des assiégés pour échapper au blocus.

 

Le ballon, de 16 mètres de diamètre, est gonflé au gaz d'éclairage. il en faut 1200m3. Gambetta veut monter dans la nacelle, mais Nadar le décourage : il n'y a pas un souffle de vent. L'opération est remise au lendemain.

 

Le 7 octobre, le départ est enfin possible. Le ballon monte jusqu'à cent mètres et attend le vent. Il faut un vent de nord pour que le balon aille vers Tours. Hélas, c'est un vent de sud-est qui se lève et le ballon file vers les lignes Prussiennes au nord de Paris !

   
         
 

Le Prussiens tirent sur le ballon. Il faut jeter du lest pour prendre de la hauteur et se mettre hors de portée des balles. Mais le vent tombe. Le ballon n'avance plus. Il perd peu à peu de l'altitude. De nouveau les balles crépitent. On passe au dessus de Beauvais. On rase la cime des arbres. On est parti à 10h30 de Montmartre. Il est 15h40. Le ballon s'échoue dans un chêne. La nacelle se coince dans les hautes branches. Gambetta crie « Vive la République », pensant être prêt à mourir. On lui répond: « Vive la France ».

 

C'est un miracle !

 

Ils sont sauvés par des paysans qui ont suivi des yeux la chute du ballon. On est dans l'Oise, à 68 km au nord de Paris. Il sort rapidement du bois, on lui prête une voiture rapide. Les ulhans se lancent à sa poursuite jusqu'à Montdidier. Il prend le train jusqu'à Amiens, change de train, gagne Rouen, et de là, toujours par chemin de fer, il arrive enfin à Tours. Le voyage aura finalement duré deux jours et trois heures!

 

Il rejoint la délégation de Tours composée d'Adolphe Crémieux, ministre de la justice, d'Alexandre Glais-Bizoin et de l'amiral Fourichon, ministre de la Marine et des Colonies.

 

Arrivé à tour, il ajoute le département de la guerre à son portefeuille, met sur pied des armées nouvelles, veille à l'encadrement et au ravitaillement des troupes, crée des manufactures…

 
         
   
         
   

Dans les airs