Guillaume d'Estouteville 32eme Abbé
 Les 49 Abbés du Mont Saint Michel

 

 Abbé Guillaume d'Estouteville

 1444-1483  32eme Abbé


Guillaume d'Estouteville, cardinal, supposé né après 1400, mort le 24 décembre 1483 à Rome, est un homme d'Église normand, trente-deuxième abbé du Mont Saint-Michel, de 1444 à 1483.

 

Originaire de Normandie, sa famille était l'une des plus puissantes de Normandie et richement possessionée dans le pays de Caux, autour du château de Valmont. Il était fils de Jean d'Estouteville (1378-1435), seigneur d'Estouteville et de Valmont et de Marguerite d'Harcourt, fille de Jean VI d'Harcourt, chef de la plus ancienne et la plus célèbre famille de Normandie, après celle des ducs.

 

Il était frère cadet de Louis d'Estouteville (1400-1464), seigneur d'Estouteville et de Valmont, sénéchal de Normandie et Grand-Bouteiller de France, qui s'illustra notamment, avant l'accession de son frère à la tête de l'abbaye en 1444, par neuf ans de défense acharnée du mont Saint-Michel contre les assauts anglais, de 1425 à 1444.

 

Entré dans les ordres, il fut créé cardinal (en 1439), puis nommé abbé du mont Saint-Michel (de 1444 à 1483), abbé de Saint-Ouen de Rouen et de Montebourg, administrateur des évêchés du Couserans (1439), de Mirepoix (1439-1441), de Nîmes (1441-1450), de Béziers (1444-1447), de Lodève (1450-1453) et de Saint-Jean-de-Maurienne (1453), et enfin archevêque de Rouen (de 1453 à 1483).

 

Comme cardinal, il fut délégué en 1452 par le pape Nicolas V (1447-1455), comme légat pontifical, aux fins de rouvrir le dossier relatif au procès de condamnation de Jeanne d'Arc, jugée et condamnée en 1431 à Rouen par un tribunal ecclésiastique à la solde de l'occupant anglais. Il rencontra au préalable, en février 1452, le roi de France Charles VII, alors en résidence à Tours. L'enquête officielle s'ouvrit le 2 mai 1452 à Rouen, avec le concours de Jean Bréhal, inquisiteur de France, prieur du couvent Saint-Jacques de Paris.

 

 

À la suite de cette enquête, Jean Bréhal rédigea un Summarium, qui fut étudié par diverses autorités ecclésiastiques durant les deux années qui suivirent, et obtint du nouveau pape Calixte III (1455-1458) un rescrit ordonnant l'ouverture d'un nouveau procès, supervisé au nom du pape par trois commissaires : l'archevêque de Reims Jean Juvénal des Ursins, l'évêque de Paris Guillaume Chartier et l'évêque de Coutances Richard Olivier. Les audiences du procès en nullité de la condamnation de Jeanne d'Arc (couramment appelé – à tort – « procès de réhabilitation ») se tinrent pour l'essentiel à l'archevêché de Rouen, désormais dirigé par Guillaume d'Estouteville, à partir de novembre 1455, pour aboutir, le 7 juillet 1456, à la cassation du jugement de mai 1431 .

 

En 1472, il fut doyen du Collège des cardinaux et en 1477, il devint camerlingue.

 

Parenté avec les Valois

 

Descendants au 4e degré de Charles de Valois (1270-1325), Louis et Guillaume étaient tous deux relativement proches parents [1], à des degrés divers, de plusieurs protagonistes de la Guerre de Cent Ans, liés de près ou de loin à l'épopée de Jeanne d'Arc :

 

le roi de France Charles VII (et son fils Louis XI),

le duc de Bourgogne Philippe le Bon (et son fils Charles le Téméraire),

le roi d'Angleterre Henri VI (fils d'Henri V ci-dessous),

le duc d'Alençon Jean II dit « le Beau Duc »,

le prince-poète Charles d'Orléans (1391-1465), duc d'Orléans, prisonnier des Anglais de 1415 à 1440,

et son demi-frère Jean d'Orléans, comte de Dunois dit « le Bâtard d'Orléans ».

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Parenté avec les Plantagenêts

 

Les Estouteville étaient également apparentés, à un degré légèrement plus éloigné, à quatre autres descendants de Philippe le Bel, roi de France et frère aîné de Charles de Valois :

 

Henri V (1387-1422), roi d'Angleterre (1413-1422) (père d'Henri VI ci-dessus),

son frère Jean de Bedford (1389-1435), régent de France (1422-1435),

son frère Humphrey de Gloucester (1390-1447), régent d'Angleterre (1422-?),

leur oncle illégitime Henri Beaufort (1375-1447), dit le « cardinal de Winchester », qui assista à l'ensemble du procès de condamnation de Jeanne d'Arc et s'entretint plusieurs fois avec la prisonnière.

   
 

Notes

 

[1] Contrairement à ce qui est dit par erreur dans le Jeanne d'Arc de Régine Pernoud et Marie-Véronique Clin (Paris : Fayard, 1986), dans le chapitre « Charles le Victorieux », section « Réouverture du dossier », les frères Estouteville ne semblent pas avoir eu pour grand-mère maternelle une sœur du roi Charles V.

     

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