Hiram Maxim 1890
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HIRAM Maxim

         
 

Un dirigeable militaire est un ballon dirigeable, c'est-à-dire un aérostat manœuvrable et capable de se propulser, employé par une force armée. Les premiers modèles furent développés au début du XXe siècle, principalement en France et en Allemagne : les forces armées de ces deux pays se livrèrent alors à une course aux armements. Les expérimentations de ces aéronefs militaires furent largement médiatisées, malgré de nombreux accidents mortels.

 

Dès le début de la Première Guerre mondiale, la concurrence des avions militaires et le développement de la défense anti-aérienne condamnent rapidement l'emploi des dirigeables pour les missions au-dessus du champ de bataille, que ce soit pour la reconnaissance, le renseignement ou le bombardement tactique. Leur emploi se poursuit néanmoins, côté allemand pour le bombardement stratégique et la reconnaissance maritime, côté allié pour la lutte anti-sous-marine.

 

Leur utilisation périclite pendant l'entre-deux-guerres, pour être très marginale lors de la Seconde Guerre mondiale et anecdotique depuis. Quelques exemplaires sont encore utilisés et des projets de dirigeables militaires dans la très haute atmosphère sont à l'étude.

   
         
   
         
   
     
 

Hiram Maxim (1840-1916)

 

Maxim s’intéresse à l’aviation dés les années 1880, trouvant les ballons ou dirigeables dépassés. Il calcule qu’une oie est 600 fois plus lourde que l’air et n’utilise qu’une puissance d’un 1/10ème de cheval pour voler. Il pratique alors des tests de portance sur des surfaces d’ailes équipées d’hélices motorisées, l’ensemble tournant comme un manège autour d’un pylône, ce qui fonctionne très bien. Il en déduit la force de portance, la traction de l’hélice et la motorisation nécessaire. Pour atteindre 60 km/h, l’hélice nécessite une puissance de 16cv pour élever l’aile et de 35cv de plus pour s’avancer dans l’air. Mais nous n’en sommes pas encore à piloter un aéroplane, car un moteur léger à pétrole n’existe pas encore et seule la vapeur peut être employée. De nouveaux calculs lui assurent qu’il est possible de décoller ainsi et cela sera également confirmé par les vols de Clément Ader en 1890.

 

Un jour, 3 envoyés d’un très haut client intéressé par sa mitrailleuse lui demandent s’il lui est possible de créer une machine volante, dans quel délai et à quel prix. Maxim imagine que 3 ans seront consacrés à la motorisation et 2 à l’appareil, puis il fixe son prix. Quelque temps plus tard le Tsar Alexandre III de Russie (1845-1894) lui fait verser la somme nécessaire et Maxim débute ses travaux au milieu des années 1880. Vers 1889 il embauche 2 ou 3 ingénieurs et A.Liwentaal en 1890. Avec Maxim seront entrepris la création de maquettes, d’un tunnel d’essais aérodynamiques, du moteur à vapeur et d’une véritable machine en vraie grandeur.

 

L’appareil finalement construit en 1890 est gigantesque, avec une envergure de 32m pour un poids de 2.612kg. C’est une sorte de biplan complexe aux ailes d’une surface de 360m2, équipé de 2 moteurs à vapeur très légers, dont chacun peut développer 180cv. Ils actionnent 2 hélices d’un diamètre de 5,5 mètres qui doivent élever plus de 3.000 kg, y compris le carburant et les passagers ! Les règles de pilotage étant inconnues, l’appareil est placé sur un double rail de 550m de long, permettant aux roues de l’engin de s’élever sans quitter la trajectoire, mais sans pouvoir décoller véritablement et éviter ainsi un accident.

 

De nombreux essais sont effectués avec ce biplan en 1890-94 avec différentes personnalités à bord. L’appareil s’élève véritablement du sol tout en étant limité dans cette voie. Mais le 30 juillet 1894 l’ensemble est détruit lors d’un essai. Maxim est à bord avec 3 personnes, les moteurs sont poussés à fond et après 200m l’appareil dépasse les 67km/h. Il s’élève, casse le rail supérieur et décolle. On coupe le moteur, l’appareil s’écrase sur le sol pour ne plus se relever. Il n’y a heureusement pas de blessés.

 
         
   

Dans les airs