La Brune
  LES VACHES FRANCAISES
 

LA BRUNE   -14

     
 

La Brune

 
   
 

Origine et répartition

 

La Brune des Alpes est une race qui semble particulièrement ancienne, comme en témoignent des fossiles retrouvés dans des pallafites de lacs suisses. Elle appartient au rameau brun, et semble descendre de croisements entre bos taurus primigenus, ou aurochs, et bos taurus crachyceros, sous-espèce de bovins apparue plus récemment. Ces croisements datent du Néolithique et pourraient être à l'origine d'une majeure partie du bétail européen. Diverses hypothèses ont été formulées concernant son origine exacte, qui reste mal connue. Elle est peut-être arrivée en Suisse avec les peuples venus de l'Est à la chute de l'Empire romain. Dans tous les cas, la race est installée depuis longtemps dans l'est de la Suisse. Elle y a été soumise à la dure sélection des vallées alpines et à la rudesse des alpages pendant plus d'un millénaire. Les frontières naturelles formées par les chaînes de montagne et les rivières, et l'absence de voies de communication a conduit à l'isolement des populations de bovins bruns. Chaque région a ainsi développé sa race, donnant des variantes blondes, brunes, grises, brun-rouge et même pie au contact de la simmental, l'autre race dominante en Suisse, très présente aujourd'hui dans l'Ouest du pays. Le poids, la corpulence et la taille des animaux présentent également des variations suivant la région où elle se trouve, en adaptation à la fertilité des sols et à la rigueur du climat. Au XVI siècle, douze types différents de brunes étaient répertoriés. Limitée par une alimentation fruste et des méthodes d'élevage assez primitives, les bovins de l'époque sont seulement utilisés pour le travail et la production de viande, et demeurent d'une importance secondaire pour la population.

 

Morphologie

 

Elle porte une robe brune uniforme allant du gris foncé au gris argenté, sauf le mufle plus clair. L'extrémité des cornes est noire. Les muqueuses sont foncées. L'intérieur des oreilles est velu et de couleur blanche, faisant penser à de la peluche.


C'est une vache de grand format ; elle mesure 1,4 m au garrot pour 650 à 750 kg pour les femelles et 1,5 m pour 1 000 kg pour les mâles.


Aptitudes

 

Une race avant tout spécialisée laitière


Le potentiel laitier de la brune est reconnu depuis toujours. En effet, dès le XIX siècle on note en Suisse que la production laitière de cette vache est très intéressant. Le troupeau du couvent d'Einsielden produit par exemple en moyenne 2 800 L de lait par vaches et par an entre 1872 et 1903, ce qui est très correct à l'époque. Des productions moyennes de plus de 4 700 L sont enregistrées en plaine en Suisse en 1936, et une vache, Maggi, est connue dans les années 1920 pour avoir atteint la production alors exceptionnelle de 9 653 L de lait en un an avec 3,8% de matière grasse, ce qui est exceptionnel à l'époque. La brune est par ailleurs réputée pour conserver une bonne production malgré des conditions difficiles, ce qui en fait une race appréciée en montagne et sur des sols pauvres. Ainsi, en Suisse en 1936 un troupeau a été enregistré avec une production moyenne annuelle de 3 800 L de lait à 2 300 m d'altitude. Sa rusticité et sa capacité à s'adapter à une alimentation pauvre lui permettent de se distinguer de races comme la normande, qui était plus productive à la sortie de la guerre mais voyait sa production fortement diminuer dans des conditions moins favorables que les riches pâtures de Normandie. C'est pourquoi la brune s'installe facilement à cette époque dans des régions aux sols pauvres.

 

Le lait de la brune est réputée pour sa capacité à être transformé en fromage. Il comporte en effet une bonne proportion de matière azotée, sans être excessivement gras. Lorsque l'on commence à s'intéresser sérieusement aux taux protéiques dans les années 1960, la brune devient donc particulièrement intéressante pour les éleveurs

 

Elle est classée mixte, mais elle a avant tout un bon potentiel laitier, avec une production moyenne de 7800 kg de lait par lactation. Il est riche en matières grasses (41 g/l de taux butyreux) et en protéines (33,7 g/l), et est intéressant pour la production de fromages de qualité. Ses qualités fromagères viennent également de la composition de ses caséines : 64 % des animaux possèdent le gène leur permettant de produire le variant B de la Kappa-caséine, qui favorise la transformation en fromage.

 
     
 

Taureau Brune 

 
     
   

Les vaches françaises