La période pré-révolutionnaire
 

Grand trait de l’évolution

de l’agriculture

en manche de 1789 à 2000       

 

 

Texte issu du CPIE du Cotentin

CPA collection LPM 1900

 
 

 

 

 

 

1  -La période prérévolutionnaire

2  -De la Révolution à 1850

3  -De 1850 à 1914

4  -De 1914 à 1950

5  -De 1950 à 1970

6  -De 1970 à 2000


 
   
 

Grand trait de l’évolution de l’agriculture

  en manche de 1789 à 2000                    - 1/6
     
 

Lingreville, CPA collection LPM 1900

 
     
 

La période pré-révolutionnaire  

 

Sous la France de régime monarchique, l’organisation agricole est compliquée avec de nombreux statuts en fonction de la condition sociale. Ainsi, les grands seigneurs vendent le droit d’exploitation mais conservent les biens fonciers. Les cultivateurs propriétaires sont le plus souvent des « commerçants », marchands laboureurs… La paysannerie traditionnelle est alors composée de nombreux fermiers sous fermage et de journaliers. Pour beaucoup, c’est l’agriculture d’auto-subsistance ; ce qui n’est pas prélevé permet à peine au paysan de nourrir sa famille. Toutes les productions (alimentaires, vestimentaires) sont orientées à cette fin. Ainsi, le blé lui permet de faire son pain, le sarrasin, la galette ou la bouillie, le lin ou le chanvre ses vêtements…

 

La grande partie des surfaces cultivables sont consacrées aux céréales (froment, sarrasin, avoine, orge, méteil) ; les zones de marais non labourables sont dédiées à l’élevage bovin et équin.

 

Ainsi, en cette veille de Révolution, la Manche est un pays de labours, de rares herbages et de terres abandonnées aux épines et aux bruyères. Ces dernières sont vouées à la vaine pâture pour les moutons et pour récupérer les produits de chauffe.

 

Jusqu’en 1800, perdure l’assolement des cultures et jachère selon trois modes : l’assolement triennal, quadriennal, et le pâtis.

 

Pour la travailler, il faut souvent retourner la terre à la bêche et dans les terrains propices, utiliser la charrue simple. Pour tracter les charrues, boeufs et vaches sont le plus souvent associés. Le blé est récolté à la faucille. Ainsi, un paysan travaille une surface de 20 ares de blé par jour. Les céréales sont liées en javelles, puis stockées dans les granges et battues au fléau au fur et à mesure des besoins. Les granges permettent d’étaler les battages dans le temps et de donner du travail lorsqu’on ne peut rien faire dehors.

 

L’exploitation type possède un petit élevage diversifié et peu important (quelques moutons, porcs, oies, poules…) et un pota-ger dont la production n’est pas taxée sous l’Ancien Régime.

 
     
 

Carentan rue Holgate, CPA collection LPM 1900

 
     
   

Agriculture en manche de 1789 à 2000