Le bleu de Septmoncel
 QUELQUES FROMAGES
 
 LE BLEU DE SEPTMONCEL

 

Issu des techniques de fabrication fromagères des moines de l’Abbaye de Saint-Claude, son origine semble remonter au XIIIe siècle. Le principe de fabrication du “bleu persillé” type Sassenage est alors importé par les migrants dauphinois refusant de devenir français suite aux dons de terres de Humbert II au Roi de France en 1343.

 

Au XVIème siècle, l’histoire locale nous apprend que le Bleu de Gex était le fromage préféré de Charles Quint, alors Maître de la région.

 

La zone montagneuse, aux terres arides, ne permettait qu’un élevage de moutons et de chèvres. Cependant quelques vaches étaient localisées dans les vallées. Cette situation était entretenue par le fait d’une industrie assez florissante du droguet.

 

L’implantation significative des vaches date seulement du XVIIème siècle, à la suite du remplacement du droguet par le drap.

 

Les dégâts causés aux forêts par les chèvres amenèrent à substituer celles-ci par des vaches. Les chèvres ont été toutefois conservées très tard sur le plateau de Septmoncel, Les Moussières et les alentours. Dans la région, on fabriquait tradition-nellement du chevret, petit fromage à base de lait de chèvre et de vache (il existe toujours mais il n’est fabriqué de nos jours, que par un seul fermier).

 

Les colons dauphinois s’installèrent donc à proximité de Moussières mais, pendant de nombreuses années, leur production fromagère, « une affaire de femmes », resta très faible.

 

CPA collection LPM

 

En effet, divers auteurs soulignent les difficultés de cette implantation fromagère : habitat constamment menacé par des hordes guerrières ou les pillards, prairies peu favorables à l’élevage bovin, qui était « incapables de nourrir même d’aussi petites vaches que les claudiennes ». De plus, les populations restèrent longtemps mainmortables et par conséquent, il fallut attendre l’affranchissement, l’abolition du sevrage (fin XVIIIème siècle), pour se livrer à un travail plus rémunérateur. La division terres rendit le paysan possesseur du sol et lui permit d’entreprendre la culture, l’élevage et la production avec plus de profit.

 

En 1791, l’avocat et député Christin présente à la Constituante un rapport  défendant le maintien des activités des salines de Montmorot, dont la production est nécessaire aux fabrications de fromages de “Gruyère” et de “Septmoncel”.

 

En 1808, une délibération du conseil d’arrondissement de Saint-Claude, mentionne les Septmoncel comme les fromages les plus courants dans la contrée.

 

En 1859, 23 communes de l’arrondissement de Saint-Claude en produisent déjà 253 tonnes. Avec le développement économique du début du XXème siècle, les fruitières se multiplient, jusqu’à en compter 30 sur l’ensemble du Haut-Jura au milieu du siècle passé.


En 1935, une banale affaire commerciale est portée devant la justice, mais il en résulte le verdict suivant : la décision du tribunal de Nantua du 26 juillet 1935 définit clairement le Bleu de Gex et fixe une aire exclusive de fabrication.


En 1948, certaines fruitières créent une coopérative de négoce pour écouler le Bleu.

 

Quelques fromages