Le Cajot du Val de Saire
  QUELQUES BATEAUX
   
   LE CAJOT DU VAL DE SAIRE
 
     
 

Crédit photos : Association Dreknor,

 
 

 

 
 

Le Cajot du Val de Saire

Normandie Héritage

 

Construit jusque dans la seconde moitié du XXè. siècle, bien connu des Marin pêcheurs du Nord Cotentin, de Fermanville à Gatteville, de Réthoville, de Cosqueville dans l’anse du Vicq, mais également de la région de Barfleur, le cajot, grand canot en bois, d’aspect rustique, aux origines improbables, à fond plat, stable et spacieux, dont deux exemplaires sont exposés au Musée Maritime de l’île de Tatihou, faisait office d’annexe, de bonne à tout faire, et/ou de bateau de pêche en bordure de côt .

 

Demandant plus d’une centaine d’heures de travail, mesurant environ 5 mètres de longueur, de l’étrave à la poupe, sur 1,90 mètre de largeur, les cajots, pointus à chaque extrémité ou terminés par un tableau plus ou moins développé, étaient principalement conçus et assemblés, jusqu’à un passé récent, dans les chantiers de Barfleur.


Les cajots, composés d’une semelle cintrée, constituée d’un assemblage de planches en sapin et de traverses, en orme ou en chêne, sur laquelle la patte de l’étrave venait prendre appui, pouvaient selon les modèles être équipés d’un tableau arrière plus ou moins étroit ; la coque étant quant à elle formée de bordés cloués sur des membrures fixées à même la sole . Le bordé étant relativement élevé, les cajots étaient dotés, sur chacun de leurs côtés, soit de « houordes » ermettant de manœuvrer les avirons à hauteur raisonnable, soit de demi-lunes en chêne dépassant au dessus du plat-bord.

 

Armés d’avirons en sapin — trois ou quatre avirons — d’une longueur comprise entre 2,70 mètres et 3 mètres, propulsés dans certains cas grâce à un gréement rudimentaire, les cajots, pontés ou non, équipés d’un tillac Avant et/ou Arrière, voire d’une cale à poissons, tout en conservant leurs caractéristiques originelles, comptaient de multiples variantes. Sur certains modèles récents, destinés notamment à la pêche du bar ou à la traîne, l’arrière de la sole était découpée et cloisonnée de manière à aménager un puits destiné à accueillir une motorisation de type hors-bord. Compte tenu de leur poids relativement conséquent, et afin de faciliter leur mise à terre, certains d’entre eux étaient équipés de deux oreilles dans lesquelles était passée une rame permettant à deux pêcheurs positionnés de part et d’autre du bateau, de faire glisser le cajot vers le haut de la plage.


Si de nombreux cajots firent, en fin de vie, office de cabanes en bord de mer, ils n’en ont pas pour autant disparu. Entretenus par des passionnés, ils continuent à sillonner les côtes du Nord Cotentin, tandis que d’autres, comme l’Isola, équipé de deux rames et d’un moteur central, se refont une beauté. Le cajot n’est pas mort, preuve en est le chantier du « Bak boroi », une unité flambant neuve récemment construite à Cherbourg.

 
         
   

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