Les armes de jet
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Une arme de jet est un projectile envoyé à distance par la simple action mécanique des muscles, contrairement aux armes de traits qui envoient un projectile à distance par l'intermédiaire d'un mécanisme (fronde, raquette, propulseur, arc, etc.)

 

En latin, ces armes sont désignées sous le nom de missile.

 

À l'époque médiévale, ce type d'armes était très utilisé. On utilisait des armures et des fortifications pour s'en protéger. Avec l'ère des armes à feu, la grande majorité de ces armes est devenue obsolète.

 

La première arme inventée par l'humanité (après les armes de mêlée aisément disponibles dans la nature à l'état brut) fut l'arme de jet qui consistait la plupart du temps en un caillou lancé pour atteindre une cible distante.

 

La première arme de trait inventée par l'homme est le propulseur, dès le Paléolithique supérieur.

 

Comme pour les armes de mêlée, on distingue différentes caractéristiques pour les armes de jet : contondantes (caillou, casse-tête, massue, etc.), perforantes (sagaie, harpon, dagues, la plupart des shurikens, etc.), tranchantes (francisque, certaines étoiles de jet, les chakrams, etc.) et incapacitantes, tels les bolas.

 

Font partie des armes de jet :

   
 

L'aclis ;

les bolas ;

le couteau ;

la dague ;

le javelot ;

la sagaie ;

le pilum ;

le harpon ;

la francisque ;

la massue ;

le boomerang ;

la fronde ;

la baliste ;

la catapulte ;

L'estringale ;

Le fustibale ;

fronde à manche ;

l' onagre ;

l' arbalete

 

 

 

 

 
 
       
     
         
     
         
 

Le pilum est un modèle de javelot lourd utilisé par les légions romaines

 

Cette arme d'un poids compris entre 700 et 1 200 grammes est considérée comme étant d'origine samnite1 et les Étrusques l'utilisèrent. Il était normalement composé d'un fer quadrangulaire flexible d'un mètre de long, dont la partie creuse recevait un manche de bois également quadrangulaire, d'environ 1,50 mètres engagé dans le fer, solidement fixé par deux chevilles en fer. Cette fixation a ensuite été remplacée par une cheville en fer et une autre en bois, innovation attribuée à Marius : lors de l'impact dans un bouclier, cette dernière se brisait, libérant la hampe qui pendait alors vers le sol. Le légionnaire, pouvait alors mettre le pied sur la hampe, pour forcer son ennemi à se découvrir, en baissant son bouclier. Si le pilum n'atteignait pas son but, il se cassait quand même, évitant que les ennemis des Romains ne le ramassent à terre pour le leur renvoyer.

 

Il semble que dans un premier temps seuls les triarii, vétérans de la troisième ligne de la légion, en furent équipés, car ils étaient également appelés pilani. Par la suite, chaque légionnaire en fut doté1 et portait habituellement deux pilums (pila).

 

Végèce (qui écrit au Ve siècle) décrit ainsi l'arme de jet des anciens soldats romains :

 

« Au nombre des traits en usage dans l'infanterie, le javelot (comprendre pilum) consistait en une pointe de fer triangulaire, de neuf pouces ou d'un pied, adaptée à une hampe ; enfoncé dans le bouclier, il ne pouvait en être arraché ; dirigé avec intelligence et vigueur contre la cuirasse, il la pénétrait aisément »

 
         
     
         
   
Les armes de jet
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L’onagre était un engin de siège de la période romaine post-classique qui tire son nom de l'analogie de son mouvement avec celui de la ruade d'un onagre, sorte d'âne sauvage. Il s'agit d'une sorte de catapulte romaine qui utilise la force de torsion, provenant généralement d’une corde torsadée, pour stocker l'énergie nécessaire au tir.

 

D'après le Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècles (tome 5), les historiens romains s'accordent tous pour ranger l'onagre, comme la catapulte et le scorpion, dans les engins de jets offensifs mais leurs descriptions sont, ou bien succinctes, ou bien contradictoires : on trouve en effet le terme onagre comme synonyme de scorpion chez Marcellin (VIe siècle) ou onagre comme engin lançant des pierres (par opposition aux javelots) chez Végèce, ou onagre comme synonyme vulgaire de catapulte chez Jean le Lydien.

 

Certains la décrivent comme une petite catapulte capable d'envoyer des petits projectiles à 30 m de distance ou 40 m de haut, d'autres comme une arbalète géante. 

 

   
         
 

La baliste sorte d'estringale était un engin de siège développé à partir d'une arme grecque plus ancienne.

 

Son fonctionnement est basé sur différents mécanismes utilisant l’action de deux leviers sur des ressorts à torsion, constitués de plusieurs faisceaux de fibres tordues. Les premières versions lançaient de lourdes flèches ou des projectiles sphériques, comme des pierres de différentes tailles, au cours des sièges. Elles ont servi de base pour développer une arme de tir plus petite, le scorpion et peut-être le polybolos (en).

 

La baliste est abandonnée au haut Moyen Âge au profit des engins à contrepoids, la pierrière puis ses perfectionnements : la bricole, le mangonneau, le trébuchet. Cependant, le nom « baliste » est conservé au Moyen Âge pour désigner l'arbalète à tour et parfois, abusivement, les engins de siège à contrepoids.

 

À l'origine, le mot « catapulte » désigne un engin lanceur de flèches, alors que le terme « baliste » fait référence à une machine qui lance des pierres, mais la signification des deux termes a été intervertie à partir du IVe siècle de notre ère, d’où parfois une certaine confusion dans les termes. Le fait que le mot « catapulte » (qui a donné un verbe : « catapulter ») soit devenu un terme générique, qui, à certaines époques, désigne indistinctement tous les engins de siège de la baliste au trébuchet, obscurcit encore la terminologie.


 

Le fustibale, ou fronde à manche, est une fronde montée sur un bâton d'environ un mètre de long. Les fustibales fonctionnaient comme une pierrière ou un trébuchet, le bras de levier formé par le manche servant à amplifier la force de projection. Elle était souvent utilisée lors des sièges comme arme défensive. Plusieurs enluminures montrent en effet des hommes juchés sur des remparts et équipés de fustibales, comme le Liber ad honorem Augusti, enluminé en Italie du Sud vers 1195-1197.

 

 

L'arbalète (du latin arcuballista) est une arme de jet, constituée d'un arc monté sur un fût et lançant des projectiles appelés « carreaux ».

 

Dans son principe, l’arbalète n’est rien d’autre qu’un arc pour lequel le maintien en tension de la corde est assuré non plus par la force physique du tireur, mais par une pièce rigide appelée arbrier, comme l’écrit Littré, ou arbier, organisée pour supporter la flèche, retenir la corde et la libérer au moment du tir au moyen d’un mécanisme simple.

 

Ce perfectionnement apporte plusieurs avantages. Une fois que la corde est tendue, le tireur n’a plus d’effort physique à fournir pendant qu’il vise. L’ajustement du tir s’en trouve facilité. La régularité de tension de la corde est à peu près absolue puisqu'elle est déterminée par le point d'ancrage sur l'arbrier, et donc indépendante du geste de l'archer. Ainsi l’efficacité du tir est moins conditionnée par l’habileté naturelle et le niveau d’entrainement du tireur. Avec une arbalète, il est aussi possible de tirer avec efficacité en position couchée.

 

La puissance de l’arbalète peut être augmentée sans inconvénient jusqu’à des puissances compatibles avec par exemple le percement des armures ou l’abattage d’un cheval. En outre, la longueur des projectiles n’a plus à être définie en fonction de la morphologie de chaque tireur.

 

On trouve trace de l’arbalète dès l’antiquité, avec un apogée en Chine dès l'antiquité, et au Moyen Âge en occident. L’arbalète peut être un objet simple avec un arc en bois d’une seule pièce et une simple encoche dans l’arbrier pour retenir la corde (exemple l’arbalète prémédiévale dite de Charavine retrouvée dans le lac de Paladru en Isère, ou encore les modèles pygmées encore en usage en Afrique centrale). Mais la plupart des modèles contemporains de la guerre de Cent Ans sont de conception perfectionnée, avec système de détente à noix, arcs composites puis métalliques, et accessoires d’armement de la corde, qui en font des armes de technologie élaborée, et donc assez coûteuses.

 

Si pour la chasse, l’emploi de l’arbalète a été très apprécié en son temps, son usage militaire a provoqué des déboires célèbres sur le champ de bataille. La lenteur de mise en œuvre face aux troupes armées du grand arc droit traditionnel est souvent avancée comme explication (voir les chroniques des batailles de Crécy et d’Azincourt). Mais c’est probablement surtout l’option de vouloir remplacer les archers par des arbalétriers qui constitua une erreur.

 

En tirant 5 flèches à la minute en rangs serrés, les troupes d’archers peuvent être utilisées comme des moyens de tir de suppression, alors que l’arbalète est plutôt dans le contexte de l’époque une arme de précision

   
       
     
       
     
       
     
         
   

Les armes militaires