Les aventuriers islandais
  LES VIKINGS
   
  Les grands aventuriers islandais
         
 

Ingólfur Arnason - Aude la Sagace

Erik le Rouge - Leifr ErÍksson

 

Sans eux, l'Islande n'existerait tout simplement pas. Ils l'ont colonisé, valorisé, lui ont donné une histoire, une grandeur, un prestige. Des fjord de Norvège aux forêts du Vinland, quelques hommes et femmes sont devenus les plus grands aventuriers de leurs temps.

 

Ingólfur Arnason Ingólfur

 

Fils d’Árna est le premier colon islandais. En 874, il quitte sa Norvège natale après une querelle avec un jarl puissant. Accompagné d’un ami, Hjörleifrur Hróðmarsson, il part à la recherche de cette île au nord, encore inhabitée, dont il a entendu parler. Arrivé en vue de l’Islande, il jette les montants de son haut-siège, comme le veut la tradition. Là où les montants s’échoueront, il fondera sa ferme. Ce sera à l’ouest de l’île, un endroit qu’il nomme Reykjavík, la baie qui fume, référence aux fumerolles omniprésentes. Ingólfur est ainsi le premier scandinave a s’installer de façon permanente en Islande.  

 

Aude la Sagace (v 775-830) 

 

Aude la Sagace (Auður en islandais) est presque un mythe en Islande. Chef de clan, aventurière, puis colonisatrice, Aude la Sagace a laissé derrière elle des traces indélébiles en Irlande, aux Shetlands, aux Féroé et en Islande. Son père, Ketill au nez plat, Jarl de Bergen, quitte la Norvège après l’unification de Haraldr a la Belle chevelure. Aude a alors 35 ans. Elle est mariée au guerrier Olaf le Grand. Débute pour elle une vie d’errance. Première étape de son périple, Dubh-linn. Les Vikings Blancs, les norvégiens menés par Olaf, terrassent les Noirs, les danois, qui tenaient jusque là la petite ville celte. Olaf devient le premier roi de Dubh-Linn, et va, avec l’aide de Aude transformer ce minuscule port de pêche en un carrefour commercial de premier ordre. Olaf meurt étouffé lors d’un banquet.

 
         
 

Aude décide alors de laisser le pouvoir à son beau-frère, et de quitter l’Irlande pour rejoindre son père. Ketill est devenu Roi des Hébri-des. Il meurt peu après l’arrivée de sa fille, qui reprend la mer direction l'Écosse où l’attend son fils, Þórrsteinn Le Rouge. Il a conquis une partie de l'Écosse, mais soumet les habitants par la terreur. Þórrsteinn est finalement tué par les Écossais, et Aude doit partir en cachette, emmenant avec elle ce qui reste du clan de Þórrsteinn.

 

Elle fait voile vers le nord,s’arrête aux Orcades, aux Shetlands et aux Féroé. À chaque étape, elle laisse derrière elle une fille de sa famille, mariée le plus souvent au plus puissant de l’île. Aux Iles Feroé, la descendance de Aude la Sagace a créé le clan des Gens de Gata, la plus illustre des familles féroïennes. Enfin, Aude arrive en Islande. Dans l’ouest de l’île. Aude est la première femme colon. Elle établit ses terres (45000 hectares) selon la tradition, en distribue à ses compagnons de voyage.Aude la chrétienne réussit également à implanter la religion du Blanc Christ en Islande. Sa sagesse est louée par tous, et les descendants du clan de Aude la Sagace bénéficient tous d’un prestige accru. Parmi eux, Karlsefni, qui tenta de coloniser le Vinland, et Snorri Sturluson.

 

Aude elle-même est citée dans nombre de Sagas, jamais en tant que personnage principal.

 

 

Aude la Sagace

 
         
 

Erik le Rouge (v 940-1010)

 

Fils d’un banni Norvégien, Erík Þorvaldsson, surnommé le Rouge à cause de sa chevelure rousse, arrive dans le nord-ouest de l’Islande à l’âge de 15 ans, vers 955. Il s’installe dans une ferme dans le rude nord islandais, où il épouse Þjóðhildur. Désormais bondi, Erík fonde une famille : trois fils légitimes, et une fille illégitime.

 
     
 

Mais l’histoire se répète. Et tout comme son père, Erík Le Rouge est banni d’Islande pour avoir tué deux hommes. Avec son clan, il prend alors la direction du Grœnland, avec pour seule indication, un rocher aperçu à l’ouest par un navigateur islandais quelques années auparavant.

 

Après quatre jours de navigation, Erík Le Rouge trouve cette terre, et débarque sur son flanc ouest en 982. Il y découvre une terre vierge, qu’il nomme Grœnland, le pays vert". Erík décide alors de fonder une colonie. Il retourne en Islande où il monte une expédition de colonisation, qui quitte l’île en 986. 25 bateaux partent d’Islande, 11 seulement arriveront au Grœnland. Mais l’île compte désormais 400 vikings, et une première colonie. Deux colonies, une au sud-ouest (colonie de l’est) et une plus au nord-ouest (colonies de l’ouest) furent finalement fondées sous l’impulsion d'Erík le Rouge.

 

Mais la colonisation est un échec. Les colons ne sont pas autonomes et dépendent étroitement des relations commerciales avec l’Europe. L’Europe qui se désintéresse de plus en plus de ces quelques colons perdus sur un bout de rocher envahi par les glaces. Au XIVème siècle meurt le dernier colon.

 

 

 

Portrait d'Erik le Rouge tiré de la Gronlandia d'Arngrímur Jónsson (1688).

 
 

Descendance 

 

La tradition médiévale islandaise raconte qu'Eiríkr eut quatre enfants dont trois fils : Leifr (Leif), Þorvald (Thorvald) et Þorsteinn (Thorsteinn) et une fille : Freydís. Elle était la fille d'une seconde épouse. Selon la tradition scandinave, Leifrs serait le second européen à découvrir les terres de ce qu'il appellera le Vinland (certainement Terre Neuve) ; une trentaine d'années après Bjarni Herjólfsson qui ne fit apparemment que les apercevoir. Leif invita son père à le rejoindre au Vinland après y avoir établi une colonie, mais Erikr ne le suivit pas

 

Saga d'Erik le Rouge

 

La Saga d'Erik le Rouge est une saga concernant l'exploration scandinave du Groenland et de l'Amérique du Nord. La version originale de cette saga a probablement été écrite au XIIIe siècle par un clerc islandais.

 

La saga est conservée dans deux manuscrits quelque peu différents : le Hauksbók (XIVe siècle) et le Skálholtsbók (XVe siècle). Les philologues modernes pensent que c'est la deuxième version qui est la plus proche de l'originale.

 

La saga décrit le bannissement d'Erik le Rouge vers le Groenland, puis la découverte du Vinland par Leif Ericson, après que son bateau a été détourné de sa route et, surtout, le voyage de Thorfinn Karlsefni, qui est en fait le véritable personnage principal du texte. Les détails géographiques donnés dans cette saga ont permis de situer plus ou moins cette terre. Il s'agit probablement de la première découverte de l'Amérique par des Européens, quelque cinq siècles avant Christophe Colomb.

 

Textes antérieurs et valeur historique de la saga 

 

On a longtemps cru que la Saga d'Erik le Rouge était le texte le plus ancien concernant le Vinland, mais ce n'est probablement pas le cas.

 

Régis Boyer considère que de nombreux documents antérieurs à cette saga relatent des évènements liés au Vinland et au Groenland, notamment les ouvrages suivants : les Gesta Hammaburgensis d'Adam de Brême, datant de 1070 environ, l'Historia Norwegiae (auteur anonyme), qui date de la fin du XII siècle, le Livre des Islandais, d'Ari Thorgilsson, vers 1120 et, enfin, le Livre de la colonisation de l'Islande, de Sturla Thórðarson.

 

L'auteur de cette saga aurait donc fait un travail de seconde main et se serait « appliqué à fondre différentes sortes de textes en un tout acceptable, pour en tirer un récit d'une seule venue »[1]. Œuvre d'un clerc qui aurait désiré en faire une œuvre littéraire, ce ne serait pas forcément une source historique fiable.

 

En revanche, cette saga est le seul texte islandais à décrire en détail une völva (prophétesse païenne) et à la montrer se livrer au sejdr.

 
         
 

Saga d’Erik le Rouge

 
 

Leifr ErÍksson (v970-1020) 

 

Þorvaldr, Þorsteinn, FreydisLeifr est le fils d'Erík le Rouge. S’il passa ses très jeunes années en Islande, il vécut la majorité de sa vie au Grœnland. D’esprit aussi aventurier que son père, Leifr est épris de voyages. Vers l’an 1000, après avoir eu vent de rumeurs de contrées inexplorées à l’ouest, il prend la mer, et découvre de nouvelles terres, nommées Helluland (le nord du Labrador), Markland (le sud du Labrador) et Vinland (entre la Nouvelle-Angleterre et Terre-Neuve). Leifr Eríksson a tout simplement découvert l’Amérique, près de cinq siècles avant Christophe Colomb. Leifr passe l’hiver au Vinland, et explore un peu la contrée, puis rentre au Grœnland. Il part du Vinland pour ne jamais y revenir : Leifr l’aventurier doit remplacer son père à la tête du Grœnland et reste à terre jusqu’à sa mort.

 

Son frère Þorvaldr décide donc de partir à sa place tenter l’aventure au Vinland. Le fils ainé d'Erík Le Rouge trouve les baraquements de Leifr, s’y installe et décide de partir explorer plus profondément le pays. Mais les skrælings, les autochtones, se révèlent hostiles. Þorvaldr meurt lors d’un affronte-ment entre ses hommes et les "indiens". Le plus jeune des frères, Þorstein, décide de prolonger l’aventure familiale, et monte à son tour une expédition pour le Vinland. Mais il n’a pas encore quitté le Grœn-land que tout son équipage meurt d’une épidémie. Il n’ira pas plus loin. Freydis, la fille illégitime est la dernière du clan à partir, avec Karlsefni, descendant de Aude la Sagace. Cette fois, les aventuriers veulent coloniser le Vinland. Ils y restent trois ans, avant de repartir au Grœnland, découragés par les tensions avec les skrælings. Plus aucun Viking ne se rendra au Vinland, terre vierge et fertile, mais ô combien dangereuse.

 
         
 

Statue de Leifr ErÍksson

 
         
   

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