Les fils de Guillaume
  LA NORMANDIE DUCALE
  LES FILS DE GUILLAUME
         
 

Les fils de Guillaume

 

- A la mort de Guillaume le Conquérant, le duché de Normandie et le royaume d’Angleterre, un temps séparés, seront réunifiés par son fils, Henri Ier Beauclerc, à l’issue d’une bataille fratricide l’opposant à son frère Robert.  

 

 

 Robert Courteheuse

Guillaume le Roux 

Henri 1er de Bauclerc

 

 
         
   Robert Courteheuse  
         
 

Né en 1052, fils aîné de Guillaume de Normandie et de Mathilde de Flandre, Robert Courteheuse, selon la volonté de son père, prend en main la destinée du duché de Normandie en 1087, à la mort du Conquérant, tandis que son frère Guillaume “le roux” reçoit la couronne d’Angletere en héritage

 

Robert s’illustrera en participant à la première croisade aux côtés de Hugues le Grand et Robert de Flandre. Brave et généreux mais faible de caractère et piètre homme d’état, sans cesse en discorde avec ses frères, son attitude aboutira en final à la réunification du duché de Normandie et du royaume d’Angleterre par son plus jeune frère Henri 1er Beauclerc.

 

Resté longtemps dans l’ombre de son père, Guillaume “le Conquérant”, Robert aspire au pouvoir. En révolte permanente avec son père, il quitte la Normandie en 1077. En 1078, épaulé par le roi de France, il revendique son droit au duché de Normandie en réunissant une armée à Gerberoy, place forte perchée sur une butte du Pays de Bray. Guillaume apprenant la nouvelle débarque à Dieppe et entreprend le siège de Gerberoy. Après trois semaines de combats Guillaume de Normandie abandonne la partie tandis que son second fils Guillaume “le Roux”, blessé, se réfugie au monastère de Saint Germer.

 

En 1080, réconcilié, tout du moins provisoirement, avec son père, il reçoit un commandement pour rétablir l’ordre dans le comté de Durham et imposer l’autorité normande au roi d’Ecosse. C’est à cette occasion qu’il fonde la forteresse de Newcastle. Sa mission accomplie, il abandonne ses fonctions et part de nouveau à l’aventure ne revenant en Normandie qu’en 1087, à la mort de son père.

 

Devenu duc de Normandie, plus attiré par l’art de la guerre que par les affaires du duché, il lève une armée, confie la Normandie à son frère Guillaume le Roux et part, en 1096, pour la première croisade aux côtés de Baudouin de Boulogne et Godefroy de Bouillon. Le 1er janvier 1097, les Normands de Normandie et d’Italie, sous la conduite de Bohémond, Tancrède et Robert Courteheuse mettent en déroute l’armée Turco-Arabe à la bataille de Dolyré. Robert s’illustre une fois encore, en 1098, lors du siège et de la prise d’Antioche.

 

De retour en Normandie au printemps 1100, Robert apprend le décès de son frère Guillaume et la prise de pouvoir de Henri 1er Beauclerc, proclamé entre temps roi d’Angleterre. En 1101, il débarque à Porsmouth pour faire valoir ses droits. Henri Beauclerc résiste à l’armée ducale. Contraint de parlementer, Robert, par le traité d’Alton, renonce finalement à ses prétentions au trône d’Angleterre et rentre pacifiquement en Normandie.

 

28 SEPTEMBRE 1106 : LA BATAILLE DE TINCHEBRAY

 

La trêve est de courte durée. Henri 1er Beauclerc, voyant en Robert une menace sérieuse quant à l’intégrité de l’Angleterre et de la Normandie, envahit le duché, au cours de l’année 1105. Après s’être emparé de Caen et de Bayeux , Henri interrompt, un temps, sa campagne pour retourner en Angleterre. De retour sur le continent l’été suivant, il entreprend le siège du château de Tinchebray où sont retranchés Robert Courteheuse, Guillaume de Mortain et Robert de Bellême. Le 28 septembre 1106, à l’issue d’une brève mais violente mêlée, l’armée du roi Henri, grâce à une brillante manoeuvre menée par le comte du Maine, Elie de la Flèche, prend l’ascendant sur l’armée ducale. Capturé à l’issue des combats, déchu de ses droits, Robert est conduit en Angleterre pour être emprisonné à Cardiff où il finira ses jours en 1134. Artisan de la réunification du royaume anglo-normand, Henri 1er Beauclerc est reconnu duc de Normandie le 15 octobre 1106.


TINCHEBRAY, LA REVANCHE D’HASTINGS ?

 

Bien qu’elle marqua profondément l’histoire de la Normandie, de l’Angleterre et de la couronne de France, la bataille de Tinchebray ne constitue en aucune façon une quelconque revanche d’Hastings. Pour les Normands, cette bataille ne fait que redonner le duché au plus jeune fils du Conquérant ; un duché qui, après plus de vingt ans de désordre, va de nouveau connaître paix et prospérité. Comme par le passé, les Normands continueront d’être gourvernés selon leurs propres lois et coutumes. De la même manière, l’Angleterre entretiendra des relations ténues avec la Normandie tandis que la Couronne de France se sentira plus que jamais menacée par l’unité retrouvée d’un royaume anglo-normand de plus en plus puissant.

 

DEUX GUILLAUME POUR UN DUCHE

 

Entre 1109 et 1128, les tensions ne cessent de croître entre royaume de France et d’Angleterre. La guerre éclate en 1109 et s’achève en 1113 par le traité de Gisors ; un traité humiliant où le roi de France Louis VI se voit contraint de céder la suzeraineté sur le Maine et la Bretagne au roi Heni. Refusant de s’avouer vaincu, Louis VI risposte en soutenant les prétentions au duché de Normandie par Guillaume Cliton, fils de Robert Courteheuse, contre Guillaume Adelin, fils aîné du roi d’Angleterre. Au printemps 1118, les armées d’Henri , attaquées par les Français, les Flamands, les Angevins et quelques Normands favorables à la cause de Guillaume Cliton, cédent du terrain dans le Vexin et le Maine.

 

UNE ANECDOTE HISTORIQUE

 
         
 

Le 20 août 1119, Louis VI, ne doutant pas de la victoire, se lance à l’assaut de l’armée anglo-normande dans la plaine de Brémule située à une vingtaine de kilomètres de Rouen. Le Capétien, vaincu sur le champ de bataille, se refugie aux Andelys avant d’être contraint de négocier, l’année suivante, un nouveau traité où il obtient, pour seule et unique concession, que Guillaume Adelin lui rende hommage pour la Normandie.

 

Le 25 novembre 1120, Guillaume Adelin, fils héritier d’Henri 1er périt dans le naufrage de la Blanche Nef. Guillaume Cliton profitant de l’occasion sollicite de nouveau le soutien du roi de France. En 1123, la guerre repart de plus belle ; une guerre qui prendra fin après la mort de Guillaume Cliton en 1128 puis la disparition d’Henti 1er qui déclenchera une longue et sanglante guerre de succession au trône d’Angleterre entre Mathilde l’Emperesse et Etienne de Blois et posera les bases du futur royaume Plantagenêt.

 

 

Capturé après la bataille, Robert Courteheuse fut emprisonné au château de Cardiff où il resta emprisonné jusqu'à sa mort en février 1134.

 

Il est inhumé dans l'église abbatiale Saint-Pierre à Gloucester.

 
         
 

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Robert Courteheuse  inhumé dans l'église abbatiale Saint-Pierre à Gloucester

 
         
  Guillaume le Roux  
         
 

Ce surnom lui viendrait de la couleur de sa chevelure ou de sa propension à se mettre aisément en colère.

 

Ici, s’élevait le chêne sur lequel une flèche décocheé à un cerf par Sir Walter Tyrrell ricocha et atteignit à la poitrine le Roi Guillaume II, surnommé le Roux, qui en mourut sur l’instant le deuxième jour d’août de l’an 1100.

 

Guillaume dit « le Roux », second fils de Guillaume le Conquérant et de Mathilde de Flandre, accède au trône d’Angleterre sous le nom de Guillaume II d’Angleterre en 1087 tandis que son frère aîné, Robert Courteheuse, hérite du duché de Normandie et que Henri, surnommé « Beauclerc », lettré, patient et rusé, se voit remettre le Comté de Mortain et une rente de 5000 livres. Le règne de Guillaume le Roux, chevalier courageux et généreux, sera marqué par l’expansion normande jusqu’aux frontières de l’Ecosse et du Pays de Galles

 

A peine arrivé au pouvoir, Guillaume le Roux entre en conflit avec les barons normands d’Angleterre. Ces derniers, sous la conduite d’Odon de Bayeux, demi-frère de Guillaume le Conquérant, sommés par Guillaume de choisir entre leurs possessions en terre d’Angleterre et celles situées en Normandie, se rebellent en 1088 et militent en faveur de la réunification des deux états sous la bannière de Robert Courteheuse, duc de Normandie. Ce dernier n’ayant pu trouvé un appui suffisant outre Manche, Guillaume parvient à faire taire les révoltés.

 

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Représentation de Guillaume le Roux

dans une œuvre de Matthieu Paris (XIIIe siècle).

Il tient dans sa main droite le Hall de Westminster dont il est le constructeur. Extrait de Historia Anglorum, conservé à la British Library

 
         
 

En 1091, Robert Courteheuse, brave, généreux mais débauché, étant incapable de tenir le duché, Guillaume vole à son secours pour mettre un terme aux guerres privées, fomentées par Henri Beauclerc, qui mettent la Normandie à feu et à sang.


Pour contrer les tentatives de prise de pouvoir de la part de leur frère cadet, Robert et Guillaume scellent un pacte prévoyant que si l’un des deux meurt, l’autre lui succèdera automatiquement.

 

Répondant à l’appel du pape, Robert Courteheuse décide de prendre le chemin de Jérusalem et confie son duché à Guillaume qui, dans un premier temps, rétablit l’ordre en Normandie avant d’entreprendre en 1097 la construction de la forteresse de Gisors qui fixe de manière définitive la frontière entre la Normandie et l’Ile de France.

 

De retour en Angleterre, Guillaume le Roux trouve la mort, de manière suspecte, le 2 août 1100. Accident ou complot ? Nul n’en connaît les circonstances exactes. Ce jour là, Guillaume retrouve son frère cadet Henri Ier Beauclerc, Gilbert de Clare et Gauthier Tirel à Brockenhurst pour une partie de chasse dans la forêt de New Forest. L’histoire dit que Gauthier Tirel aurait tiré une flèche en direction d’un cerf. Par mégarde, la flèche ayant manqué l’animal, elle aurait atteint Guillaume le Roux en pleine poitrine ; le tuant sur le coup. Une pierre debout, plantée au milieu d’une clairière, rappelle encore de nos jours ce funeste événement.

 

Guillaume n’ayant pas de descendance, Robert Courteheuse étant occupé à guerroyer contre les “infidèles”, Henri 1er Beauclerc, son jeune frère, s’empresse de prendre la route de Winchester pour s’emparer du trésor royal et de la couronne d’Angleterre. Aidé en cela par Gilbert et Roger de Clare, Henri 1er Beauclerc est officiellement couronné roi d’Angleterre le 5 août 1100.

 

De retour en Normandie au printemps 1100, mis devant le fait accompli et bien que laissant planer la menace d’un débarquement en Angleterre, Robert Courteheuse reconnaît finalement les droits d’Henri 1er Beauclerc à la couronne d’Angleterre en échange d’une rente annuelle. En fait, la querelle ne fait que commencer entre les deux frères ..

 

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Mort de Guillaume le Roux.

Lithographie de A. de Neuville

(1895), extraite de

Universal History par Ridpath

 
       
   

 

Pacte prévoyant que si l’un

des deux meurt, l’autre lui

succèdera automatiquement.

 
         
  Henri Ier Beauclerc  
         
 

Henri 1er, appelé Beauclerc, troisième fils de Guillaume le Conquérant et de Mathilde de Flandre, est né au lendemain de la conquête de l’Angleterre, en 1068 à Selby. Il est l’artisan de la réunification de la Couronne d’Angleterre et du duché de Normandie. Sa vie sera marquée par le tragique naufrage de la Blanche Nef au cours duquel périra la fine fleur de la noblesse Normande et Guillaume Adelin, son fils héritier au trône d’Angleterre.

Agé de 18 ans à la mort du Conquérant, initialement destiné à la prêtrise, bien que lettré, brillant et ambitieux, Henri reçoit pour seul héritage une forte somme d’argent pendant que ses frères, Guillaume le Roux et Robert Courteheuse, se partagent respectivement le royaume d’Angleterre et le duché de Normandie. Henri 1er, présent au côté de son frère Guillaume le Roux lors de sa mort le 2 août 1100 à New Forest, profitant de l’absence de Robert Courteheuse parti délivrer le tombeau du Christ et du soutien des barons normands , s’empare du trésor royal et de la couronne d’Angleterre.

 

Henri est officiellement couronné roi d’Angleterre, le 5 août 1100 à l’abbaye de Westminster.

 

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Henri Ier Beauclerc

 
         
 

Pour asseoir son pouvoir, il promulgue la charte des libertés, dite aussi charte du couronnement, et reprend à son compte des lois édictées sous le règne du roi Edouard "le Confesseur".

 

Le 11 novembre de la même année, il épouse Édith, la fille de roi Malcolm III d’Écosse, dont il aura quatre enfants parmi lesquels Guillaume Adelin, son fils héritier, et Mathilde, future impératrice.

 

En 1001, Robert Courteheuse, de retour des croisades, tente de lui reprendre le trône d’Angleterre

 

Cette tentative infructueuse se solde par le traité d’Alton par lequel Robert accepte de reconnaître Henri comme roi d’Angleterre, en contre-partie de diverses concessions dont une rente annuelle. En 1105, Henri 1er, voyant en son frère une menace, traverse la Manche, bat l’armée ducale à la bataille de Tinchebray, capture et emprisonne Robert en Angleterre. Duché de Normandie et royaume d’Angleterre de nouveau réunis comme au temps du Conquérant, Henri 1er Beauclerc , reconnu duc de Normandie le 15 octobre 1106, s’oppose aux ambitions du roi de France, Louis VI le Gros, auquel il inflige de cuisantes défaites, en 1113 puis en 1119 à la bataille de Brémule, en contraignant de dernier à reconnaître l’autorité du roi d’Angleterre sur le Maine et la Bretagne.Le 25 novembre 1120, la Blanche Nef ayant à son bord la fine fleur de la noblesse Normande et Guillaume Adelin, prétendant légitime à la couronne d’Angleterre, fait naufrage aux abords des côtes normandes, près du port de Barfleur. Privé d’héritier, Henri 1er fait prêter serment d’allégeance à sa fille Mathilde par ses barons qui, à sa mort, lui préféreront Etienne de Blois, neveu d’Henri et petit-fils du Conquérant. Henri 1er Beauclerc meurt au cours du mois de décembre 1135, à Lyons-la-forêt, d’un empoisonnement alimentaire. Il repose à l’abbaye de Reading en Angleterre.

 

Le naufrage de la Blanche Nef

 

Le 25 novembre 1120, le naufrage de la Blanche Nef et la disparition de Guillaume Adelin, fils et successeur désigné du roi Henri 1er Beauclerc, allaient plonger le royaume anglo-normand dans une immense tristesse et modifier le cours de l’histoire de l’Europe médiévale.

 

La dynastie Normande étant depuis fort longtemps installée sur le trône d’Angleterre, le roi Henri 1er Beauclerc pensait en toute quiétude pouvoir transmettre sa couronne à sa descendance. Bien qu’ayant eu de nombreux "bâtards", il n’avait que deux enfants légitimes. Son espoir reposait sur la naissance de son fils unique, "Guillaume, Fils du Roi", appelé à régner sur le royaume d’Angleterre et le duché de Normandie.

 

Guillaume Adelin était un prince guerrier qui, dès l’âge de 17 ans, combattait déjà aux côtes de son père pour réaffirmer leurs droits sur le continent pour leur terre de Normandie. Après la campagne réussie de 1119 qui vit la défaite et l’humiliation du roi Louis VI de France à la bataille de Brémule, le roi Henri et son entourage se préparaient à rejoindre l’Angleterre.

 

Henri se vit offrir un noble vaisseau, la Blanche Nef, prêt à mettre les voiles vers l’Angleterre, mais le roi avait déjà prévu tous les détails de son retour et suggéra à son fils, Guillaume, d’embarquer sur la Blanche Nef.

 
         
 

Prétendant au trône, le Prince Guillaume attirait, autour de lui, la fine fleur de la société. Au cours de cette traversée, Guillaume allait être accompagné par quelques 300 compagnons dont 140 chevaliers et 18 nobles, son demi-frère Richard, sa demi-soeur Mathilde la Comtesse du Perche, ses cousins Etienne et Mathilde de Blois, le neveu de l’Empereur Henry V d’Allemagne, le jeune Comte de Chester et la plupart des héritiers des grands propriétaires terriens d’Angleterre et de Normandie.

 

L’ambiance était à la fête. Le Prince avait fait apporter à bord du bateau du vin par tonneaux entiers. Passagers et équipage, bien vite avinés, s’injuraient mutuellement allant jusqu’à chasser un groupe de clercs venus bénir le voyage.

 

Certains passagers, dont Etienne de Blois, qui souffrait alors de diarrhée, sentant venir les complications, décidèrent de prendre un autre bateau.

 

 

Le naufrage de la Blanche Nef

 
     
 

Ce n’est qu’après la tombée de la nuit que la Blanche Nef mit le cap vers l’Angleterre. A la sortie du port de Barfleur, le navire du Roi et la Blanche Nef se suivaient encore. La mauvaise visibilité et l’équipage ayant abusé de la boisson, la Blanche Nef se trouva rapidement distancée. Le Prince qui souhaitait toucher terre le premier donna ordre à l’homme de barre de rattraper et de doubler le reste de la flotte.

 

Aussi saoul que le reste de ses compagnons, ce dernier s’exécutait.

 

Bien que la Blanche Nef fût un excellent vaisseau, les traversées, à cette époque, étaient loin d’être sûres. Avec, de surcroît, un équipage aviné à la manœuvre, il semble que le destin réservait une place particulière à la Blanche Nef. L’homme de barre dirigeant le bateau plein nord, alors qu’il aurait dû garder le cap à l’est, la Blanche Nef percuta en pleine nuit le récif de Quillebeuf.

 

Aussitôt, le garde du corps de Guillaume se précipita sur le pont et fit embarquer le Prince dans un petit esquif ; mettant celui-ci en sécurité avant même que l’équipage ait pu réagir et tenter, en vain, de libérer la Blanche Nef de l’emprise des rochers.

 

Dans la nuit, Guillaume pouvait entendre sa demi-sœur l’appeler, le supplier de ne pas la laisser à la merci d’une mer sans pitié. Il ordonna à ses compagnons de faire demi-tour. La situation était désespérée. Alors que Guillaume s’approchait à nouveau, la Blanche Nef commençait à couler. Le frêle esquif surchargé et déséquilibré par les naufragés qui tentaient de trouver refuge à son bord se retourna soudainement entraînant ses passagers vers l’abîme.

 

C’est ainsi que périrent Guillaume Adelin et ses compagnons d’infortune. Le seul survivant de ce drame fut un boucher de Rouen, dénommé Bérold, qui accroché au mât du navire émergeant au-dessus des flots, put être secouru et ramené à Barfleur. Dans les jours qui suivirent de nombreux corps richement vêtus furent rejetés à la côte.

 

La funeste nouvelle ne tarda pas à arriver en Angleterre. Nul n’eut le courage d’en aviser le roi. Ce n’est que trois jours plus tard qu’un enfant lui racontera, en pleurant, les derniers instants de la Blanche Nef. Désespéré, le roi tomba sur le sol tel un homme ivre, et jamais plus on ne le vit sourire.

 
     
 

 
 

Guillaume et Mathilde avec leurs fils :Guillaume le Roux et Robert Courteheuse,

fresques disparues d'une chapellede l'abbatialeSaint-Etienne de Caen, XIIIe-XIVe s

 
         
   

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