Les haies brise-vent
  LA GESTION DU BOCAGE
  CREATION D'UNE HAIE BRISE-VENT
         
 

Haie bocagère diminuant la vitesse du vent jusqu'à 50%

 
     
  Eddy CLERAN - Novembre 2003      
     
 

La haie brise-vent est aujourd'hui le moteur du renouvellement du bocage. Sur le département de la Manche 1 000 km de haies brise-vent ont été installées avec le soutien du Conseil Général, de l'Etat du Parc Naturel Régional ou de la Chambres d'Agriculture de la Manche. La réfection des haies existantes pour en faire d'excellents brise-vent obtient également des résultats intéressants. La reconstitution du bocage à ormes, avec le Parc des Marais du Cotentin et du Bessin en est le meilleur exemple. Sur le département de la Manche, 125.000 plants sont mis en place, en moyenne tous les ans, au cours de la saison.

 

Une enquête réalisée par la D.D.A.F. dans la Manche, en 1995, confirme cet intérêt. Les planteurs mettent en avant le rôle de protection des haies à 58 %. Ils plantent aussi pour le cadre de vie à 30 % et seulement à 12 % pour le bois.

 


 

Le rôle de protection de la haie bocagère vis-à-vis des animaux et des bâtiments est régulièrement mis en avant par les agriculteurs. La haie brise-vent a également d'autres atouts.

 

 
 

Les brise-vent pourquoi ?

 

Le bocage protège les animaux contre la pluie, le vent, le froid ou la chaleur en été.

Dans de mauvaises conditions, les animaux consomment plus d'énergie pour réguler leur température et lutter contre la fatigue occasionnée. Cela se traduit par une baisse des rendements en production de lait et de viande.


En procurant un abri aux animaux contre le vent et la pluie, les haies leur apportent un réel confort. Ces effets sont d'autant plus importants si les conditions climatiques sont rudes et si les animaux sont jeunes.

 

Contre les vents nuisibles : dans notre région, caractérisée par la proximité de la mer, toutes les expositions sont, à un moment donné, confrontées au vent. On se protège alors contre sa force, sa violence ou contre le froid et le dessèchement.

 

Les animaux en pâture, les bâtiments mais aussi les hommes se protègent du vent.


On installe aussi des brise-vent pour lutter contre:

 

    - l'érosion éolienne

    - la verse des cultures, la lacération des feuilles

    - le volage des semences et la dispersion des produits phytosanitaires dans les zones légumières

    - le trouble de la pollinisation dans les vergers

    - les embruns salés

    - l'évapotranspiration

    - l'altération des jeunes pousses en arboriculture et plantation forestière

 

La qualité de l'eau, la diversité de la flore et de la faune ainsi que la lutte intégrée dans les vergers sont également des motivations pour planter des brise-vent.

 

Les caractéristiques des brise-vent

 

L'efficacité d'un brise-vent dépend de :


    - Sa perméabilité : un bon brise-vent est un filtre, sa perméabilité détermine son efficacité. Elle dépend de sa composition (feuillus/persistant ou arbre/arbuste) et de l'entretien (avec arbuste ramifié ou non).

    - Sa hauteur : détermine la surface protégée.

    - Sa largeur : pour un effet brise-vent, une largeur minimum homogène est nécessaire.

    - Son épaisseur : le comportement du vent est différent dans les bandes boisées. La protection est démultipliée sans en avoir ses inconvénients : c'est le brise-vent idéal.

    - Sa position topographique : la position idéale est le sommet de colline, cette position augmente la portée du brise-vent.

    - Son orientation : doit faire front aux vents à combattre. Elle détermine aussi l'ombre et par là même, la concurrence du brisevent sur les cultures.

    - L'effet maillage : l'agencement des formations boisées entre elles et le maillage bocager influent sur le climat de la parcelle, mais aussi sur le climat régional.


Un brise-vent ne freine pas seulement l'air au niveau du sol, il créé un sillage vertical. Lorsque le vent rencontre un ensemble bocager, il est ralenti en altitude. Le bocage joue un rôle tampon, il limite des variations extrêmes du climat (les températures moyennes et pluviométrie sont augmentées. La précocité des cultures est améliorée).


A l'échelle de la parcelle, l'INRA a démontré en 1970, l'augmentation des rendements sur des cultures réputées souffrir de la concurrence des haies. Si la taille des parcelles est suffisante, les baisses de rendements observées le long des haies (sur 1 hauteur du brise-vent : baisse de 75 % du rendement) est au moins compensée par l'augmentation du rendement sur la majeure partie du champ (située entre 1 hauteur et 10 hauteurs, le rendement est augmenté de 20 %).

 
     
   

La gestion du bocage