Les jouets en bois
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  LES JOUETS EN BOIS
     
 

Les Jouets en bois

Brève nouvelle parue en 1870

  

Qui n’a pas fait emplette, un jour de fête ou le premier jour de l’an, d’une de ces petites boîtes où sont contenues des ménageries entières d’animaux en bois, lions, éléphants, dromadaires, boeufs, chevaux, moutons, etc. ?

 
         
 

C’est là l’un des premiers jouets que l’on donne aux enfants, et l’on est toujours sûr du succès. Avec quel charmant sourire, avec quelle joie naïve l’enfant, en ouvrant sa boîte, reconnaît tout d’abord parmi ces petites figures celle du chien ou du chat de la maison ? On jouit de sa surprise, de son enchantement. Mais a-t-on la curiosité de se demander et de chercher comment on est parvenu à fabriquer, en si grand nombre et à si bas prix, toutes ces bêtes liliputiennes si amusantes et si instructives à la fois ?

 

Il est évident que si, pour faire chacune d’elles, il fallait débiter à part un morceau de bois, le découper et le sculpter entièrement à la main, on devrait employer des ouvriers doués d’un certain sentiment d’art, et, de plus, il serait besoin de beaucoup de temps ; par suite, le prix de ces jouets ne pourrait être que très élevé. Mais le procédé de fabrication est des plus simples.

 

On choisit un rondin de sapin blanc bien sain ; on lui donne, au tour, la forme d’un anneau dont la section en travers est, comme la figure l’indique, le profil extérieur, la silhouette de l’animal que l’on veut imiter. On coupe ensuite cet anneau, ainsi préparé, dans le sens des fibres, par tranches dont chacune a l’épaisseur correspondante à la plus grande largeur du corps de l’animal. Puis on termine le travail à la main, on arrondit, on adoucit les angles ; on enlève le bois entre les pattes ; on ajoute les oreilles, la queue, les cornes, qui ont été prises elles-mêmes dans d’autres anneaux préparés sur le même tour ; et enfin on donne à tout le corps une couche de peinture.

 

Chaque ouvrier est chargé d’une seule partie ; par exemple, les anneaux d’où doivent sortir les lions sont tous tournés par la même personne. Une autre découpe les tranches, une troisième arrondit les angles de chaque tranche, et ainsi de suite. C’est grâce à cet ingénieux procédé et à cette division du travail que l’on fabrique rapidement à un très grand nombre tous ces petits animaux en bois, de manière à pouvoir les vendre à bas prix avec un bénéfice suffisant. Dans son rapport sur les jouets, à la suite de l’Exposition universelle de 1867, M. Jules Delbruck fait observer avec raison que tout jouet d’enfant doit réunir au moins une ou plusieurs conditions essentielles, qui sont d’être amusant, utile, bien fait et à bon marché.

 

Un jouet qui n’est pas amusant n’est pas un jouet. Il est bon que le jouet soit utile à un point de vue quelconque ; il faut qu’il aide au développement de l’enfant : corps, esprit, ou sentiment. Il doit être bien fait, c’est-à-dire ne produire, sous le rapport de la forme, de la proportion et de la couleur, que des impressions justes. Enfin le bon marché est, pour la grand masse de jouets, une condition importante.

 

Les boîtes de petits animaux remplissent toutes ces conditions lorsque celui qui donne, au tour, les profils, a sous les yeux les bons modèles et le goût nécessaire.

 

Nous désirons voir améliorer en France certains jouets, par exemple les verres de lanterne magique, qui pourraient, au lieu de caricatures fort sottes et de vieux contes, représenter quelquefois des scènes d’histoire, de voyage, des monuments, des paysages étrangers, etc.

 

Il est singulier qu’il ne se rencontre personne pour donner cette satisfaction aux familles.

 

 
       
   

 
       
   

 
         
 

 
         
 

 
         
 

 
         
 

 
     
 

 
         

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