Lettre H
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       La lettre H1  ha-hap  
         
 

 
         
 

H. L'aspiration rude de cette lettre est employée mal à propos dans quelques cas. Par exemple : c'ment hla ; donne-moi hla : comment cela ; donne-moi cela.

HA : haut. En patois Walon, hats. Villehardouin écrivait : halz murs et haltes teres. L.

HACHET : petite barrière dont les barreaux sont perpendiculaires. Voyez HÉ.

HAGER : déchirer, détériorer, gâter. De hacher.

HAGNETTE : béquille. D'anus, vieille femme. Il signifie aussi mauvais couteau. B.

HAGUE (s. f.) (arr. de Valognes) : fruit de l'aubépine, qui s'appelle hôgan, en breton. C'est aussi le nom que l'on donne à l'extrémité du Cotentin, où les pirates normands s'étaient fortifiés au moyen d'un fossé dont les restes sont connus sous le nom de Haguedik. C'était, comme on sait, leur usage : « Normanni, devastata ex maxima parte Hlotharici regni regione, prope fluvium Clyla, loco qui dicitur Lovonium, sepibus (more eorum) munitione capta, securi consederunt. Annales Fuldenses, année 891, dans Du Chesne, Scriptores Normannorum, p. 18.

 

Rous ne li suen qui od lui erent,

Defenses firent e fossez

Granz e parfunz e Haux e les,

Clos environ cume chastel.

Barois, Chronique rimée, T.11, v. 3442.

 

Voyez aussi Dudon de Saint-Quentin, I. II , dans Du Chesne, loc. ci t., p. 77 ; Guillaume de Jumièges, I. I I, ch. 10,  ibid., p. 228 , et le Roman de Rou, t. I , p. 64. Selon Ihre, l'islandais hagi aurait signifié haie ; nous ne le connaissons qu'avec le sens de pâturage, mais probablement clos ; au moins le vieil allemand hag et l'anglo-saxon hacg nous portent à le croire. La racine de haie pourrait même être celtique ; car dans le patois de l'Isère, agi signifie haie, buisson ; dans celui des Vosges, haigis signifie bosquet, et le vieux français haie avait le plus souvent la signification de bois : la Haie de Valognes, la Haie d'Ectot, St.-Germain-enLaye, etc. MM. Duméril.

HAGUIGNÈTES ; HOGUIGNÈTES : étrennes. C'est la corruption de : Au gui l'an neuf. Dans le XVIe. siècle, on chantait à Rouen :

 

Donnez-moi mes haguignètes

Dans un panier que voici.

Je l'achetai samedi.

D'un bonhomme du dehors.

Mais il est encore à payer.

Hoguinelo !

 

Ce refrain est à peu près le même que celui de cette autre chanson du même crû et de la même époque :

 

Si vous veniez à la despence,

A la despence de chez nous,

Vous mangeriez de bons choux ;

On vous servirait du rost.

Hoquinano !

 

HAGUIGNOTER : couper mal à propos par petits morceaux. De hacher.

HAHI-HAHA; MOITIÉ HAHI, MOITIÉ HAHA : d'un sexe équivoque. Virago. Homme efféminé et qui a une voix grêle.

HAI. Voyez, HÉ et HEISE.

HAIE ; HAIE-CI : va ; va par ici (en parlant à un cheval). On dit à un mauvais cheval : haïe-ci, quatre sous ! Et va donc ! Il semble qu'on devrait écrire : aille ! aille-ci ! c'est-à-dire qu'il aille !

HAILOCHER : marcher en se balançant. Du verbe locher.

HAIM ou AIN : hameçon. Du latin hamus. Le h de haim ne s'aspire point. L.

HAINGEUX, méchant, remuant, hargneux. B.

HAINGRE : malingre; souffreteux. D'aeger, malade.

HAION (s. m.) : broussailles disposées pour clore la brèche d'une haie. A.

HAIR (s. m.) : chevelure. De hure. (Vire.)

HAIRE et non pas HÈRE. Voyez HURE.

HAIRE : hargneux, hargneuse. L.

HAIREQUELIER : mauvais sujet avec lequel il est difficile de traiter ; fainéant. Des substantifs haire et querelleur. En langue romane, arquellier et harquelier. Ces mots désignaient, dit Roquefort, « un homme gagé par un religieux pour le mener faire la quête ». Comme ces mendiants voyageaient loin de la surveillance de leurs supérieurs, ils se comportaient parfois assez mal pour exciter de justes plaintes. Aussi, dans le moyen-âge, on donnait le nom de harquelier ou hairequelier aux vagabonds et aux vauriens. Comme, pour la même cause, on parlait mal des pélerins, parmi lesquels se mêlaient des fainéants, des débauchés et des pillards, on fit le proverbe : Je connais le pélerin ; c'est-à-dire : ce vaurien, ce faux pélerin ne me trompera pas.

 

HAIRGANE ou ERGANE : hargneux. B.

HAÏS (Je); tu HAÏS; il HAÏT : je hais, tu hais, il hait.

HAISET (s. m.) : partie inférieure d'une porte coupée en deux. Du bas latin haisellus. En vieux fiançais ainsi que dans l'Orne, haise : Comme Pierre Playart.. . vouloist mettre en une cour de la maison où il demeuroit, une haise qu'il avoit faite pour obvier que le bestail de la ville n'entrast en sa court. Lettres de grâce de 1371, citées dans Du Cange, t. III, p. 616 , col. 1. On dit proverbialement des amoureux :

 

S'ils n'entrent par le haiset,

Ils entrent par le viquet.

 

Ce mot, signifiait sans doute originairement une petite porte comme l'huiselet du vieux français. MM. Duméril.

HAISIER ou plutôt HEISIER : ridelle. Voyez HÉ.

HAITER (v. n.) : travailler à une haie.

HAITER : plaire.

HAITIER (s. m.) : galetière pour frire les crêpes de sarrasin.

HALABRE : homme déguenillé et de mauvaise mine. Du latin helluo, gourmand.

HALAISER : respirer avec peine. D'haleine. B.

HALAS : hélas ! M.

 

HALBATTÉ : évaporé ; mauvaise tête.

HALBI (s. m.) : liqueur composée de pommes et de poires pressurées ensemble. De l'anglais halt, moitié, et du latin bibere, boire.

HALER : tirer à soi ; exciter. Haler un chien sur quelqu'un : le lâcher et l'animer contre quelqu'un.

HALER (en parlant des animaux) : être essoufflé ; avoir l'haleine embarrassée. Voyez HALAISER.

HALÉSER : trembler de peur. De l'interjection halas ! pour hélas !

HALFESSIER : mauvais sujet, de mauvaise mine ; qui tire ou traîne, ou hale le derrière (les fesses),

HALIPRE : gerçure des lèvres, produite par le froid ou par le hâle. B.

HALITRE. Même sens que HALIPRE. L.

HALITRÉ : gercé par le halitre. L.

HALLIER : moissonneur loué à la halle.

HALMÊCHE : dispute. B.

HALOT : petit garçon de campagne. Voyez HANNOT.

HALOTTER : remuer le crible, de manière à amasser la paille sur le devant. C. Voyez HALER . A.

HALUMEAU : groupe. Un halumeau de fruits. L.

HAMBIN : boiteux, paresseux, lambin.

HAMBINER : marcher ou travailler comme un écloppé ; boiter. On dit aussi hambouiner. Voyez GAMBILLER. L.

HAMMÉE : cépée.

HAN : fantôme.

HANAP ; HANAR : vase à boire. Une commune, près d'Alençon, s'appelle Vingt-Hanaps. Par extension, un vase quelconque. En patois Walon, henat. A.

HANE (s. f. ) : vieille femme.

HANNEAU ou HANNOT : jatte. De hanap.

HANGUERLINE ; HANGRELINE (s. f.) : mauvais habillement, haillons.

HANELLE : branches menues dont on se sert pour faire les bourrées.

HANILLE (s. f.) : branche de bois, propre à faire le charbon des forêts.

HANNE (s. f.) : culotte, pantalon. P. R.

HANNEBANE ; HANNEBONNE : jusquiame (Hyosciamus niger).

HANNEQUIN : petit enfant mat bâti. De hinnulus, petit mulet.

HANNEQUINER (v. n.) : travailler avec peine. Du vieux mot ahan. En patois Walon, halkiné signifie tergiverser.

HANNOT : petit garçon. De hanne. Sans doute parce qu'il est depuis peu vêtu d'une hanne, d'une culotte.

HANOCHE (s. f.) : forte aspérité sur les arbres ; bois raboteux. On dit, en patois Walon : henne di boi, pour une bûche. Patois Rouchi.

HANOCHE (s. f.) : fève de marais (Vicia faba).

HANON (Centaurea nigra).

HANSARD : couperet.

HANT : fréquentation, accointante.

HANTE (s. f.) : verge de fouet ; manche de faux ; hampe. En Roman, hanste.

HANTÉ : fréquenté par de la canaille, en parlant d'un maison où se réunit un mauvais hant. On dit aussi d'un lieu qu'il est hanté, c'est-à-dire qu'il y vient des hans ou fantômes.

HANTIER (s. m.) : butte. B.

HAPPE (s. f.) : capture, prise. On dit : la bonne ou la belle happe, par dérision, dans le sens du mot fameux de Ninon de Lenclos : « Ah! le bon billet qu'a La Châtre ! »

HAPPELOPIN : pauvre diable qui, mourant de faim, se jette sur ce qu'il peut attraper.

 
     
   

Glossaire du patois normand de 1856