Lettre H
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       La lettre H1  ha-hap  
         
 

 
         
 

H. L'aspiration rude de cette lettre est employée mal à propos dans quelques cas. Par exemple : c'ment hla ; donne-moi hla : comment cela ; donne-moi cela.

HA : haut. En patois Walon, hats. Villehardouin écrivait : halz murs et haltes teres. L.

HACHET : petite barrière dont les barreaux sont perpendiculaires. Voyez HÉ.

HAGER : déchirer, détériorer, gâter. De hacher.

HAGNETTE : béquille. D'anus, vieille femme. Il signifie aussi mauvais couteau. B.

HAGUE (s. f.) (arr. de Valognes) : fruit de l'aubépine, qui s'appelle hôgan, en breton. C'est aussi le nom que l'on donne à l'extrémité du Cotentin, où les pirates normands s'étaient fortifiés au moyen d'un fossé dont les restes sont connus sous le nom de Haguedik. C'était, comme on sait, leur usage : « Normanni, devastata ex maxima parte Hlotharici regni regione, prope fluvium Clyla, loco qui dicitur Lovonium, sepibus (more eorum) munitione capta, securi consederunt. Annales Fuldenses, année 891, dans Du Chesne, Scriptores Normannorum, p. 18.

 

Rous ne li suen qui od lui erent,

Defenses firent e fossez

Granz e parfunz e Haux e les,

Clos environ cume chastel.

Barois, Chronique rimée, T.11, v. 3442.

 

Voyez aussi Dudon de Saint-Quentin, I. II , dans Du Chesne, loc. ci t., p. 77 ; Guillaume de Jumièges, I. I I, ch. 10,  ibid., p. 228 , et le Roman de Rou, t. I , p. 64. Selon Ihre, l'islandais hagi aurait signifié haie ; nous ne le connaissons qu'avec le sens de pâturage, mais probablement clos ; au moins le vieil allemand hag et l'anglo-saxon hacg nous portent à le croire. La racine de haie pourrait même être celtique ; car dans le patois de l'Isère, agi signifie haie, buisson ; dans celui des Vosges, haigis signifie bosquet, et le vieux français haie avait le plus souvent la signification de bois : la Haie de Valognes, la Haie d'Ectot, St.-Germain-enLaye, etc. MM. Duméril.

HAGUIGNÈTES ; HOGUIGNÈTES : étrennes. C'est la corruption de : Au gui l'an neuf. Dans le XVIe. siècle, on chantait à Rouen :

 

Donnez-moi mes haguignètes

Dans un panier que voici.

Je l'achetai samedi.

D'un bonhomme du dehors.

Mais il est encore à payer.

Hoguinelo !

 

Ce refrain est à peu près le même que celui de cette autre chanson du même crû et de la même époque :

 

Si vous veniez à la despence,

A la despence de chez nous,

Vous mangeriez de bons choux ;

On vous servirait du rost.

Hoquinano !

 

HAGUIGNOTER : couper mal à propos par petits morceaux. De hacher.

HAHI-HAHA; MOITIÉ HAHI, MOITIÉ HAHA : d'un sexe équivoque. Virago. Homme efféminé et qui a une voix grêle.

HAI. Voyez, HÉ et HEISE.

HAIE ; HAIE-CI : va ; va par ici (en parlant à un cheval). On dit à un mauvais cheval : haïe-ci, quatre sous ! Et va donc ! Il semble qu'on devrait écrire : aille ! aille-ci ! c'est-à-dire qu'il aille !

HAILOCHER : marcher en se balançant. Du verbe locher.

HAIM ou AIN : hameçon. Du latin hamus. Le h de haim ne s'aspire point. L.

HAINGEUX, méchant, remuant, hargneux. B.

HAINGRE : malingre; souffreteux. D'aeger, malade.

HAION (s. m.) : broussailles disposées pour clore la brèche d'une haie. A.

HAIR (s. m.) : chevelure. De hure. (Vire.)

HAIRE et non pas HÈRE. Voyez HURE.

HAIRE : hargneux, hargneuse. L.

HAIREQUELIER : mauvais sujet avec lequel il est difficile de traiter ; fainéant. Des substantifs haire et querelleur. En langue romane, arquellier et harquelier. Ces mots désignaient, dit Roquefort, « un homme gagé par un religieux pour le mener faire la quête ». Comme ces mendiants voyageaient loin de la surveillance de leurs supérieurs, ils se comportaient parfois assez mal pour exciter de justes plaintes. Aussi, dans le moyen-âge, on donnait le nom de harquelier ou hairequelier aux vagabonds et aux vauriens. Comme, pour la même cause, on parlait mal des pélerins, parmi lesquels se mêlaient des fainéants, des débauchés et des pillards, on fit le proverbe : Je connais le pélerin ; c'est-à-dire : ce vaurien, ce faux pélerin ne me trompera pas.

 

HAIRGANE ou ERGANE : hargneux. B.

HAÏS (Je); tu HAÏS; il HAÏT : je hais, tu hais, il hait.

HAISET (s. m.) : partie inférieure d'une porte coupée en deux. Du bas latin haisellus. En vieux fiançais ainsi que dans l'Orne, haise : Comme Pierre Playart.. . vouloist mettre en une cour de la maison où il demeuroit, une haise qu'il avoit faite pour obvier que le bestail de la ville n'entrast en sa court. Lettres de grâce de 1371, citées dans Du Cange, t. III, p. 616 , col. 1. On dit proverbialement des amoureux :

 

S'ils n'entrent par le haiset,

Ils entrent par le viquet.

 

Ce mot, signifiait sans doute originairement une petite porte comme l'huiselet du vieux français. MM. Duméril.

HAISIER ou plutôt HEISIER : ridelle. Voyez HÉ.

HAITER (v. n.) : travailler à une haie.

HAITER : plaire.

HAITIER (s. m.) : galetière pour frire les crêpes de sarrasin.

HALABRE : homme déguenillé et de mauvaise mine. Du latin helluo, gourmand.

HALAISER : respirer avec peine. D'haleine. B.

HALAS : hélas ! M.

 

HALBATTÉ : évaporé ; mauvaise tête.

HALBI (s. m.) : liqueur composée de pommes et de poires pressurées ensemble. De l'anglais halt, moitié, et du latin bibere, boire.

HALER : tirer à soi ; exciter. Haler un chien sur quelqu'un : le lâcher et l'animer contre quelqu'un.

HALER (en parlant des animaux) : être essoufflé ; avoir l'haleine embarrassée. Voyez HALAISER.

HALÉSER : trembler de peur. De l'interjection halas ! pour hélas !

HALFESSIER : mauvais sujet, de mauvaise mine ; qui tire ou traîne, ou hale le derrière (les fesses),

HALIPRE : gerçure des lèvres, produite par le froid ou par le hâle. B.

HALITRE. Même sens que HALIPRE. L.

HALITRÉ : gercé par le halitre. L.

HALLIER : moissonneur loué à la halle.

HALMÊCHE : dispute. B.

HALOT : petit garçon de campagne. Voyez HANNOT.

HALOTTER : remuer le crible, de manière à amasser la paille sur le devant. C. Voyez HALER . A.

HALUMEAU : groupe. Un halumeau de fruits. L.

HAMBIN : boiteux, paresseux, lambin.

HAMBINER : marcher ou travailler comme un écloppé ; boiter. On dit aussi hambouiner. Voyez GAMBILLER. L.

HAMMÉE : cépée.

HAN : fantôme.

HANAP ; HANAR : vase à boire. Une commune, près d'Alençon, s'appelle Vingt-Hanaps. Par extension, un vase quelconque. En patois Walon, henat. A.

HANE (s. f. ) : vieille femme.

HANNEAU ou HANNOT : jatte. De hanap.

HANGUERLINE ; HANGRELINE (s. f.) : mauvais habillement, haillons.

HANELLE : branches menues dont on se sert pour faire les bourrées.

HANILLE (s. f.) : branche de bois, propre à faire le charbon des forêts.

HANNE (s. f.) : culotte, pantalon. P. R.

HANNEBANE ; HANNEBONNE : jusquiame (Hyosciamus niger).

HANNEQUIN : petit enfant mat bâti. De hinnulus, petit mulet.

HANNEQUINER (v. n.) : travailler avec peine. Du vieux mot ahan. En patois Walon, halkiné signifie tergiverser.

HANNOT : petit garçon. De hanne. Sans doute parce qu'il est depuis peu vêtu d'une hanne, d'une culotte.

HANOCHE (s. f.) : forte aspérité sur les arbres ; bois raboteux. On dit, en patois Walon : henne di boi, pour une bûche. Patois Rouchi.

HANOCHE (s. f.) : fève de marais (Vicia faba).

HANON (Centaurea nigra).

HANSARD : couperet.

HANT : fréquentation, accointante.

HANTE (s. f.) : verge de fouet ; manche de faux ; hampe. En Roman, hanste.

HANTÉ : fréquenté par de la canaille, en parlant d'un maison où se réunit un mauvais hant. On dit aussi d'un lieu qu'il est hanté, c'est-à-dire qu'il y vient des hans ou fantômes.

HANTIER (s. m.) : butte. B.

HAPPE (s. f.) : capture, prise. On dit : la bonne ou la belle happe, par dérision, dans le sens du mot fameux de Ninon de Lenclos : « Ah! le bon billet qu'a La Châtre ! »

HAPPELOPIN : pauvre diable qui, mourant de faim, se jette sur ce qu'il peut attraper.

 
     
   
Lettre H
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       La lettre H2  hap-haz  
         
 

 
         
 

HAQUEMASSER (v. a.) : tourmenter. Espèce d'onomatopée, comme micmac, trictrac. A.

HAQUENAILLER : marcher lentement et pesamment comme une mauvaise haquenée. Voyez HAMBINER. A.

HAQUETER : caqueter.

HAR : sorte de chien de mer. Voyez HAS. L.

HARANGUET : petit hareng. C'est ainsi que parle Pluquet sur le patois bayeusain. Je crois qu'il faut écrire hareng gué ou hareng gueux, comme on appelle à Lisieux le hareng qui n'a ni oeufs, ni laitance, qui n'est ni oeuvé, ni laité.

HARASSE (s. f.) : sorte de grand panier à claire-voie.

HARASSÉE : préparation de châtaignes ou de marrons dans une harassoire. Ce que contient cette harassoire.

HARASSER (des châtaignes) : les torréfier dans une harassoire. Suivant Lancelot, ce verbe vient du grec et signifie agiter, remuer; ce qui se trouve d'accord avec l'acception commune.

HARASSOIRE (s. f.) : sorte de poêle à frire, percée de plusieurs trous, dans laquelle on grille ou torréfie les châtaignes.

HARDÉ ; HARDELÉ : qui n'a pas de coquille. Ces mots se disent des oeufs sans coquille, pondus par les coqs. L.

HARDELLE : jeune fille. Ce substantif, employé par Basselin, et resté en usage à Courtomer dans le voisinage d'Alençon, appartient à l'ancien français. Un hardeau était une jeune branche, un scion : il venait de hart. Depuis on a dit, au figuré, un hardeau pour un jeune garçon, et une hardelle pour une jeune fille. Cette étymologie, tirée de Nicot, fut suivie par Monet, et plus tard par La Monnoye. On peut consulter à ce sujet les Contes et nouvelles de Boraventure des Perriers (Nouv.. 17e.), et la note 144 de mon édition de Basselin (Vau-de-Vire XLIV).

HARDER (v. a.): troquer. MM. Duméril citent, à l'appui de ce mot, un vers de Le Houx :

 

Que de bon cueur mes livres harderois.

 

J'avais imprimé ce vers, d'après les manuscrits, dans mon édition de Basselin :

 

... Que de bon cueur mes livres arderois.

 

Je ne sais si les savants auteurs du Dictionnaire du patois Normand ont trouvé cette leçon quelque part, ou si elle n'est qu'une conjecture. Nous l'admettrions volontiers dans une nouvelle édition d'Olivier Basselin. J. Travers.

HARDOUINE : vieille, entremetteuse de mariages. Voyez BADOCHET et DIOLEVERT.

HARÉE : averse de pluie. Du Celtique-Basque vria. En Roman, orez. L.

HARER, sans doute pour haler : exciter (Vire).

HARGAGNEUX : hargneux.

HARGOTER. Voyez HARIQUOTER.

HARGUIGNER, et non pas arguigner : agacer, rendre hargneux. (Manche.)

HARICOT : haricot pris en vert. On appelle mal à propos le haricot sec, petite fève, pois de mai et pois blanc. L.

HARIGACHER : disputer ; taquiner ; provoquer. B.

HARIGNEUX : rétif, indocile. De hargneux.

HARILLEUR, homme dont la conduite est suspecte.

HARIN : petit cheval de peu de valeur. De haridelle. A.

HARIPOULOT (A LA) : à la boule-vue, au hasard, sans ordre.

HARIQUE (s. f.) : haridelle.

HARIQUOTER : tracasser ; marchander outre mesure. Disputer.

HARIQUOTIER : homme avec lequel on traite difficilement, comme avec la harique qu'on ne saurait faire marcher. A Bayeux, ce mot signifie, en outre, un marchand de bestiaux dans les foires.

 

HARIVELIER : marchand de bestiaux. B.

HARLAN ; HARLENT ; HERLENT : tracassier. Voyez CHIPOTTER , BASSICOTER et HARIQUOTIER. S.-I.

HARMONER : gronder. B.

HAROUSSE (s. f.) : haridelle. Harotte en patois Walon.

HARQUELER : marchander à l'excès ; chicaner.

HARRACHES (s. f.) : tiges du chanvre, brisées en menues chenevottes. A.

HAS : chien de mer. Voyez HAR. B.

HASIÉ : chétif (Valognes).

HAT, E : haut, haute.

HATE (s. m.) : côtelettes de porc frais, réunies en une seule pièce que l'on sale et que, peu de jours après, on fait rôtir. Du substantif latin hasta, broche à rôt. Dans le patois Walon, ainsi que dans ceux du Nivernais et de la Lorraine, on appelle hâte cette broche. Dans le Roman de la Rose et dans nos vieux écrivains, le hâterel était le col que, dans les animaux égorgés, il faut se hâter de faire cuire, parce qu'il se corromprait promptement à cause du sang extravasé dont il est rempli. Dans les cuisines royales, le hâteur est chargé du soin des broches et des rôts. A.

HATELET. Voyez HATE. L.

HATELLE : bûche. Voyez ATELLE. Du Cange dit au mot HASTELLE : « ... Tenant une busche de bois, qui se nomme au pays (de Normandie) une hastelle. »

HATI : haine. De l'Islandais, hata : haïr.

HATILLE ( s. f.) : fressure. Astille, en Roman, signifie tranches de viande grillées. Voyez CORÉE. Dans ses Notes sur Rabelais (Pantagruel, liv. IV, chap. LIX), Le Duchat réfute Ménage, et dit qu'on appelle hâte, hâtereaux et hâtille les intestins, le foie et les poumons, et qu'il croit que ce nom leur vient de ce qu'ils se corrompraient promptement, « si l'on ne se hâtait de les manger. » On lit aussi, dans le Pantagruel : « Panurge lui-mesme feit les nopces à belles testes de mouton, bonnes hastilles à la moutarde. » L.

HATIVET : orge hâtif.

HAUBE (s. f.) : buse, oiseau de proie. D'où est venu hobereau. L.

HAUCHIER ; HAUCHIR : hausser ; élever.

HAULE ou HOLE : fosse, vallée étroite. De l'islandais hol.

HAUT : avancé. Cette femme est haut-grosse : avancée dans sa grossesse. Notre vache est haut-pleine: est près de vêler.

HAUTAINETÉ : hauteur. Se trouve dans Montaigne.

HAVENET : filet pour prendre les oiseaux.

HAVERDA. Voyez HAVET. L.

HAVERON : folle avoine.

HAVET: sorte de petit instrument de fer, de fourche pour attiser le feu. En patois Walon, ce substantif signifie un croc, soit de fer, soit de bois. En Normandie, le havet offre une fourche par un bout, et un croc par l'autre. L.

HAVET (arrondissement de Vire) : femme malpropre ; c'est une figure ; havet signifiait, en vieux français, ustensile de cuisine qui était sali par la fumée..... HAVET (BÊTE) (s. f. ) (arrondissement de Valognes) : bête imaginaire dont on fait peur aux enfants pour les empêcher d'approcher de l'eau.. MM. Duméril.

HAVINAGE : blâme répété, fait à demi-voix, très-fatigant pour celui qui en est l'objet.

HAVINER : exercer l'action indiquée par le havinage.

HAVIR ; HAVRIR : dessécher, en parlant d'un rôti, pris de feu ou trop cuit.

HAVRON (s. m.) : folle avoine ; hafrar, en islandais ; habaro, en vieil allemand ; wild haver, en allemand moderne. C'est havron et pois percé est une locution populaire, qui signifie : L'un ne vaut pas mieux que l'autre. MM. Duméril.

HAZET : marécage , terrain bourbeux. A.

 
     
   
Lettre H
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       La lettre H3  heb-hol  
         
 

 
     
 

HÉBÉTÉ : étourdi. A.

HÉBÉTER : ennuyer.

HÉBEURGIR (v. n.) : s'agiter avec bruit, en parlant des bestiaux qui se menacent ou se battent dans l'étable ou l'écurie où ils sont hébergés. A.

HÉBRAIT : cri éclatant. De Hé ! et de braire.

HÉ ; HEC : porte ou petite barrière de lattes ou de palissades, ou de jeunes branches. Du vieux mot huis, porte. Pièce du pressoir, composée de pièces assemblées comme un huis. Voyez HUS.

HÉDRIR. Voyez HOUDRIR.

HECQUET : ridelle de charrette. Voyez HEC.

HECQUETER : bégayer.

HÉGUIR : haïr (Avranches).

HEISE ( s. f.) : la même chose que le hec.

HEISET : petite heise.

HÉLASER : soupirer. De l'exclamation : hélas !

HÉMÉE (s. f.) : tapage, grand bruit. L.

HÊMER (v. a.) : faire semblant de vouloir frapper.

HÉMORUITES : hémorrhoïdes. L.

HENÊQUER : bégayer ; hésiter.

HÊNU (s. m.) : brouillard épais. - Tournis des oiseaux.

HÊNUER : tournoyer, tergiverser ; balancer.

HÉRASSER : peiner ; chicaner ; harasser.

HÉRENG : hareng.

HERBAILLES : herbes de rebut ; sarclures de jardin.

HERBE A LA COULEUVRE: orchis.

HERBE A PICOT : mille-feuilles (Achillea millefolium). De ce que les feuilles de cette plante servent à nourrir les picots ou dindons. B.

HERBE A ROBERT (Geranium Robertianum). Voyez ROBERDE.

HERBE AUX FEUILLONS (Bugula reptans). Voyez FEUILLON : frelon. B.

HERBE ROYALE : mâche (Valeriana locusta). Voyez BOURSETTE. L.

HERBE SAINT-JEAN: armoise (Artemisia vulgaris).

HERBE SURE (Aira cespitosa).

HERBE TERRÉE (Glecoma hederacea). B.

HERBIÈRE (s. f.) : planche de jardinage.

HERBIERS : herbes parasites, qu'il faut arracher. L.

HERCAHA : nez-à-nez; vis-à-vis ; de très-près. A.

HERCANSER : chicaner ; badiner grossièrement avec les filles.

HERDRE (v. a.) : garder.

HERDRE : possesseur intéressé ; avare.

HÈRE : d'humeur difficile.

HERGNE : hargneux.

HÉRI : lièvre. Mot islandais.

HERLAN : tracassier.

HERLINQUIN : arlequin. Orderic Vital (liv. VIII) appelle Herlechinus un chef des démons de la bande noire, qui effraya, en 1091, le prêtre Gauchelin à St.-Aubin-de-Bonneval, dans l'arrondissement d'Argentan. C'est évidemment de ce Herlequin qu'on a plus tard fait le mot Arlequin, donné à un personnage théâtral, à figure noire, comme on représente le Diable. Cette étymologie nous semble bien préférable à celles qu'ont données Ménage et Roquefort.

HERMONER : remuer à tort et à travers (Manche).

HERNUER : remuer ; changer, en parlant du temps qui va devenir pluvieux. A.

 

HERNUEMENT : temps embrouillé que les paysans ont mal à propos cru arriver aux changements des phases de la lune ; ce qu'ils appellent aussi le débat de la lune. A.

HERPER (v. a. et n.) : saisir de feu ; cuire trop vite. B.

HERPIN : fripon. S-I.

HERQUELER ; HERQUELIER : tracasser.

HERQUELOT : chétif (Manche).

HERQUER : heurter; accrocher.

HERQUETTE : rateau. De herse (Vire).

HÉRU (adj. ) : mal peigné ; qui a les cheveux comme du crin (Orne). Har, en islandais. On dit aussi hérupé. Voyez HURÉ. MM. Duméril.

HET : gaité, plaisir.

HETER. Voy. HAITER.

HETÉ : coiffé de, au figuré. Je ne suis pas heté de cet homme : je ne suis pas bien prévenu en sa faveur.

HEUDE (s. f.) : bricole pour retenir un animal ; entrave.

HEUDRI : échauffé ; gâté, en parlant du bois. L.

HEULARD : souffreteux, maladif.

HEUMAS : opiniâtre.

HEUNAS : têtu , opiniâtre.

HEUNE : tête.

HEUQUET : hoquet. L.

HEUREUSETÉ : bonheur. De l'ancien mot heur.

HEURU : qui a les cheveux hérissés. De hure.

HEUSE : botte. On avait surnommé le duc de Normandie Robert, Courte-Heuse. Du Celtique-Breton heuz.

HIDRE : hère, malheureux. S.-I.

HIE: joie. D'hilarité, par apocope.

HIÈRE ; HIERRE : lierre, autrefois li erre. De hedera.

HIGNER (v. n.) : crier par intervalle, comme font les petits enfants. Voyez PIGNER.

HIMER : gémir, pleurer, gimer.

HINCHE : haine.

HIVERNAGE ; LIVERNAGE (s.- m.) : plantes cultivées en champ pour nourrir les bestiaux, durant l'hiver.

HLA : cela.

HO ! interjection pour faire arrêter les bêtes de somme ou d'attelage. En patois Walon , hoo ou hôra !

HOBER (des fruits) : les gauler. A.

HOCLASSER : travailler avec quelque peine.

HOCTONNER ou HAQUETONNER : bégayer, balbutier en lisant. MM. Duméril citent ACTAIGNERdans le même sens. A.

HOË (s. f.) : houe.

HODINER : remuer, dodiner. B. S'amuser niaisement. M.

HOELLAND : vallée profonde. De hol et de land : basse terre.

HOGU : hautain. arrogant. Comme nos mots hogue et hougue, hogu vient du haug des langues du Nord, qui signifie pointe, élévation. A.

HOGUIGAGNÈS. Voyez HAGUIGNÈTES. B.

HOIGNE (s. f.) ; fâcherie, murmure, ainsi que nous l'avons expliqué, dans une note de nos Chansons normandes, à la suite de Basselin, p. 177.

HOIMBREUX : ombrageux ; qui hennit inquiet.

HOLBLEU ! HOLBLAU-HOLBLEU ! interjections donton se sert pour engager les boeufs ou les vaches à boire.

 
 
     
   
Lettre H
 ...
       La lettre H4  hol-hut  
         
   
         
 

HOLOS ! cri jeté à l'occasion d'une douleur physique.

HOLINER : hocher la tête. Voyez HODINER.

HOMICIDE DE : cause de. Je n'en suis pas l'homicide : je n'en suis pas la cause.

HOMME : mari. Mn'homme : mon mari. En patois Walon, on dit : om.

HOMMÉE (s. f.). Une hommée de pré est l'étendue que peut en faucher un homme, dans un jour. A.

HONER : chanter en étouffant sa voix.

HONTEUX : timide. L.

HORÉ : venu à temps, à son heure. C.

HORGNE : horion, coup sur la tête.

HORGNER : donner une horgne.

HORION : gros rhume.

HORION : épidémie ; fièvre causée par les marécages. Roman. B. Voir les Chroniques de Monstrelet.

HORIQUE (s. f.) : maladie régnante. B.

HORSAIN ; HORZIN : étranger, homme du dehors.

HOSTIER : mendiant, qui assiége les portes. D'ostium, porte.

HOTTU : voûté ; un peu bossu, comme quelqu'un qui porterait une hotte. L.

HOUAILLER : crier haut. Des interjections : ho ! oh !

HOUALER : appeler. Du verbe hêler. A.

HOUBILLE (s. f.) : mauvais habillement ; guenilles. A.

HOUC (s. m.) : poussière âcre du chanvre et du chenevis. B.

HOUDRI : transi. M. - HOUDRIR : tacher ; moisir. B.

HOUESNEVILLER : se faire inquisiteur de la conduite d'autrui.

HOUHOU : hibou ou chat-huant. De son cri, comme le nom du coucou est une onomatopée en grec, en latin et en français.

HOUHOUTER : appeler, bêler en imitant le cri du hibou.

HOUINER : geindre. En anglais, to whine signifie se plaindre. Houiner se dit aussi du cri des chevaux ardents, qui s'appellent.

HOUIVET : habitant du Bocage. Voyez OUIVETTE. B.

HOULER : hurler ; lancer ; exciter ; hêler. B.

HOULET : ouverture, brèche.

HOULETTE : nid ou gîte de lapins. De houler.

HOLLEVARI : tumulte. De houle : vague, flot. Voyez les mots BOULVARI et VOULEVARI.

HOULOTTER : soigner négligemment, comme des lapins dans une houlette. A.

HOUMARD : homard. A.

HOUQUER : dérober. De l'anglais hook, croc.

HOURDER: enduire ou garnir soit d'argile, soit de ciment.

HOURET : homme malpropre.

HOURI ; HOURIN : petit cheval de peu de valeur. Voyez HARIN.

HOURTICOT ; HOURTIGUAU : bourriquet. L.

HOUSÉ, E : effronté. - HOUSSER : mordre. S.-I.

HOUSTA (s. f.) : virago, femme hommasse. B.

HOUTER : appeler de loin ; bêler. Onomatopée. (Vire.)

HOUVE : houe. En ancien allemand, houwa.

 

HOUVER : employer la houve ; piocher. Au figuré, donner à regret.

HU ! HUIO ! interjections pour faire tourner à droite les bêtes de somme ou de trait. En patois Walon, huot !

HU (s. m.) : moue, abattement dont les signes sont visibles.

HUAIN : hibou, chat-huant. L.

HUANT : hibou. Aphérèse de chat-huant.

HUARD : lutin, farfadet occupé à huer. B.

HUBIR : huer, injurier. Ce verbe a, dans l'ancien français, une signification bien différente. Nicot, Monet : Oudin l'interprètent par : gouverner si bien une chose qu'on en vient souvent à bout.- Se hubir, se hérisser en se défendant.

HUCHER : jucher, percher ; placer en haut ; se dérober aux recherches. Dans l'ancien français, hucher signifiait crier comme un chien qu'on blesse.

HUE : fi ! interjection de blâme.

HUGUENOT : solitaire, qui fuit la société, comme les protestants lorsqu'ils étaient proscrits et persécutés.

HUGUENOTTE (s. f.) : sorte de fourneau ou de réchaud en fonte. Par allusion aux protestants, ou huguenots, qui, à cause de leurs opinions religieuses, étaient livrés au feu et brûlés vifs, dans quelques pays.

HUHAN : chat-huant. Voyez HUAIN et HOUHOU. B. Métaphoriquement, ce mot désigne un homme qui fuit la société et qui vit solitairement comme un hibou.

HUHO ! HUIO : terme de charretier, pour faire aller les chevaux à droite, tandis qu'on dit DIA ! pour leur faire prendre la gauche. Dans le patois Walon, on dit har pour dia, et hote pour huïo. Au lieu de ce dernier mot, on se sert de l'inter. jection hurhaut dans quelques pays.

HULER ; HEULER : huer. Du latin ululare. Onomatopée.

HUNAUD : qui fuit le monde comme un huhan ; taciturne.

HUPER : appeler quelqu'un en criant haut et de loin. De hu ! hu ! A.

HUPET (s. m.), distance à laquelle peut parvenir la voix de celui qui hupe. A.

HUPÉ : fier , riche.

HURE : peau de loup, de chèvre ou même de mouton, dont les paysans croyajent que le loup-garou se couvrait, dans ses courses nocturnes. Nous en avons parlé dans nos Recherches sur la Normandie, p. 296.

HURÉ ; HUREPÉ : ébouriffé, hérissé.

HURI, en parlant d'un oiseau malade : hérissé.

HURIF, VE : précoce. Voyez AORIBLE. A.

HURLUFÉ ; HURLUPÉ : ébouriffé. SA.

HURON : sauvage, étourdi qui ne respecte ni les usages ni les convenances ; qui est toujours huré. MM. Duméril.

HURT ; HUET ; HEURT : petite saillie de terre, petit promontoire contre lequel les vagues viennent se heurter.

HUS (prononcé U) : porte. Du vieux substantif huis, d'où nous avons conservé le mot huissier, placé à la porte des audiences pour faire faire silence. Du latin ostium.

HUT : chapeau. De l'anglais hat.

 
         
   

Glossaire du patois normand de 1856