Mettre ses affaires au clou

EXPRESSION FAMILIERE
   
  METTRE SES AFFAIRES AU CLOU
         
 
 
     
 

Lorsqu'on a un cruel besoin d'argent et qu'on dispose encore de quelques biens monnayables, il peut être nécessaire d'aller dans un établissement de prêt sur gage (aujourd'hui, on va généralement au Crédit Municipal) mettre ces biens en dépôt en échange d'une somme d'argent, avec l'espoir de les récupérer ensuite une fois la mauvaise passe terminée et l'argent remboursé.

Si cet établissement est souvent appelé le mont-de piété, chez ma tante ou le clou, un curieux se demandera inévitablement d'où peuvent venir ces appellations.

La première nous vient au XVIe siècle de l'italien. Elle est en effet une traduction très libre de "monte di pieta" qui voulait dire "crédit de pitié" ('monte' signifiant en fait à cette époque "somme d'argent due"), terme qui correspond parfaitement à la situation.

La seconde date du début du XIXe siècle. C'est un terme ironique qui vient de ces personnes qui, ne voulant pas avouer leur recours au mont-de-piété, expliquaient leur soudaine rentrée d'argent par un apport venu de la proche famille.


Et à ceux qui se demanderaient pourquoi la 'tante' plutôt que la cousine ou la belle-mère, certains l'expliquent par l'utilisation du féminin de 'oncle' qui, en Belgique au XVIIe siècle, désignait un prêteur sur gage.

La dernière est une image qui date de la même époque et qui vient simplement de ces 'clous', parfois simplement imaginaires, où les objets mis en dépôt au mont-de-piété étaient supposés être accrochés.

 
         
   

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