Patrice Mac-Mahon
  PRESIDENTS DE LA REPUBLIQUE
   
 

3 -Patrice Mac-Mahon  1873-1879

         
 

Marie Edme Patrice Maurice Mac Mahon, comte de Mac Mahon, duc de Magenta, né le 13 juillet 1808 au château de Sully (Saône-et-Loire) près d'Autun, mort le 8 octobre 1893 au château de la Forêt, à Montcresson (Loiret), a été maréchal de France, et le 3e président de la République française, fonction qu'il a occupée du 24 mai 1873 au 30 janvier 1879.

 

Origines familiales

 

Les Mac Mahon sont une famille d'origine irlandaise, réfugiée en France avec Jacques II Stuart, lors de la Glorieuse Révolution de 1689, et se réclamant de la descendance des anciens rois d'Irlande.

 

Il descend en effet des seigneurs de Munster ; après l'installation définitive de la famille en France, leur noblesse est reconnue par lettre patente du roi Louis XV. Famille essentiellement militaire (quatorze Mac-Mahon ont intégré l'armée), elle s'est établie en Bourgogne (Autun), au château de Sully précisément.

 

En ce lieu, naît le 13 juin 1808 Patrice de Mac-Mahon, seizième et avant-dernier enfant de Maurice de Mac-Mahon.


Les débuts

 

En 1820, il entre au Petit séminaire des Marbres à Autun. Il achève ses études au collège Saint Louis à Paris, puis il entre à l’école spéciale militaire à compter du 23 oct. 1825, il rejoint pour deux ans l’école d’application d’état-major, le 1er oct. 1827. Sorti de l'École militaire de Saint-Cyr, il entre dans l'armée en 1827, et sert d'abord lors de l'expédition d'Alger, où il se fait remarquer par sa capacité et sa bravoure. Rappelé en France, il attire de nouveau l'attention lors de l'expédition d'Anvers en 1832. Il devient capitaine en 1833, et cette année-là revient en Algérie. Il mène des raids de cavalerie audacieux à travers les plaines occupées par les bédouins et se distingue au siège de Constantine en 1837.

 

Patrice Mac-Mahon

3éme président de la République

Parti politique

Légitimiste

Élu le

 

25 mai 1873 par l'Assemblée
Prolongé pour 7 ans le 20 novembre 1873

Fin du mandat

30 janvier 1879

République

III e République 

Constitution

 Lois constitutionnelles de 1875

Prédécesseur

Adolphe Thiers

Successeur

Patrice de Mac-Mahon

Naissance

13 juillet 1808

à Sully (Saône-et-Loire)

Décès

Décès 8 octobre 1893

à Château de la Forêt (Loiret)

Nature du décès

Mort naturelle

 
     
 

Depuis cette date jusqu’à 1855, il est presque constamment en Algérie et accède au grade de général de division.

 

Mariage et enfants 

 

Il épouse à Paris le 13 mars 1854 Elisabeth de La Croix de Castries.

 

De cette union naissent 4 enfants :

 

    Patrice (1855-1927), 2e Duc de Magenta

    Eugène (1857-1907)

    Emmanuel (1859-1930)

    Marie (1863-1954)

 

Guerre de Crimée, Sébastopol

 

Pendant la Guerre de Crimée, on lui donne le commandement d'une division et, en septembre 1855, il mène avec succès l'attaque sur les ouvrages fortifiés de Malakoff, où il y prononce son célèbre « J'y suis, j'y reste ! », ce qui aboutit à la chute de Sébastopol.

 

Tour Malakoff

 

La Tour Malakoff (en cyrillique : Малахов, Malakhov) est une tour de la ville de Sébastopol en Crimée (aujourd'hui en Ukraine) servant de défense militaire.

 

La tour fut érigée au sommet d'une colline face aux remparts pour défendre la ville contre une éventuelle attaque des Anglais et des Français nouvellement alliés, au début des années 1850. On lui donna le nom d'un ancien capitaine russe dont le souvenir restait attaché au lieu, Vladimir Malakhov

 

Haute de dix mètres et dotée de puissants canons, la tour constituait une défense redoutable et centrale.

 

Au cours de la guerre de Crimée, lors du siège de Sébastopol, les généraux alliés (francais, anglais et turcs) se trouvant découragés, un conseil de guerre fut tenu le 19 octobre 1854.

Chute de la tour Malakoff

 

Lors de ce conseil, Lord Raglan recommanda d'éparpiller les feux (tirs), au lieu de les concentrer, et ajouta : « Vous devriez commencer vos travaux d'approche en les dirigeant vers la tour Malakoff, car, tôt ou tard, c'est là que vous serez obligés de porter votre attaque définitive.»

 

Ce fut seulement cinq ou six mois plus tard, lorsque l'on vit les Russes réunir toutes leurs forces de résistance autour de la tour, que l'on comprit que la clé de la position était là.

 

Le 8 septembre 1855, lors de la bataille de Malakoff, la tour Malakoff tombe aux mains des Français, dirigés par le maréchal Patrice de Mac-Mahon, devenu célèbre notamment pour cette victoire au cours de laquelle il prononça son fameux « J'y suis ! J'y reste ! », entraînant la chute de la ville. Sa prise par les zouaves de l’armée française, entraîna la chute de Sébastopol le 8 septembre 1855 aux mains des alliés et marqua la fin de la Guerre de Crimée. L'exploit fut célébré dans toute l'Europe. En France, Alexandre Chauvelot reconstitua la tour au sud de Paris, au cœur de son nouveau jardin surnommé la nouvelle Californie et qui prit peu après le nom même, francisé, de Malakoff.

 
 

 

Sénateur, vainqueur en Algérie

 

Après son retour en France, il est comblé d'honneurs et fait sénateur. Désirant pourtant une vie plus active, il refuse le commandement suprême des troupes françaises, et est une fois encore envoyé, sur sa demande, en Algérie, où il vainc complètement les Kabyles. De retour en France, il vote comme sénateur contre la loi inconstitutionnelle sur la sécurité générale, proposée après l'attentat manqué d'Orsini contre la vie de l'empereur.

 

Magenta : maréchal de France

 

Il se distingue particulièrement lors de la campagne d'Italie de 1859. Moitié par chance, moitié par audace et par flair, il pousse ses troupes en avant sans avoir reçu d'ordres à un moment critique lors de la bataille de Magenta, ce qui assure la victoire française. Pour ces brillants services, il reçoit de Napoléon III le bâton de maréchal, et est titré duc de Magenta.

 

 
         
 

Gouverneur en Algérie

 

En 1861, il représente la France au couronnement de Guillaume 1er de Prusse. En 1864, il est nommé gouverneur général d'Algérie. Son action dans ce poste représente l'épisode le moins réussi de sa carrière.

 

Bien qu'ayant effectivement mis en œuvre quelques réformes dans les colonies, les plaintes sont si nombreuses que deux fois dans la première moitié de 1870 il présente sa démission à Napoléon III. Quand le cabinet Ollivier, qui finit si mal, est formé, l'empereur abandonne ses projets algériens et Mac Mahon est rappelé.

 

1870-1871

 

Il participe à la guerre franco-allemande de 1870, essuie plusieurs défaites en Alsace et lors de la bataille de Sedan où il est blessé dès le début des combats. Il est fait prisonnier lors de la capitulation de Sedan. En 1871, il est nommé à la tête de l'armée dite « versaillaise » qui réprime sévèrement la Commune de Paris en tuant 30 000 personnes, emprisonnant 38 000 et déportant au bagne 7 000 autres.

     
         
 

La guerre franco-allemande

19 juillet 1870 - 28 janvier 1871

 

La guerre Franco-Allemande opposa le Second Empire français et les royaumes allemands unis derrière le royaume de Prusse (aussi est-elle parfois appelée guerre franco-prussienne). Le conflit marqua le point culminant de la tension entre les deux puissances, résultant de la volonté prussienne de dominer toute l'Allemagne, qui n'était alors qu'une fédération d'États quasi-indépendants. La défaite entraîna la chute de l'Empire français.

 

Le siège de Paris

 
 
         
 

Président de la République 

 

Porté par sa popularité, il fut élu président de la République après la chute d'Adolphe Thiers le 24 mai 1873, et projeta une restauration de la monarchie, après avoir limogé le Premier ministre pour le remplacer par un monarchiste. Mais l'échec de cette restauration le conduit à voter le septennat présidentiel. Avec le duc Albert de Broglie comme président du Conseil, il prend une série de mesures pour l'ordre moral

 

L'Assemblée ayant le 9 novembre 1873 fixé son mandat à sept ans, après l'adoption de l'amendement proposé par le député Henri Wallon, il déclare dans un discours prononcé le 4 février 1874 qu'il saurait pendant sept ans faire respecter l'ordre légalement établi. Préférant rester au-dessus des partis, il assiste plutôt qu'il n'y prend part aux procédures qui, en janvier et février 1875, aboutissent aux lois fondamentales qui établissent finalement la République comme le gouvernement légal de la France. Pourtant Mac Mahon écrit dans ses Mémoires toujours inédits : « Par ma tradition de famille et en raison des sentiments que mon éducation m'avait inculqués dès le plus jeune âge envers la maison royale, je ne pouvais pas être autre chose que légitimiste. » Avec réticence, il consent en 1876 à la formation des cabinets Dufaure et Jules Simon, dominés par les Républicains.

 
         
 

Quand les mandements épiscopaux des évêques de Poitiers, Nîmes et Nevers, recommandant à la sympathie du gouvernement français le cas du pape captif Pie IX, sont suivis d'une résolution de la Chambre proposée par la gauche et demandant au Gouvernement de « réprimer les manifestations ultramontaines » (4 mai 1877), Mac Mahon, douze jours plus tard, demande à Jules Simon de démissionner, et constitue un ministère conservateur sous la direction du duc de Broglie ; il convainc le Sénat de dissoudre la Chambre, et fait un voyage à travers le pays pour assurer le succès des Conservateurs aux élections, tout en protestant qu'il ne désire pas renverser la République.

 

C'est ce qu'on a appelé « le coup du 16 mai ». Cependant, les élections suivantes du 14 octobre donnent à la gauche une majorité de 120 sièges, et le ministère de Broglie démissionne le 19 novembre. Mac Mahon tente d'abord de former un gouvernement de fonctionnaires dirigé par le général de Rochebouët, mais la Chambre ayant refusé d'entrer en contact avec lui, Rochebouët démissionne dès le lendemain, et le président se voit contraint de rappeler Dufaure, à la tête d'un ministère de gauche.

 

 

Mac Mahon, maréchal et duc d'Empire

 
         
 

Il conserve son poste jusqu'en 1878, pour permettre la paix politique pendant l'Exposition Universelle mais, les élections sénatoriales du 5 janvier 1879, ayant livré cette assemblée à la gauche, Mac Mahon, qui ne dispose plus d'aucun soutien parlementaire, préfère démissionner le 30 janvier 1879. Jules Grévy lui succède.

 

Citations

 

Mac Mahon est resté célèbre pour un certain nombre de déclarations, dites MacMahonneries, probablement pas toutes authentiques :

 

Lors de la guerre de Crimée qui oppose la France et le Royaume-Uni à la Russie, Mac Mahon prend la position de Malakoff. À un émissaire britannique qui le conjure de quitter la place, qu'il dit minée, Mac Mahon répond, inventant la formule :

 
         
 

« J'y suis, j'y reste ».

 

Il reste et ne saute pas.

 

En voyant des inondations qui frappèrent la ville de Moissac :

 

 

« Que d'eau ! Que d'eau ! et encore on ne voit que le dessus»

 

« La fièvre typhoïde est une maladie terrible. Ou on en meurt, ou on en reste idiot. Et je sais de quoi je parle, je l'ai eue ».

 

Alors qu'il va passer en revue les élèves de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, Mac Mahon est informé que le soldat le plus brillant de la promotion (Camille Mortenol) est noir de peau. À l'école militaire de Saint-Cyr le mot nègre est du reste utilisé depuis le XIXe siècle pour désigner le major, c’est-à-dire l'élève le plus brillant de la promotion. Arrivé devant lui, et alors qu'il est évidemment difficile de ne pas reconnaître le soldat, Mac Mahon lui demande :

 

« Ah c'est vous le nègre ? ».

 

Et, à court demots, il ajoute :

 

« Très bien, continuez ! ».

 

 

Patrice de Mac-Mahon

 
         
 

Invité à inaugurer une exposition de peinture, il dit à la personne qui l'accueille : « Je vous suis les yeux fermés ! »

 

On lui doit le mot célèbre : « La Légion est à Magenta : l’affaire est dans le sac. »

 

Décorations

 

Grand croix de la Légion d'honneur, Grand maitre de l'ordre es qualité, il est également chevalier de la Toison d’or et grand’croix de l’ordre du Bain britannique et de l’Aigle noir prussien.

 

Il totalise 4 blessures : en 1837, à la prise de Constantine, une balle perce son uniforme et égratigne les chairs ; en 1840, une balle lui enfonce la poignée de son sabre dans les côtes ; en 1857, à Ischeriden et enfin, grièvement le 4 sept. 1870, devant Sedan.

 
         
   

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