Saint Martin
  LES SAINTS PATRONS
   
  SAINT MARTIN
         
 

Saint Martin
Fêté le 11 novembre

 


Martin de Tours, Enrôlé de force dans l’armée romaine à l’âge de 15 ans, il sert en Gaule. Il est en garnison à Amiens en 337 lorsqu’il donne la moitié de son manteau de cavalier à un mendiant. La nuit suivante, le Christ lui apparaît en songe et le remercie pour son geste de charité. Martin décide alors de quitter l'armée romaine et de se convertir. Après avoir fondé un monastère à Ligugé, en Poitou, il est nommé évêque de Tours par la « Vox Populi ». Il le restera 26 ans. Il est enterré à Tours et son tombeau est cité comme l’un des plus grands pèlerinages de la Chrétienté.

 

Il semble que ce soit encore la tradition populaire, et non les références religieuses, qui en ait fait un patron des meuniers. Protecteur des moissons, sa fête, le 11 novembre, commémore le jour de sa mort en l’an 400 et marque le commencement de l’hiver. C’était un jour où l’on allumait des feux de joie, où de grandes foires médiévales se tenaient, c’était aussi une période d’embauche de valets de moulins, de paiement de fermage, etc.

 
 
         
 

Les patronages de Martin sont nombreux (soldats, cavaliers, tailleurs, fourreurs, drapiers, mendiants, cabaretiers, etc…), mais on chercherait en vain dans ses « vies » la raison claire de son patronage des meuniers.

 

Saint Martin est le patron des meuniers du Bazacle à Toulouse. Pendant tout le Moyen-âge, le dimanche le plus proche de la saint Martin (11 novembre), une fête populaire très importante se déroule à Toulouse ; les meuniers y viennent nombreux moudre des céréales par équipes se relayant jour et nuit. Ce qui subsiste aujourd’hui de cette fête des meuniers à la saint Martin est à forte dominance religieuse : une procession de groupes folkloriques a pris la succession des meuniers disparus, elle se rend à l’office dédié à saint Martin et aux moissons. La fête populaire est un écho affaibli de la grande fête séculaire.

 

Dans l’Eure, les meuniers d’Evreux font enregistrer en 1696 leurs armoiries « d’azur à un saint Martin vêtu pontificalement en évêque crossé et mitré d’or, tenant en sa dextre un moulin à vent d’argent » ; les meuniers de Pont-Audemer ont un blason comparable mais sur « champ de gueules ».

 

Saint Martin de Tours était également reconnu comme patron des meuniers dans l’Allier. Dans le Morvan, où il se serait réfugié durant sa période d’évangélisation, un dicton de la fin du Moyen-âge dit « A la saint Martin, bois ton vin et laisse l’eau courir au moulin ».

 

Dans le Maine, son soutien était également imploré. Au Mans, en 1604, par lettre patente du bon roi Henri IV, les statuts de la corporation des meuniers sont confirmés avec saint Martin comme patron « Pour sa fête le 11 novembre, les maîtres meuniers, meuniers et garde moulins de la ville, faubourgs, banlieues et quinte du Mans, se réuniront dans le cloître des religieux des Jacobins. Pour se faire recevoir comme meunier, l’aspirant devra mettre au point un moulin et faire de bonne farine tant de froment que de seigle et payer 6 livres le jour de la saint Martin d’hiver ». Ces statuts et patronages sont confirmés en 1650. Lors des processions, la bannière des meuniers manceaux porte leurs armoiries « d’azur à un saint Martin d’or ».

 

Au moulin de Neuville (Sarthe) est une statuette de faïence représentant saint Martin, portant mitre d’évêque avec une meule de moulin à ses pieds et un marteau à rhabiller les meules dans les bras. Elle a appartenu à une ancienne famille de meuniers sarthois.

 

Des meuniers du Nord, à Ypres et Lille, l’avaient également reconnu comme saint patron. Une illustration de l’hospice Comtesse, de Lille, représente saint Martin partageant son manteau avec un mendiant au-dessus de meules, de moulins et de scènes de moisson.

 

Et il se raconte que le meunier tient ses pouvoirs guérisseurs de saint Martin : il lui suffit de taper trois coups sur la partie malade avec le marteau à piquer les meules.

 

De ces saints patrons, aucun ne fut meunier sauf Winoc de Bergues. Prince breton (640-717), Vinoc se fit moine bénédictin. Dans sa jeunesse, venant de Grande-Bretagne, il se présenta avec ses compagnons à Bertin qui les envoya fonder un monastère à Wormhoudt en Flandre française : Vinoc en devint le supérieur. Il inventa un système de fossés et de vannes permettant d’évacuer l’excès d’eau de pluie des plaines flamandes et de faire ainsi de riches moissons.

 

Devenu vieux, voulant toujours assurer sa part de travail manuel, il tournait la meule pour moudre le grain de son monastère : Dieu récompensa sa bonne volonté par un miracle « Après quelques tours, la meule tournait seule par la main invisible d’un ange. Le vieillard pouvait ainsi consacrer son temps à la prière... ». Un religieux jaloux regardant par le trou du mur vit Vinoc en extase auprès de son moulin qui fonctionnait seul. A peine eut-il le temps de voir la scène qu’il roula par terre, aveuglé. Saint Vinoc traça alors un signe de croix sur les yeux de son disciple qui guérit aussitôt.

 

 
     
 

 
         
   

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