Testu-Brissy 1798
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1785 TESTU-BRISSY

         
 

Testu-Brissy fait en 1785 son curieux voyage au milieu d'un orage.

 

Puis en 1798, au mois d'octobre, il exécute au château de Bellevue, qui lui appartenait, deux ascensions à cheval. La première fut retardée par une déchirure au ballon. Enfin le 30 octobre, elle réussit parfaitement, et il alla tomber à cinq heures dans la plaine de Nanterre. Si l'on compare le peu de bruit que firent ces magnifiques ascensions à l'enthousiasme qui accompagna, dans ces derniers temps, celles de Lepoitevin, on verra qu'au lieu de feuilletons entiers, de descriptions pompeuses et éclatantes, on trouve seulement ces quelques lignes:

« 27 vendémiaire an 7. — L'ascension équestre a été tentée à Bellevue, le 25; mais le ballon s'est accroché à une cheminée voisine; on l'a dégagé : l'aérostat est descendu et n'a point repris sa course. Il n'est arrivé d'ailleurs rien de fâcheux ni au cavalier ni au cheval... »

 

« Paris, 3 brumaire an 7. —L'ascension équestre de Testu-Brissy a réussi le 30 vendémiaire. Il est descendu, un peu après 5 heures, dans la plaine de Nanterre... »

 

« 12 brumaire an 7.— Testu-Brissy, monté sur son cheval , a exécuté hier son ascension aérienne avec le même succès que le décadi précédent. »

   
     
 

Ce qui explique très-bien l'ignorance parfaite où l'on vivait de cette priorité, ignorance qui a fait attribuer à Lepoitevin la gloire d'avoir tenté le premier cette singulière expérience.

 

Une autre chose que l'on ignorait aussi, c'était l'existence de l'école de Meudon, et sans le récit de Coutelle, on n'aurait jamais su ce que c'était que les aérostiers militaires. On se rappelait bien vaguement qu'il y avait eu un ballon à Fleurus; mais comment était-il venu là, on ne s'en souciait guère.

 

Parmi les officiers qui accompagnaient le fondateur de l'école de Meudon, ou Conté, nous citerons Lhomond et Plafanet, devenus depuis officiers du génie.

 
 
 
 
 
 
 

Le premier était fils d'un Lhomond qui faisait des figures de baudruche, dont l'ascension attirait la foule : le Grand Vendangeur aérostatique, la Nymphe, etc. Un Alsacien, Enslen, avait déjà donné le spectacle d'un Bellérophon tout doré, qui avait eu un grand succès.

 

A partir de ce moment s'établit une aérostation de fêtes, soit publiques, soit particulières, dont Jacques Garnerin, Élisa Garnerin sa nièce, madame Blanchard, Margat, madame Margat, Robertson et ses fils, sont les principaux acteurs.

 

On voit encore à la Bibliothèque nationale une gravure représentant Margat en costume de lancier polonais, à cheval sur le cerf Zéphire; ce qui est assez triomphal, mais fort laid.

 

Les seules expériences un peu utiles qui eurent lieu furent tentées par Robertson et L'Hoest en 1 803, Biot et Gay-Lussac en 1804, et enfin Dupuis-Delcourt, qui faillit en être la victime, en juin 1842.

 

Asphyxié par l'oxyde de carbone que contenait l'hydrogène du ballon, il eut encore le courage d'expérimenter jusqu'à ce qu'il eût perdu connaissance.

     
     
   

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