Vincent Auriol
  PRESIDENTS DE LA REPUBLIQUE
   
 

16 -Vincent Auriol  1947-1954

         
 

Vincent Auriol est le fils unique de Jacques Antoine Auriol, boulanger, et d'Angélique Durand. À l'âge de dix ans, il perd l'usage de son œil gauche pour avoir mal ajusté la détente d'un pistolet à amorces pour enfant, il porte le restant de ses jours un œil de verre. Licencié en droit en 1905 à Toulouse où il a suivi les cours de Jean Jaurès, puis docteur en droit, il exerce la profession d'avocat à Toulouse, et milite à la SFIO dès sa fondation. Ayant entendu Jean Jaurès à Toulouse, il devient socialiste et fonde avec Albert Bedouce (député de Haute-Garonne), le Midi socialiste. Créé en 1908, ce quotidien a eu une réelle influence dans la vie politique régionale du début du XXe siècle, du fait de la personnalité de certains de ses collaborateurs : Vincent Auriol lui-même, Albert Bedouce, Jean Jaurès, Alexandre Varenne, Paul Ramadier, etc. Outre l'édition toulousaine, il comprenait une vingtaine d’éditions locales couvrant les actuelles régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, et plus partiellement le Limousin, l'Aquitaine et l'Auvergne.

 

En 1912, Vincent Auriol épouse la jeune Michelle Aucouturier, fille de Michel Aucouturier, leader ouvrier verrier de Carmaux (syndicaliste, ami de Jaurès et qui contribue à sa carrière politique), avec laquelle il a un fils prénommé Paul. Ce dernier épouse l'aviatrice Jacqueline Douet.

 

Fin stratège, Auriol s'impose comme l'un des membres influents du parti dans le Sud Ouest après l'assassinat de Jean Jaurès.

 

Vincent Auriol député, en 1927.

 

Député de Muret (Haute-Garonne) de 19144 à 1940, puis maire de cette même ville en 1925, secrétaire du groupe socialiste à la Chambre des députés à partir de 1928, il devient progressivement l'expert

 

Vincent Auriol

16éme président de la République

Parti politique

SFIO

Élu le

10 janvier 1947

Fin du mandat

16 janvier 1954

République

IV e République

Constitution

 

Prédécesseur

Albert Lebrun

Successeur

René Coty

Naissance

27 aout 1884

Revel, Haute-Garonne

Décès

1 janvier 1966

Paris 16eme

Nature du décès

Décédé le 1er janvier

1966 à Paris

 
 

financier du parti socialiste puis un de ses principaux leaders. Il fait adopter par la SFIO en 1921, puis par l'ensemble des partis socialistes européens en 1922, un plan de redressement prévoyant la création d'un Office central qui se chargerait de toutes les régions sinistrées et qui serait financé par des prêts à long terme consentis par le gouvernement. L'Allemagne paierait, via cet organisme, ses réparations, par des prélèvements sur les dividendes de ses banques et industries. Mais les socialistes ne sont alors pas assez puissants pour imposer un tel projet.

 
     
 

De 1924 à 1926, sous le Cartel des gauches, Vincent Auriol préside la commission des finances de la Chambre des députés.

 

On parle de lui pour prendre le poste de président du Conseil des ministres lors de la victoire électorale du Front populaire de 1936, mais il milite activement pour Léon Blum qu'il a soutenu dans tous les congrès. Ministre des Finances pendant le gouvernement du Front populaire, hostile aux accords de Munich, favorable à l'intervention en Espagne, il est l'un des quatre-vingts parlementaires à refuser de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, le 10 juillet 1940. En contact permanent avec Blum entre mai et septembre 1940, c'est lui qui le fait cacher chez son ami Eugène Montel.

 

Guerre mondiale

 

En septembre 1940, le gouvernement de Vichy le fait arrêter. Vincent Auriol est d'abord incarcéré à Pellevoisin (Indre) puis à Vals-les-Bains (Ardèche) et entretient une

 
 
 

correspondance avec Léon Blum, où il se montre tout à fait optimiste sur la victoire des démocraties face au nazisme et au fascisme. Vichy fait mener une enquête sur lui, mais le tribunal civil de Muret prononce un non-lieu. Il est libéré pour raisons de santé et placé en résidence surveillée en août 1941. De sa maison, il conseille les socialistes résistants. En 1942, il passe à la clandestinité et entre dans la Résistance. Il écrit Hier et demain, qui sera publié en 1944 à Alger, et dans lequel il entame une réflexion sur les institutions qui, selon lui, devraient remplacer celles de la IIIe République. En 1943, il parvient à rejoindre Londres en avion et se met au service du général de Gaulle. L'année suivante, il est président de la Commission des Finances de l'Assemblée consultative d'Alger.

 

Après la Libération

 

En octobre 1945, usant de son entregent parisien6, il est élu président du Conseil général de la Haute-Garonne. Du 21 novembre 1945 au 23 janvier 1946, Auriol est Ministre d'État dans le deuxième gouvernement du général de Gaulle. Il est élu le 21 octobre 1945 député à la première Assemblée constituante, dont il devient président le 23 janvier 1946, succédant à Félix Gouin élu à la présidence du gouvernement provisoire. Réélu député le 2 juin 1946, il continue de présider l'Assemblée constituante, chargée de mettre en œuvre la future Constitution.

 

Le 3 décembre 1946, l'Assemblée nationale, issue des élections du 10 novembre précédent, élit Vincent Auriol à sa présidence. C'est à ce titre que le 16 janvier 1947, il préside le Parlement réuni à Versailles pour l'élection présidentielle dont il sort vainqueur et qui met fin à son mandat à la tête de l'Assemblée nationale

 
     
 

Président de la République

 

À l'occasion de sa brillante victoire dès le premier tour à l'élection présidentielle de janvier 1947, Auriol devient le premier président de la IVe République, élu par le Parlement réuni en congrès à Versailles par 452 voix sur 883, contre 242 à son adversaire Auguste Champetier de Ribes.

 

Après son investiture à l'Élysée, le nouveau président de la République affiche clairement son ambition de faire du chef de l'État un véritable arbitre entre les différentes institutions nationales, n'entendant guère être un « président soliveau ». Pour autant, les crises ministérielles successives auxquelles est confrontée la fragile IVe République ne cessent pas : en première ligne, car étant le mandant du président du Conseil des ministres, le président Auriol est ainsi caricaturé dans de nombreux dessins de presse. Le dessinateur Jean Sennep, par exemple, met en scène, dans un dessin publié dans le Figaro du 9 septembre 1948, le président Auriol, vraisemblablement fatigué, rédigeant un emploi du temps quant aux personnalités nommées à la présidence du Conseil au jour le jour.

   
     
 
 
 

À l'occasion de son mandat, Vincent Auriol, soutenu par son épouse, fit remanier le palais de l'Élysée.

 

Auriol assuma la magistrature suprême jusqu'au 16 janvier 1954, date à laquelle son septennat, dont il ne souhaita guère le renouvellement, prit fin.

 

Après l'Élysée

 

Il finit par souscrire à l'appel au général de Gaulle en 1958, mais, rapidement en désaccord avec Guy Mollet, il quitte la SFIO en 1958 et profite de son statut d'ancien président et de leader historique du socialisme français pour collecter des fonds auprès des partis membres de l'Internationale socialiste au profit du nouveau PSA.

 

En 1959, il devient membre de droit du Conseil constitutionnel, mais il cesse de se rendre aux réunions dès 1960, pour protester contre l'interprétation outrageusement restrictive des compétences du Conseil et du Parlement qu'a le général de Gaulle : plusieurs lois, dont la loi Debré sur l'enseignement scolaire, ont été votées sans que le Conseil constitutionnel soit consulté. « Cette désinvolture à l'égard de la souveraineté nationale et de notre charte fondamentale oriente le régime constitutionnel de 1958 vers un système de pouvoir personnel et arbitraire en opposition avec les principes et les règles essentiels de la démocratie. » Vincent Auriol revient le 6 novembre 1962 pour voter sur la constitutionnalité de la loi référendaire modifiant le mode d'élection du président de la République. Son soutien à la candidature de François Mitterrand, lors de l'élection présidentielle de décembre 1965, reste son ultime acte politique.

 

Décédé le 1er janvier 1966 à Paris, l'ancien président Auriol fut inhumé à Muret (Haute-Garonne).

 

Décorations

 

Grand officier de la Légion d'honneur Grand officier de la Légion d'honneur

Grand-croix de la Légion d'honneur Grand-croix de la Légion d'honneur en 1947 en tant que président de la République

Grand maître de l'Ordre national de la Légion d'honneur de 1947 à 1954

Médaille de la Résistance

Croix de combattant volontaire de la Résistance

Grand-croix de l'Ordre national de 32 États

 
         

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